Contenu commandité
Bouger, même à distance
Actualités
Bouger, même à distance
Bouger, on le sait, est un moyen puissant pour lutter contre l’anxiété. Or, la pandémie peut être un frein à l’activité physique chez les jeunes. Elle force les éducateurs physiques à revoir leurs façons de faire, mais aussi à explorer d’autres possibilités. La Tribune s’est intéressée à la question.
Partager
Des cours de yoga en ligne pour les élèves du secondaire

Actualités

Des cours de yoga en ligne pour les élèves du secondaire

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Article réservé aux abonnés
SHERBROOKE — Bouger, on le sait, est un moyen puissant pour lutter contre l’anxiété. Or, la pandémie peut être un frein à l’activité physique chez les jeunes. Elle force les éducateurs physiques à revoir leurs façons de faire, mais aussi à explorer d’autres possibilités. La Tribune s’est intéressée à la question.

Depuis le retour en ligne cette semaine, l’école Mitchell-Montcalm offre des séances de yoga et de méditation à distance à ses élèves, mais aussi à leur noyau familial. Les élèves du secondaire reprenaient les classes cette semaine en ligne. Dès lundi, les élèves de secondaire 3,4 et 5 seront de retour sur les bancs d’école une journée sur deux. 

« Avec la zone rouge, l’horaire en alternance, il y a des enseignants en éducation physique chez nous qui ont trouvé des alternatives. Dans les deux pavillons, des enseignants se sont tournés vers le yoga et la méditation. J’ai trouvé ça super intéressant. Dans mon entourage, je vois que c’est de plus en plus présent, et ce, même avant la pandémie. Ça nous a allumés sur cette possibilité », indique le directeur adjoint de l’école Mitchell-Montcalm, Claude Hackett. 

En temps normal, lorsqu’ils fréquentent l’école, les élèves vont bouger minimalement : certains vont venir à pied, d’autres vont marcher pour se rendre à l’arrêt d’autobus. Avec la classe en ligne, les possibilités de bouger sont encore plus réduites. « Ça peut être très facile d’être assis longtemps. On s’est dit que ce serait bien de leur offrir quelque chose le matin et le soir qui leur permettrait de bouger et d’avoir des activités qui les aideraient à évacuer un stress ou autre. »  

Jusqu’à quel point les jeunes sont-ils plus anxieux et stressés? « On le voit, on le sent, que les élèves sont un peu moins solides qu’on aimerait qu’ils le soient. Le fait de ne pas être à l’école, plusieurs aiment cela, mais pour d’autres, c’est loin d’être l’idéal. Ils ont besoin de cette proximité avec l’enseignant, les camarades de classe », répond M. Hackett, en rappelant le contexte difficile, où les règles ne cessent de changer. L’offre de yoga, de méditation et d’entraînement est lancée pour quatre semaines. L’établissement verra pour la suite avec le taux de participation... et ce qui se passera à compter du 8 février, date jusqu’à laquelle les Québécois ont été reconfinés. Les cours s’adressent aussi aux frères, sœurs et parents des élèves. 

Aux yeux de M. Hackett, il est plus facile de commencer une activité lorsqu’on est deux. « Peut-être que ça devient plus facile de se lancer. »

Les cours de yoga ont toujours fait partie de l’offre en santé multisports au Séminaire de Sherbrooke, indique Marc-Antoine Morin, éducateur physique et responsable du département d’éducation physique. « Par contre, on a pris un peu cette philosophie-là pour l’intégrer à nos groupes d’éducation physique et d’initier tous nos groupes, de se créer des routines, de faire du yoga ensemble », raconte-t-il en entrevue téléphonique. 

