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Et la santé mentale, ça va?
Et la santé mentale, ça va?
La méditation pleine conscience gagne sans cesse en popularité dans les milieux de soins dans une optique de gestion du stress et de l’anxiété.
La méditation pleine conscience gagne sans cesse en popularité dans les milieux de soins dans une optique de gestion du stress et de l’anxiété.

S’ancrer dans le présent avec la méditation pleine conscience

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Au moment où vous lisez cet article, vous êtes probablement assis sur une chaise, votre journal ou votre tablette est posé sur la table, devant vos yeux. Mais que faites-vous également? Sentez-vous votre respiration? Sentez-vous la pression que fait la chaise sur vos cuisses, vos fesses, votre dos? Sentez-vous la bonne odeur du café dans la maison? Goûtez-vous vraiment ce café, d’ailleurs, ou bien le buvez-vous machinalement? Entendez-vous des oiseaux chanter par la fenêtre ouverte?

Nous parlerons ici de la méditation pleine conscience. Cette approche séculière, ou laïque, a vu le jour à la fin des années 1970. Elle gagne sans cesse en popularité dans les milieux de soins dans une optique de gestion du stress et de l’anxiété.

« Prendre conscience de ces différentes sensations aide l’esprit à s’ancrer dans le présent. Notre esprit se promène souvent dans le passé et dans le futur. L’idée avec la méditation pleine conscience est d’essayer de vivre le moment présent sans être pris dans un tourbillon des pensées du futur ou de retourner dans le passé, ce qui peut amener des regrets et des remords », indique Stéphane Rivest.

Celui-ci est chargé de cours au Centre d’études du religieux contemporain et professeur associé clinique à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke, en plus d’être intervenant en soins spirituels au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

La méditation pleine conscience est à la portée de tous, indique-t-il. « L’objectif, ce n’est pas de faire des séances de 30 ou 45 minutes à la fois. Avec l’entraînement, avec des exercices guidés au départ, on en vient à pouvoir intégrer la méditation pleine conscience dans son quotidien », indique-t-il.

Entrainer son esprit à se connecter au moment présent demande des efforts au départ, un peu comme quand on commence la course à pied. « Au début, ça peut être très essoufflant de faire un kilomètre à la course. Mais quand on poursuit pendant quelques mois, ça devient plus facile. C’est la même chose pour la méditation pleine conscience », image Stéphane Rivest.

Simple et accessible

Intégrer la méditation à son quotidien, c’est très simple avec un peu d’entraînement, indique-t-il. « Ce matin au moment de la douche par exemple, notre corps était sous l’eau, mais où était notre esprit? Était-il déjà au bureau? Était-on en train de penser aux enfants à aller reconduire, aux repas à préparer? Ou bien s’il était sous l’eau, à sentir l’eau couler sur son corps, à respirer les odeurs dans la douche, à sentir la chaleur et le bien-être que ça nous procure? C’est un bon exemple d’un endroit où on peut intégrer la méditation pleine conscience pour se calmer, pour placer son esprit dans le moment présent », indique-t-il.

Bonne nouvelle : pas besoin d’un entraînement bien long pour ressentir des bénéfices sur son état de santé. « Je fais des séances de groupes avec des gens qui ont le cancer et dès qu’ils se mettent à la pratiquer, ils en ressentent les effets après cinq ou dix minutes. Les gens se sentent plus calmes, leurs muscles se détendent, il y a une diminution de la tension artérielle », indique-t-il.

Depuis 2016, Stéphane Rivest a offert une formation sur la méditation pleine conscience à quelque 400 professionnels de la santé. « Les médecins, par exemple, viennent souvent pour eux-mêmes. Dans leurs consultations avec leurs patients, parfois on leur reproche de ne pas être vraiment là, d’avoir la tête ailleurs. La pratique de la méditation pleine conscience les aide vraiment à s’ancrer dans le moment présent avec leurs patients. Mais ils viennent aussi parce qu’ils souhaitent recommander la méditation pleine conscience à leurs patients, mais ils veulent savoir de quoi ils parlent », indique l’intervenant en soins spirituels.

L’UdeS sera aussi la première université québécoise à offrir, dès cet automne, un microprogramme de formation de deuxième cycle en méditation pleine conscience pour les professionnels de la santé.