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Des anomalies dans la couverture vaccinale en Estrie
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Des anomalies dans la couverture vaccinale en Estrie
Les données du 5 juillet de la Santé publique de l’Estrie laissent apparaître des variations parfois importantes dans la couverture vaccinale par groupes d’âge, en particulier chez les 18–29 ans, ainsi que par territoire, comme dans la MRC du Granit et Des Sources.
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Situations anormales, mesures spéciales ?

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Situations anormales, mesures spéciales ?

Coralie Beaumont
Coralie Beaumont
La Tribune
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La couverture vaccinale plus faible dans les MRC du Granit et Des Sources risque-t-elle d’avoir des conséquences sur les citoyens, comme un retour plus tardif des activités en classe ? Ni la santé publique ni les MRC du Granit et Des Sources n’ont été en mesure de s’avancer sur un quelconque scénario.

La santé publique confirme toutefois que, outre le territoire, certaines tranches d’âge trainent à se faire vacciner et ce partout au Québec. « Par contre, depuis quelques jours, on observe une augmentation de la prise de rendez-vous chez les 18-39 ans. » 

La santé publique tente donc de rejoindre les jeunes adultes en organisant des activités de sensibilisation, à l’aide d’une brigade de la santé publique, et des activités de vaccination par les équipes mobiles dans des endroits publics où l’on retrouve souvent des jeunes adultes. « L’objectif est d’entendre leurs questionnements et de leur expliquer les bienfaits de la vaccination. S’ils décident de se faire vacciner, ils peuvent souvent le faire sur place grâce à l’unité de vaccination mobile. Lorsque nous sommes allés à la rencontre de la population pour la vaccination mobile, dans les parcs et endroits publics extérieurs, les gens de cette tranche d’âge disaient ne pas être vaccinés puisqu’ils disent manquer d’information sur les vaccins et leurs effets et trouvaient compliquer de prendre rendez-vous et d’aller dans les centres de vaccination. Avec les informations de la brigade et la disponibilité de l’équipe mobile sur place, la vaccination était facilitée et ils décidaient souvent de se faire vacciner sur place. »

La santé publique en profite pour rappeler en outre que plusieurs stratégies sont mises en place pour faciliter l’accès à la vaccination en Estrie :  

•    Sans rendez-vous dans tous les centres de vaccination selon les heures d’ouverture  

•    Disponibilité de milliers de plages horaires de rendez-vous dans Clic Santé  

•    Unité de vaccination mobile qui se déplace dans plusieurs endroits publics de l’Estrie (Carrefour de l’Estrie, parcs, plages, marché public, etc.) 

La couverture vaccinale dans la MRC du Granit

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La couverture vaccinale dans la MRC du Granit

Coralie Beaumont
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Dans la MRC du Granit, le taux de la première vaccination des 18-29 ans était de 54% en date du 8 juillet. En comparaison, Sherbrooke a le taux de vaccination des citoyens du même âge le plus élevé en Estrie, soit 65,5%.

Du côté de la MRC du Granit, on dit avoir de la difficulté à comprendre précisément pourquoi la couverture vaccinale y est moins élevée. Toutefois, une piste de réponse peut se trouver dans la flambée des cas de COVID-19 qui a eu lieu au mois de mai dernier, selon l’agente aux communications de la MRC, Véronique Lachance. Rappelons en effet que le RLS du Granit était sous mesures spéciales d’urgence jusqu’au 24 mai dernier. « Quand on a été sous les mesures spéciales d’urgence, il y a beaucoup de gens qui ont eu la COVID », explique-t-elle. 

« Effectivement, si une personne a obtenu un résultat de test positif à la COVID-19 et qu’elle n’est pas encore vaccinée, nous devons lui administrer une dose de vaccin environ trois mois après le début des symptômes ou de la date du test positif », confirme la Santé publique de l’Estrie.

