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Enfin le retour vers la vie normale
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Enfin le retour vers la vie normale
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Déconfinement, rassemblement et embrouillements

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Déconfinement, rassemblement et embrouillements

Viatka Sundborg
Viatka Sundborg
La Tribune
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Le Québec connaitra son premier week-end où l’odeur des barbecues et les rires entre amis jailliront de la cour arrière des maisons depuis près d’un an. Vendredi, le plan de déconfinement graduel a été entamé. Bien que le plan soit clair, en théorie, son application en était tout autre.

Il était évident, suivant les annonces gouvernementales que le couvre-feu allait être levé et les rassemblements d’un maximum de huit personnes ou des occupants de deux résidences seraient permis dès vendredi. Toutefois, au-delà de ces informations que très peu de détails ont été fournis à la population afin de pouvoir se rassembler dans le respect des mesures sanitaires.

Un vrai parcours du combattant entre les autorités publiques a été nécessaire afin d’éclaircir certaines modalités des assouplissements qui sont entrés en vigueur. Étant en assistance à la santé publique, la Sûreté du Québec a assuré ne pas détenir d’informations supplémentaires que celles disponibles sur le site du gouvernement du Québec. Le Service de police de Sherbrooke (SPS) possédait que très peu de précision sur l’application des nouvelles lois. La Santé publique, quant à elle, a dirigé La Tribune au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

« Je comprends que le gouvernement ne puisse pas partager l’entièreté des détails lors des conférences de presse. Par contre, ce qui est problématique c’est que les citoyens ne puissent pas obtenir les précisions rapidement et facilement », déclare Christine Labrie la députée de Sherbrooke. 

Le MSSS rappelle que « l’objectif est d’assouplir les mesures en vigueur afin de permettre à la population du Québec de retrouver bientôt une vie plus normale, étant donné la situation épidémiologique qui prévaut au Québec. Le but n’est pas de tenter de contourner les règles. » Il est cependant difficile de respecter ce qui semble être encore une importante zone grise. 

« Certains citoyens et entreprises nous contactent afin d’avoir davantage d’informations. Leur souhait est de les respecter et de se conformer aux attentes de la santé publique. Ils ne demandent qu’à obtenir l’information », poursuit la députée de Québec solidaire. 

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Le MSSS précise ses attentes pour les premiers rassemblements sur les terrains privés 

  • Depuis vendredi, les rassemblements d'un nombre illimité de personnes provenant d'un maximum de deux résidences différentes ou de 8 personnes provenant de plus de deux résidences différentes seront permis sur les terrains, balcons et terrasses privés extérieurs. Toutefois, la distanciation de 2 m doit être respectée entre les personnes de résidences différentes même sur les balcons, ce qui peut limiter grandement le nombre de personnes qui peuvent s’y trouver. De plus, les gens ne pourront être à l’intérieur des domiciles que le temps de se rendre sur les balcons ou les terrasses qui n’ont pas d’accès extérieurs.
  • Les enfants de moins de 18 ans sont inclus dans le maximum de 8 personnes pouvant se rassembler sur un terrain privé. 
  • Pour ce qui est de l’usage des toilettes, le MSSS fait appel au bon jugement de la population et compte sur la collaboration de tous. Il est possible d’utiliser les toilettes de son hôte, mais la personne invitée devrait laver ses mains, porter son masque et demeurer le moins de temps possible à l’intérieur, puisque les rassemblements intérieurs ne sont pas permis.
  • Le couvre-visage n’est pas obligatoire si les personnes sont en mesure de conserver le 2 mètres de distance.
  • La consommation de nourriture et de boisson est permise lors de rassemblement extérieur sur les terrains privés
  • Il possible, pour les citoyens, de dormir à l’extérieur sur un terrain privé dans des tentes. Cependant, les personnes provenant de résidences différentes ou les occupants de deux résidences différentes doivent respecter la distanciation physique de deux mètres. Ils ne peuvent, donc pas dormir dans la même tente. Il faut également vérifier si les règlements municipaux permettent d’installer des tentes sur le terrain privé en question.
Les Estriens profiteront des nouvelles consignes

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Les Estriens profiteront des nouvelles consignes

Anthony Ouellet
Anthony Ouellet
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Les Estriens prévoient profiter du déconfinement en fêtant avec leurs amis à l’extérieur. Plusieurs d’entre eux ont la volonté de respecter les mesures sanitaires exigées par le gouvernement, même si celles-ci leur semblent parfois difficiles à cerner.

