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Faire de la radio grâce au bingo
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Faire de la radio grâce au bingo
La partie de bingo hebdomadaire est si importante pour certaines radios communautaires, qu’elle permet aux stations d’embaucher journalistes et animateurs. La Tribune s’est penchée sur cette pratique qui a gagné en popularité à cause de la pandémie.
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Des emplois de journalistes payés par le bingo

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Des emplois de journalistes payés par le bingo

Tommy Brochu
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La Tribune
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SHERBROOKE — Des radios communautaires sont tributaires du bingo pour offrir un service de nouvelles aux citoyens de petites municipalités. 

« Le bingo me permet de payer un journaliste 40 000 ou 50 000 $ par année qui couvre les sujets de proximité et qui va au conseil municipal », explique le directeur général de CIGN de Coaticook, Sylvain Madore, ajoutant que ces activités récréatives représentaient environ la moitié des revenus de la radio avant la pandémie. Le bingo permet donc à la coopérative de réinvestir quelque 100 000 $ dans sa mission communautaire.

« Ce n’est pas négligeable », renchérit Sylvain Madore, qui ajoute que sa radio vend aussi de la publicité, mais qu’une campagne à 1000 $, par exemple, est prévue sur plusieurs semaines. « Ce n’est d’aucune mesure avec ce qu’un radio-bingo peut nous apporter! » dit-il, ajoutant que seulement l’impression de ses cartes coûte environ 50 000 $ par année, puisqu’il doit donner le contrat à une firme accréditée par la Régie des alcools, des courses et des jeux.

Sans bingo, la coopérative devrait couper des employés. « On peut mettre de la musique avec un robot, mais nous, on veut quelqu’un en ondes. On a des animateurs le matin de 6 h 30 à 18 h avec quelqu’un en direct, tandis que les gros réseaux sont passés à la montréalisation des ondes », explique-t-il, soulignant l’importance pour les citoyens d’avoir de l’information locale. 

Selon M. Madore, ces activités de bingo viennent sauvegarder ces radios locales. « Le gouvernement a moins besoin de financer les radios locales, car elle s’autofinance », analyse le DG de cette radio qui existe depuis 2012. 

Quelque 40 % des ventes de CIGN sont effectuées à l’extérieur de la région de Coaticook. Elles sont vendues  à Magog et Coaticook. « Les gens de Coaticook trouvent que les gagnants viennent “toujours” de Sherbrooke, et les gens de Sherbrooke trouvent qu’ils ne gagnent pas suffisamment! Alors des gens de Sherbrooke viennent acheter les cartes à Coaticook… Et vice-versa! » décrit le DG du 96,7 FM, ajoutant que 4000 $ par semaine ont été octroyés en prix en janvier et 5000 $ en décembre.  

Et ce ne sont pas que les personnes âgées qui jouent au bingo, assure le DG. « Quand on avait le droit de se regrouper, beaucoup de 18-25 ans jouaient autour d’une bière le dimanche après-midi, raconte-t-il. La moyenne d’âge est beaucoup moins haute que ce qu’on pense. Je dirais que la moyenne est autour de 45 à 55 ans. »

Deuxième source de revenus

Le radio-bingo constitue « la deuxième source de revenus » de Radio Acton, selon Eric Caron, animateur, technicien et coordonnateur du bingo radio de cette station. « La popularité a monté progressivement. D’année en année, on a amené des nouveautés. Au début, ce n’était pas aussi populaire », convient celui qui voit ses cartes être vendues dans une cinquantaine de points de vente, dont certains situés à Valcourt, Lawrenceville et Bonsecours.

Dans son expérience, M. Caron a aidé plusieurs stations comme celles de Coaticook, Bécancour et Jonquière à démarrer leur radio-bingo. « Je suis dans les vieux du radio-bingo! », rigole l’animateur, qui constate que l’engouement est plus présent depuis le début de la pandémie.

« On a de super chiffres, car les gens ont moins de choses à faire », analyse-t-il. 

Radio-bingos : des millions de dollars brassés au Québec

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Radio-bingos : des millions de dollars brassés au Québec

Tommy Brochu
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SHERBROOKE — Quelques millions de dollars sont brassés annuellement par les radios communautaires qui tiennent des radio-bingos. L’Association des radios communautaires du Québec (ARCQ) confirme qu’un peu moins de la moitié de ses membres tiennent cette activité de financement.