L’importante contamination dans la MRC du Granit durant la vague d’avril pourrait donc avoir un impact sur la couverture vaccinale de la région, puisque des citoyens ne sont pas encore admissibles au vaccin. « Cela pourrait expliquer en partie la couverture vaccinale de la première dose chez les 18-29 ans et chez les 30-39 ans. Dès la semaine du 12 juillet, les équipes de la Direction de santé publique vont également communiquer avec les personnes qui ont eu la COVID-19 et leurs contacts pour discuter de l’importance de la vaccination. Cette stratégie vise à s’assurer que ces personnes se font vacciner même si elles ont eu le virus », explique encore la Santé publique. 

Cette dernière précise en outre qu’« une relance sera également faite auprès des jeunes âgés de 12 à 17 ans ou leurs parents qui ne sont pas encore vaccinés afin de leur rappeler les modalités de prise de rendez-vous pour que ces jeunes soient protégés avant la rentrée scolaire ».

La couverture vaccinale dans la MRC des Sources

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La couverture vaccinale dans la MRC des Sources

Coralie Beaumont
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Du côté de la MRC Des Sources, seulement 48% des 18 – 29 ans ont obtenu une première dose de vaccin, le chiffre le plus bas en Estrie. D’une manière générale, les Valsourciens sont les moins vaccinés de toute l’Estrie. En effet, la couverture vaccinale totale y est de 63% contre près de 72% dans la MRC de Memphrémagog, qui détient pour l’instant le plus haut taux de vaccination.

Dans la MRC Des Sources, on trouve la situation préoccupante. « Connaitre les obstacles pour lesquels les gens ne se font pas vaccinés, nous on n’a pas les moyens de le savoir… et de façon tout à fait transparente, on ne le sait pas », admet Hugues Grimard, le préfet et maire de la MRC Des Sources.

Il rappelle que la priorité de la MRC est que la population soit en sécurité et en bonne santé. « La position de la MRC depuis le début est d’encourager la vaccination. On utilise tous nos outils de communications pour transmettre l’information à la population, s’assurer que les plages horaires de vaccination sont partagées à la population. On était aussi le premier territoire à mettre en place un service de transport gratuit pour les gens qui en ont besoin. Je sais que certaines administrations municipales ont mis en place des dispositifs pour un accompagnement technique des personnes qui ne seraient pas capables, par exemple, de réserver un rendez-vous, tout le monde n’est pas à l’aise avec l’informatique », explique-t-il.

La santé publique indique, pour sa part, que « dans le RLS de Des Sources, une activité par l’équipe mobile a été peu concluante compte tenu de la proximité du centre de vaccination ».

Enseignement en présentiel cet automne : les étudiants optimistes

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Enseignement en présentiel cet automne : les étudiants optimistes

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
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SHERBROOKE — Si l’inquiétude a monté d’un cran chez de nombreux étudiants du Québec relativement à l’impossibilité d’atteindre un taux de vaccination de 75 % avant la prochaine rentrée scolaire, les jeunes de l’Estrie sont tout de même « confiants » de pouvoir suivre leurs cours en présentiel à l’automne.

Un taux de vaccination de 75 % avait été fixé en mai par Québec pour permettre un retour de l’enseignement en présentiel à 100 % dans les cégeps et les universités. Or, en date du 1er juillet, 67 % des 18-29 ans avaient reçu une première dose, selon les données de la Santé publique. 

En Estrie, 70 % des jeunes de 12 à 17 ans ont reçu une première dose jusqu’à maintenant, mais peu d’entre eux ont reçu la seconde (3 %). Selon le Pr François Claveau, titulaire de la chaire de recherche en épistémologie pratique et professeur en philosophie et en éthique à l’Université de Sherbrooke, cette seconde statistique pourrait être expliquée par de multiples hésitations.

