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Chirurgie : 12 200 Estriens en attente dont 2500 en orthopédie
Chirurgie : 12 200 Estriens en attente dont 2500 en orthopédie
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Plus de 12 000 patients sont en attente pour subir une chirurgie en Estrie, et 145 000 au Québec.
Plus de 12 000 patients sont en attente pour subir une chirurgie en Estrie, et 145 000 au Québec.

En attente en silence

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
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Il y a dix mois déjà que Mme Charest attend une chirurgie orthopédique. Dix mois en arrêt de travail. Dix mois de douleur. Dix mois de médicaments puissants pour endormir le mal qui la tient sinon éveillée toute la nuit. Dix mois et encore aucune idée du moment où elle passera sur la table d’opération. Elle a 55 ans et préfère taire son identité « pour ne pas risquer de nuire d’une façon ou d’une autre à sa place sur la liste d’attente ».

« C’est vraiment très difficile. Ça fait mal », dit-elle au bout du fil.

Comme elle, des milliers d’Estriens sont sans nouvelles du CIUSSS de l’Estrie-CHUS depuis le début de la pandémie alors qu’ils attendent leur tour pour une chirurgie, un examen ou un rendez-vous avec un médecin spécialiste.

Seulement en chirurgie, 12 000 personnes sont en attente en Estrie. Au Québec, ils sont plus de 145 000.

« Quand une personne est en attente d’une chirurgie, ou même d’un examen comme une coloscopie, ce n’est pas seulement la personne qui attend, c’est aussi sa famille », soutient à La Tribune une source bien au fait du dossier.

Peu de patients ont porté plainte au Commissaire aux plaintes et à la qualité des services du CIUSSS de l’Estrie-CHUS jusqu’ici.

« J’ai comparé les plaintes de 2019 et de 2020 pour les motifs de délais d’accès aux soins et j’arrive sensiblement au même nombre de plaintes, soit 35 plaintes en 2019 et 32 en 2020 », mentionne Sophie Brisson, commissaire aux plaintes et à la qualité des services au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Je me serais attendue à une augmentation plus significative en période de pandémie. Mon hypothèse, c’est que les gens étaient bien au fait de la situation parce que le délestage des activités a été très présent dans les médias », mentionne Mme Brisson.

Notre source travaillant au CIUSSS ne s’étonne pas non plus que le nombre de plaintes n’ait pas augmenté. « Les gens sont résignés! Ils croient que ça ne donnera rien de porter plainte, alors ils ne le font pas. »

« Un an après le début de la pandémie, ce serait bien que les patients reçoivent des nouvelles, un appel, qu’on vérifie comment ils vont et qu’on leur indique qu’ils sont toujours sur la liste d’attente », insiste-t-elle.

Entretemps, plusieurs patients découragés choisissent de se tourner vers des chirurgies dans le secteur privé. Mais encore faut-il avoir les moyens de le faire.

C’est notamment le cas de Denis Longpré, un résident de la Rive-Nord de Montréal qui a pris connaissance de cette possibilité après avoir lu un article paru dans La Tribune en juin dernier où un Sherbrookois racontait avoir payé 6000 $ pour subir sa chirurgie en moins de deux semaines dans une clinique privée de Montréal

M. Longpré a aussi payé 6000 $ pour subir une chirurgie en quelques semaines « et avec un service impeccable ».

Opéré le 6 janvier dernier, il est toujours en convalescence mais il récupère bien. « 6000 $, c’est beaucoup d’argent… mais la situation était devenue tellement difficile, avec la douleur, le doute et l’incertitude que c’est une décision que je ne regrette absolument pas », souligne-t-il.