« C’est vraiment le 28, ça? », lance, en parlant du déconfinement, Haron, qui profitait du bel après-midi pour jouer au basketball avec son ami Yanike. « C’est certain qu’on va en profiter pour jouer au basket jusqu’à plus tard que 21 h 30 », confie ce dernier.

Pas question, pour les deux jeunes hommes, de ne pas respecter les exigences gouvernementales qui subsisteront après le 28 mai. « Tant qu’il y aura des amendes, on va obéir », affirme Haron, qui avoue toutefois avoir de la difficulté à suivre ce qui est permis ou non. « Notre génération est plus sur les réseaux sociaux, le gouvernement devrait publier ses mesures sur ces plateformes », remarque le jeune homme.

Alors que certains ne les trouvent pas accessibles, d’autres trouvent que les lois sanitaires changent trop et estiment que le tout devient très mélangeant. « Je crois qu’elles sont faciles à consulter, mais il faut le faire souvent, car tout change et parfois ce n’est pas super clair », fait valoir Felix, qui profitera du déconfinement pour revoir des amis dans sa cour arrière.

La petite réception aura tout d’un véritable souper d’amis en temps prépandémique. « Je suis un bon hôte, il y aura à manger et à boire. On se tiendra à distance. Le tout sera fait dans la légalité, on ne rentrera même pas en dedans s’il pleut », assure-t-il.

Au jour le jour

« C’est vrai que c’est complexe. Il y a tellement de dates prévues aux assouplissements que je préfère y aller au jour le jour », souligne Camille, une étudiante qui ne pourra pas assister à la fête préparée par ses amis pour célébrer le premier pas vers le retour à une vie normale en raison de ses cours.

Elle doute d’ailleurs de la légalité complète de cette rencontre entre amis. « Je sais qu’ils respecteront la limite de huit personnes, mais je ne suis pas sûre qu’ils garderont les deux mètres de distance », s’enquiert-elle.

Si les rassemblements sur un terrain extérieur privé en excitent plus d’un, la réouverture des terrasses fait elle aussi bien des heureux. « C’est certain que cette fin de semaine j’irai sur une terrasse de restaurant, si la météo le permet », soutient une dame qui désire garder l’anonymat.

À ses côtés, son amie s’est dite encline à recevoir des gens dans sa cour. « Maintenant que c’est permis, pourquoi ne pas le faire? », demande-t-elle. Un peu moins enthousiaste, son mari se questionnait lui aussi sur la légalité de la chose. « On ne le sait pas ce qu’on a le droit de faire ou non, ce n’est vraiment pas clair », déplore-t-il, alors que sa femme réfléchissait tout haut pour savoir combien de personnes et de bulles familiales pouvaient se réunir ensemble à l’extérieur.

Constat général, les mesures sanitaires sont parfois difficiles à comprendre, mais cela n’empêchera pas les Estriens de fêter les allègements, qui signifient pour certains un moment décisif dans le retour à la normale.

Un peu moins de pression pour les restaurateurs

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Un peu moins de pression pour les restaurateurs

Tommy Brochu
Tommy Brochu
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La pression baisse chez les restaurateurs. Depuis vendredi, ils peuvent accueillir des clients sur leur terrasse. Lundi, ils pourront ouvrir leur porte à leur clientèle, peu importe de quelle région elle provient. Et ces clients ne seront pas obligés de quitter les lieux à 21 h.

La propriétaire du restaurant Auguste, Anik Beaudoin, a hâte à lundi. Elle gardera cependant sa terrasse fermée en fin de semaine. « Ils annoncent 10 degrés, on commençait à avoir des annulations. Faire entrer des cuisiniers et des serveurs pour très peu de clients, c’est non. On n’a pas de chauffe-terrasse au centre-ville et je n’ai pas le genre de nourriture qui se mange froide. Les restaurants ouvrent lundi. Dans mon cas, j’ai pesé les pour et les contre, puis on va se préparer pour la semaine prochaine », explique-t-elle. 

Et pour la semaine prochaine, le fait de pouvoir accueillir des gens de différentes zones est le grand changement pour elle. « Ça va faire du bien d’arrêter de jouer à la police! » lance-t-elle. 

L’absence du couvre-feu lui offrira le luxe d’organiser plusieurs services. « Enfin on souffle! On va arrêter de coincer nos clients », se réjouit celle qui est également coprésidente de l’Association des gens d’affaires du centre-ville de Sherbrooke. 

Cependant, dans le décret, deux aspects font sourciller Anik Beaudoin. « Premièrement, le fait qu’on ne puisse pas accueillir plus de deux personnes avec des adresses différentes. Les gens ont hâte d’aller manger avec un couple d’amis ou avec leurs parents. On peut se réunir dans une cour à huit, mais pas au restaurant. On ne demande pas de grandes tablées, mais deux couples de deux adresses différentes », demande-t-elle, ajoutant que « les conditions de la zone orange devraient être le minimum ».