« La chaire de recherche développe du matériel pour l’éducation en lien avec les controverses sociales et scientifiques dans les écoles secondaires. Le but est de permettre aux jeunes de réfléchir aux différentes controverses qui mélangent science et société, comme la COVID-19 et la vaccination. Lorsque nous sommes allés dans les classes, c’était justement au tour des jeunes de se faire vacciner. L’hésitation était élevée, d’une part parce que les jeunes ne comprennent pas pourquoi en n’étant pas à risque, c’est important pour eux de se faire vacciner, puis d’une autre part parce que les gens qu’ils aiment dans les populations à risque sont vaccinés, donc protégés. Les jeunes ne voient plus l’urgence. Les effets secondaires potentiels à long terme inquiétaient également les jeunes rencontrés », explique le Pr Claveau.   

Chez les 18-29 ans, 63 % ont été vaccinés une première fois et près de 15 % d’entre eux ont reçu leur deuxième dose.

Le délai entre deux doses ramené à quatre semaines depuis mardi dernier au Québec devrait par ailleurs accélérer la campagne de vaccination.

Une situation « presque » normale

Bien qu’elle se dise satisfaite des efforts fournis par l’Université de Sherbrooke (UdeS) pour offrir des cours en présentiel depuis le début de la pandémie, la Fédération étudiante de l’UdeS (FEUS) espère que l’objectif de 75 % sera revu à la baisse par Québec afin de réduire au maximum les contraintes sur les différents campus.

« Il serait très surprenant que l’on atteigne la cible, et ce, malgré la tenue d’une clinique de vaccination sur le campus qui fonctionne somme toute assez bien », mentionne Yaomie Dupuis, vice-présidente à la condition étudiante pour la FEUS.

« C’est toutefois assez évident que nous allons être en présentiel à l’automne, la vie de campus étant déjà revenue presque à la normale avec des cours de trois heures majoritairement en présence », ajoute-t-elle. 

« C’est pour les activités étudiantes qu’il faudra surtout s’ajuster en fonction des mesures sanitaires en vigueur », remarque l’étudiante.

Plusieurs étudiants affirment d’ailleurs n’avoir que des cours en présentiel pour la session d’été présentement en cours à l’UdeS.

Cible plus élevée?

Du côté de la Santé publique en Estrie, on affirme qu’il est peu probable que la cible de 75 % soit revue à la baisse.

« Le problème qui cause le débat actuellement, c’est qu’avec les nouveaux variants (Delta et Lambda), le virus se transmet mieux qu’avant. Ce n’est plus une personne qui peut en infecter quatre, c’est une personne qui peut en infecter huit. Ça veut dire qu’il faut que sept personnes sur huit soient vaccinées pour éviter la transmission et les éclosions. Et ça, c’est 87,5 %, non plus 75 % (trois personnes sur quatre). Donc plus un virus est naturellement transmissible, plus il faut qu’il y ait de gens autour de nous mieux protégés, ce qui explique le taux idéal de 85 % qui auraient reçu les deux doses », précise le Dr Alain Poirier. 

L’UdeS prête à tout

L’Université de Sherbrooke, qui s’est démarquée à maintes reprises avec son « campus éclaté », affirme pour sa part n’avoir reçu aucune directive officielle de la Santé publique ou de Québec quant à l’organisation de la prochaine rentrée scolaire. 

« Nos préparatifs suivent leur cours prévu et nous sommes prêts à faire face à la situation, quelle qu’elle soit », indique Pierre Cossette, recteur de l’UdeS.

Selon l’institution universitaire, la clinique de vaccination se porte également « très bien » sur son campus principal. Si l’horaire affichait complet en début de semaine, plusieurs plages de rendez-vous étaient toujours disponibles au cours des prochains jours.

Le Cégep de Sherbrooke, qui a aussi offert bon nombre d’activités en présentiel au cours de la dernière année, affirme tout comme l’UdeS n’avoir reçu aucune directive officielle pour le moment.

« Nous planifions donc la session d’automne en présence et nous avons prévu un plan de repli advenant que l’objectif de couverture vaccinale ne soit pas atteint à la rentrée. Ce plan de repli supposera de l’enseignement en mode hybride », indique l’établissement d’enseignement collégial. 

Avec Véronik Lamoureux