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Forte proportion de harcèlement psychologique à l'UdeS
Forte proportion de harcèlement psychologique à l'UdeS
Au bureau de la conseillère en matière de respect des personnes de l’UdeS, les deux tiers des demandes d’intervention proviennent du personnel enseignant, pour toutes demandes confondues.
Au bureau de la conseillère en matière de respect des personnes de l’UdeS, les deux tiers des demandes d’intervention proviennent du personnel enseignant, pour toutes demandes confondues.

Le harcèlement psychologique domine les demandes d’intervention à l’UdeS

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
SHERBROOKE — Le harcèlement psychologique représente 70 % des dossiers d’intervention (plaintes et signalements) à l’Université de Sherbrooke.

Il s’agit des dossiers traités au bureau de la conseillère en matière de respect des personnes de l’institution d’enseignement, Isabelle Duclos.

C’est ce que démontrent les données du rapport annuel 2018-2019 de la conseillère en matière de respect des personnes.

Les violences à caractère sexuel représentent 17 % des dossiers, et la discrimination, 12 %.

Dans ce rapport, le plus récent disponible, Isabelle Duclos note que le nombre global de demandes a augmenté de plus de 230 % en cinq ans. 

Celles-ci vont des demandes de collaboration ou d’information jusqu’aux plaintes.

L’auteure observe que le motif du harcèlement psychologique est « soulevé nettement plus souvent, et ce, autant pour les dossiers de plaintes que pour ceux de signalements ». 

Quelque 59 % des demandes reçues proviennent des membres du personnel. 

Les requérantes sont majoritairement des femmes (63 %), principalement concernant les dossiers d’intervention en matière de harcèlement psychologique (64 %) et de violences à caractère sexuel (78 %).  

Les employés sollicitent principalement le bureau pour des difficultés « liées à des composantes du harcèlement psychologique ». Ainsi, chez le personnel de soutien, les demandes d’intervention sont entièrement liées à cette problématique (100 %). 

La proportion est de 75 % du côté de leurs collègues du personnel enseignant et de 86 % pour le personnel professionnel. 

Lorsque des employés font un signalement ou portent plainte, 69 % des personnes mises en cause « ont un statut hiérarchique supérieur, et ce, peu importe le motif soulevé », peut-on lire.

Les deux tiers des demandes d’intervention proviennent du personnel enseignant, pour toutes demandes confondues.

Chez les étudiants, 55 % des demandes concernent le harcèlement psychologique, principalement dans un contexte pédagogique. La nature des demandes d’intervention chez les étudiants est plus diversifiée que chez les employés. 

Au total, en 2018-2019, 266 nouveaux dossiers ont été ouverts au bureau de la conseillère, allant de l’information à la plainte (10 nouveaux dossiers de plaintes ouverts).

Après l’étape de la recevabilité de la plainte, celle-ci peut mener vers une médiation ou une enquête externe.

« Lorsque des mesures ou des sanctions sont prises à la suite d’une plainte, qu’elles soient de nature administrative ou disciplinaire, il faut préciser que celles-ci demeurent confidentielles. Il n’est pas possible pour les autres parties, comme le plaignant, de connaître la nature exacte de celles-ci. En effet, ces informations constituent des renseignements personnels au sens de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels », précise l’auteure du document. 

L’UdeS a mis en place en 2018-2019 une base de données permettant le traitement des dossiers (JIRA). Selon l’institution, l’informatisation des dossiers facilite leur gestion et la compilation de statistiques.

Harcèlement psychologique : conduite vexatoire se manifestant par des comportements, des paroles, des actes ou des gestes répétés, hostiles ou non désirés par la personne visée, portant atteinte à sa dignité ou à son intégrité psychologique ou physique et entraînant, pour elle, un milieu de travail ou d’études néfaste.