« 16 ou 17 radios sur les 37 membres ont un radio-bingo, dit Martin Bougie, directeur général de l’ARCQ. Pour celles-ci, ça peut représenter un revenu important. Pour le secteur, on parle d’un revenu annuel brut de 2 à 3 millions de dollars par année. C’est un des moyens de financement importants pour les radios communautaires. »

Si cette source de revenus est si importante, pourquoi l’autre moitié des radios ne produit-elle pas de bingo? « Il y a différentes raisons. Ça peut être une raison de culture d’entreprise. Quand on écoute un radio-bingo, on peut dire que ce n’est pas le produit le plus radiophonique. Certains ne voient pas la pertinence d’avoir ça dans leur programmation. Pour d’autres, ça peut être une question de manque de moyens. Plusieurs stations fonctionnent à un seul employé et quelques bénévoles, donc la charge peut être grande pour l’équipe en place », répond M. Bougie, rappelant que beaucoup de conditions sont à remplir pour obtenir une licence de la Régie des alcools, des courses et des jeux.

En effet, selon LégisQuébec, les bingos-média peuvent « mettre sur pied et exploiter un bingo au plus deux fois par semaine, mais sans excéder 65 séances par année. » Ils doivent également « poursuivre des fins charitables ». Deux témoins doivent signer une déclaration qui atteste leur présence à chaque tour.

« Ce qu’il faut toujours garder en tête, c’est que la radio communautaire est une entreprise d’économie sociale, commente Martin Bougie. Ils vont s’installer dans des marchés qui ne sont pas profitables aux yeux des radios privées, qui elles, veulent générer des profits. »

Fermeture

Lorsque les radio-bingos ont dû cesser leurs activités au mois de mars dernier, plusieurs stations ont craint le pire. « Passer à travers la crise aurait été beaucoup plus difficile pour plusieurs de ces radios. Des salaires dépendent de ça. Les revenus du bingo doivent être investis complètement dans les opérations de la radio. Ça aurait été très problématique », exprime le DG de l’ARCQ.

« On a eu une petite inquiétude, c’est pourquoi on a fait des représentations pour s’assurer que le bingo serait remis en place à l’assouplissement des mesures sanitaires », ajoute M. Bougie, précisant qu’il est sécuritaire de jouer au bingo dans son salon. 

« Il n’y avait personne pour vendre nos cartes, raconte Sylvain Madore, directeur général de la station CIGN à Coaticook, qui dit avoir arrêté six semaines. Des gens appelaient à la station pour nous implorer de recommencer le radio-bingo. Quand c’est reparti, c’était fou. On est passés d’une perte d’environ 20 % de nos ventes avec une augmentation de 10 à 15 %. Et on est plus généreux, ça intéresse des joueurs. »

CIAX fête ses 20 ans : l'aventure continue à Windsor

Estrie et régions

CIAX fête ses 20 ans : l'aventure continue à Windsor

Coralie Beaumont
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« C’était une grande, grande aventure cette histoire de radio! » se souvient Gaëtan Graveline, l’un des cofondateurs de CIAX, une radio communautaire établie dans la petite municipalité de Windsor. 

Il y a vingt ans, une bande d’amis et de collaborateurs dans le milieu communautaire décident de lancer une radio locale. Avec peu de moyens, mais beaucoup de débrouillardise, ces aventuriers des ondes ont remué la communauté windsoroise pour leur projet. « On a été chercher du financement à gauche et à droite. On a fait des campagnes de financement pour acheter de l’équipement… Et on a réussi a partir ça un beau 22 janvier avec des bénévoles extraordinaires », explique M. Graveline. 

Le souvenir d’une anecdote de M. Graveline témoigne de l’enthousiasme qui entourait le lancement de ce projet : « Dès l’automne 2000, on avait une bénévole qui se pratiquait à faire de la radio… nulle part! Elle parlait dans le vide et elle a fait ça pendant 2-3 mois! Ça montre à quel point c’était un projet désiré ». 

La recette de cette longévité tient dans le caractère très local de cette radio. « La plupart des gens qui y travaillent sont des gens du milieu. Les gens se sont approprié la radio et elle fait partie prenante de l’appartenance à la municipalité », pense M. Graveline. Il fait remarquer que peu de petites municipalités peuvent prétendre avoir leur propre radio « rodée et fonctionnelle » vante-t-il.

En avant pour 20 ans

M. Graveline, qui est encore membre du conseil d’administration de la radio, est confiant dans la relève. Récemment, grâce a du financement, la radio s’est d’ailleurs modernisée. « Après 20 ans, on est rendu avec de l’équipement neuf a présent! ». Une chance pour la dizaine d’animateurs bénévoles, jeunes et moins jeunes. « Il faut tout le temps se réinventer en fonction de nos bénévoles. Cette radio ne fonctionnerait pas sans eux, on a des bénévoles extraordinaires », martèle encore M. Graveline.

Pour fêter son anniversaire, la radio offrira une variété d’évènements durant toute l’année 2021. Au menu, des archives d’anciennes émissions, des anciens bénévoles qui animeront leur émission comme avant. « On va surement faire quelque chose comme un spectacle pour souligner les 20 ans », confie encore Gaëtan Graveline