Alain Blais s’est fait opérer récemment dans une clinique privée. Une décision que lui et son épouse Sylvie Breton ne regrettent aucunement malgré le coût important que le couple a dû payer de sa poche.
Alain Blais s’est fait opérer récemment dans une clinique privée. Une décision que lui et son épouse Sylvie Breton ne regrettent aucunement malgré le coût important que le couple a dû payer de sa poche.

6000 $ au privé pour obtenir une chirurgie en deux semaines

Alain Blais s’est blessé au dos il y a quelques mois. Son médecin de famille l’a référé à un chirurgien général pour réparer ses deux hernies inguinale droites. En attente d’un rendez-vous, son état se détériorait de jour en jour et sa douleur devenait insupportable. Il a dû prendre les grands moyens pour subir sa chirurgie.

Dans le contexte de pandémie, il savait que ce serait long avant de rencontrer le chirurgien, et plus long encore avant d’être opéré étant donné que sa blessure ne mettait pas sa vie en danger.

Au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, il y a actuellement un peu plus de 11 000 chirurgies en attente, une liste qui s’est rallongée depuis le début de la pandémie quand les activités chirurgicales ont dû ralentir. À un certain moment, on ne procédait plus qu’aux chirurgies urgentes.

« Ce n’est pas parce que ce n’est pas urgent que ce n’est pas grave. En plus des enjeux de santé, il faut être conscient des enjeux sociaux et économiques qui sont rattachés à cette situation. Est-ce que mon conjoint aurait été en congé maladie pendant un an en attendant sa chirurgie? Deux ans? Tout ça avec seulement une portion de son salaire? Quand on ne peut plus travailler et qu’on souffre continuellement, il y a aussi tous les risques de tomber en dépression », soutient son épouse Sylvie Breton.

Ne pouvant plus supporter l’incertitude, l’attente et la douleur, M. Blais a décidé de chercher les options. Quelques appels ont suffi pour trouver la solution.

« Le 13 mai, nous avons consulté un chirurgien général très compétent dans une clinique privée de Montréal. Le 27 mai, mon conjoint se faisait opérer dans une clinique privée avec un service en or. Il est en convalescence en ce moment, mais il sera de retour au travail dans quelques semaines », indique Sylvie Breton.

Au moins une année d’attente de sauvée

Le couple estime avoir ainsi sauvé au moins une année d’attente pour la chirurgie, une année qui aurait été composée de douleur ainsi que de sacrifices financiers et familiaux.

Mais il y a un « mais ». Pour subir cette chirurgie aussi rapidement, Alain Blais a dû débourser 6000 $ en plus de quelques autres frais et des déplacements à Montréal.

« Payer 6000 $, c’est aussi un sacrifice financier. Mais quand on pense à tout ce qu’on aurait perdu en attendant une chirurgie à l’hôpital, nous sommes contents de l’avoir fait », ajoute Mme Breton.

Cette dernière a aussi subi une chirurgie en février 2020 dans l’un des hôpitaux de Sherbrooke. « Un monde de différences » entre les deux lieux où se faire opérer, assure-t-elle.

Elle s’est présentée à la salle d’urgence avec une violente douleur au ventre. « Je faisais une appendicite. Ça, c’est une urgence. Plus on attend avant la chirurgie, plus il y a de risques de perforation et de complications. J’ai dû attendre 48 heures avant d’être opérée. Le chirurgien était disponible, mais on m’a dit qu’il y avait des salles d’opération fermées, faute de personnel. Et pendant cette attente, mon appendice a éclaté, ce qui a provoqué des complications. Dans la clinique où mon mari s’est fait opérer, je vous assure qu’il ne manquait pas de personnel », relate-t-elle.

Le couple a décidé de rendre son histoire publique afin de prouver aux gens qu’il existe des solutions pour diminuer les listes d’attente dans les hôpitaux du Québec, alors que de nombreux blocs opératoires privés pourraient accepter d’effectuer des chirurgies en leurs murs afin de désengorger les blocs opératoires des hôpitaux publics.

Pour les patients qui souffrent sur la liste d’attente, Mme Breton lance un message, tout en sachant que payer une chirurgie au privé n’est pas à la portée de tout le monde : « Il existe des solutions. Battez-vous! »

Le couple a aussi envoyé ses factures à la Régie de l’assurance-maladie du Québec (RAMQ). On espère un remboursement d’une partie des frais au moins, du moins du coût estimé pour une telle chirurgie dans le secteur public. Deux semaines après l’envoi par courrier recommandé, M. Blais n’a reçu aucune nouvelle de la RAMQ.