Déjà ouvert

Copropriétaire du resto-bar Chez Stanley, Luc Laplante a ouvert sa terrasse vendredi. « C’est un peu ridicule que ce soit seulement trois jours. Il faut gérer la température et les gens. Mais on va s’y faire, on est juste contents d’ouvrir. Les employés aussi sont contents de recommencer à travailler », convient-il, rappelant que sa terrasse est chauffée et possède un toit. 

Selon lui, comme une grande charge de travail est retirée des épaules des employés, qui ne doivent plus vérifier la provenance des clients. Et le copropriétaire a hâte de reprendre l’action. 

Cependant, cette réouverture survient après le début de la série opposant les Canadiens aux Maple Leafs, où le resto-bar sportif aurait probablement accueilli de nombreux clients. « Il faudrait qu’ils gagnent la série si on veut avoir des matchs! » espère-t-il. 

Pas d’urgence pour le Figaro et le Chat noir

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Pas d’urgence pour le Figaro et le Chat noir

Tommy Brochu
Tommy Brochu
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De nombreux propriétaires de bars et restaurants rouvriront leurs terrasses en fin de semaine et leurs portes la semaine prochaine. Mais le propriétaire des bars du Chat noir et Le Figaro, Stéphane Goulet, attendra encore un bout de temps.

Rappelons que les bars ayant un permis de restauration comme le Figaro et le Chat noir peuvent rouvrir depuis hier, mais que les bars n’en possédant pas doivent attendre jusqu’au 11 juin. Rappelons que les consommations d’alcool dans les bars doivent être accompagnées de nourriture. 

« Ces allègements ne sont pas viables [pour les bars], pense celui qui prévoit une réouverture vers la fin de l’été. Ouvrir une terrasse d’une capacité de 50 personnes abaissée à 20, tu as ton serveur, ton cuistot et ton plongeur à payer, en plus des frais fixes. On est aussi bien de rester fermés jusqu’à ce qu’ils lèvent toutes les mesures. »

Climat de peur

Les interventions des policiers dans ses établissements l’été dernier sont fraîches dans la mémoire du propriétaire. « Avec tout ça arrivent de grosses conséquences comme des suspensions de permis. Le tribunal a décidé de donner des peines exemplaires pour les commerces qui ont suivi le mieux possible les règles sanitaires, mais pas leurs clients », s’attriste M. Goulet, qui pense que les bars sont délaissés par le gouvernement, entre autres.

« Cette pandémie a instauré la peur d’ouvrir, d’avoir des réprimandes, que le client ne suive pas tous les règlements, que la police arrive en même temps qu’un client qui n’a pas mis son masque. Cette peur m’oblige à ne pas ouvrir dans ces conditions », mentionne M. Goulet. 

« Je suis prêt à gager que si je rouvre, j’ai la police sur le dos dans la même semaine », renchérit le tenancier, qui dit que même s’il instaure les mesures les plus sévères, il n’a pas l’autorité d’un policier. 

Rappelons que Stéphane Goulet avait fait l’objet d’un rapport d’infraction déposé au Département des poursuites criminelles et pénales pour des situations qui s’étaient déroulées dans ses établissements au mois de septembre 2020. 

Stéphane Goulet, propriétaire du bar du Chat noir et le Figaro, ne rouvrira pas ses établissements tout de suite.

Réouverture du Boquébière

Au Boquébière, qui peut ouvrir grâce à son permis de type ­« restaurant », c’est le contraire. Le personnel était prêt à accueillir les clients sur les terrasses. « On est bien contents que ça arrive enfin. La seule crainte qu’on avait, c’est d’être encore repoussés », exprime le copropriétaire de l’établissement, Charles Gagné.

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Et s’il pleut?

En fin de semaine, les terrasses sont ouvertes, mais pas les salles à manger. Qu’arrive-t-il si un orage soudain tombe sur la tête des clients? Dans le point de presse du 18 mai, le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, a répondu en disant qu’il « faut se servir du gros bon sens ». « À ce moment-là, les gens pourront prendre leur masque et se réfugier. Si on est dans une journée où il pleut depuis le début et que la terrasse ne peut pas être ouverte, on ne pourra pas ouvrir l’intérieur du restaurant. Quelque chose qui n’est pas planifié, je pense qu’il y a moyen, tout en respectant les consignes à l’intérieur, de faire le shift », avait-il mentionné.