Quant à l’adaptation requise pour les enseignants en éducation physique, Claude Hackett estime que c’est un tournant à 180 degrés. « Ce sont des gens qui à la base, aiment bouger, qui vivent dans l’action au quotidien, et là, ils doivent être devant un écran et trouver des activités qui motivent les élèves et répondent au programme, et qui leur permettent d’avancer avec les élèves. C’est monumental pour eux, mais je pense qu’il y a des découvertes qui se font. Dans des occasions comme ça, il y a des opportunités qui se créent. »

Des risques de sédentarité accentués

Actualités

Des risques de sédentarité accentués

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Article réservé aux abonnés
SHERBROOKE - Au primaire, avant la pandémie, un élève sur cinq n’était actif que pendant ses cours d’éducation physique. Avec la multiplication des écrans, la pandémie accentue les risques de sédentarité. 

« La pandémie met en lumière les forces et les faiblesses d’une société. Avant la pandémie, on avait déjà un problème d’activité physique, notamment chez les jeunes filles lorsqu’elles passent au secondaire. La pandémie vient accroître cette faiblesse-là, qui était déjà présente. En éducation physique, on est loin des recommandations internationales d’une heure par jour. Au primaire, on a deux heures d’éducation physique par semaine dans 69 % des écoles au Québec. Près du tiers des écoles n’atteignent pas les deux heures (par semaine). On est loin de ça. Au secondaire, c’est catastrophique : si on n’a pas de tempête ou de maladie, on a un maximum de 40 heures de présence élèves en éducation physique pour toute l’année. On répartit cela à coup d’une heure et quart par-ci par-là dans l’horaire », estime la directrice générale de la Fédération des éducateurs et des éducatrices physiques enseignants du Québec (FEEPEQ), Véronique Marchand. La Fédération recense des enseignants en cette matière du primaire-secondaire jusqu’à l’université. 

Il est difficile de développer l’ensemble des compétences en si peu de temps, fait-elle remarquer, en rappelant que les jeunes n’ont pas à réussir le cours d’éducation physique pour obtenir leur diplôme.

« Les mesures en place à court terme, ça n’aide pas, mais c’est une mesure exceptionnelle. Avec les équipes de santé publique, on s’accorde pour dire qu’il faut commencer à penser à ce qui s’en vient après. Il ne faut pas qu’on oublie qu’on avait un gros problème au niveau de l’activité physique. » « Grâce au maintien des cours d’éducation physique, on sait que tous les jeunes à l’école ont des cours dans cette matière. » 


La directrice générale de la Fédération des éducateurs et des éducatrices physiques enseignants du Québec (FEEPEQ), Véronique Marchand.

La technologie à la rescousse

Les éducateurs physiques peuvent utiliser des solutions temporaires, mais elles ont aussi leurs limites, note Mme Marchand, en soulignant qu’en ce moment, les professeurs doivent faire preuve de beaucoup d’imagination. 

« Des applications comme Strava ou comme celle fournie par le Grand Défi, ça permet aux enseignants d’avoir un certain suivi sur ce que les jeunes font. En même temps, j’ai beau ouvrir l’application Strava, si je dis que je vais courir, mais que je prends mon vélo, l’application ne le dit pas. Je peux pédaler plus mollo que je peux courir. C’est un exemple. Mais les enseignants ne baissent pas les bras, ils travaillent fort à garder le lien avec leurs jeunes. C’est compliqué. Mais c’est compliqué pour tout le monde : les travailleurs de la santé, les parents, tout le monde, et les enseignants font avec. Ils font leur possible. Ils cherchent des façons de garder les jeunes motivés à être actifs. »

Elle souligne au passage la collaboration entre professeurs, mais aussi tout le travail effectué par le ministère de l’Éducation.

On n’a jamais vu autant de gens aller jouer dehors. Peut-on penser que la pandémie aurait cet effet bénéfique, même une fois terminée, de pousser les gens vers la nature? « Il y a de beaux côtés à cette affaire-là, répond Mme Marchand en riant. C’est sûr qu’en activité physique, un des facteurs déterminants, c’est la qualité de l’expérience. Certains experts se disent : les gens qui se garrochent dans le ski de fond, qui ne savent pas comment farter un ski, est-ce qu’ils vont avoir une belle expérience et maintenir cette pratique-là? Ça peut-être un transfert dans le sens où, si les gens faisaient par exemple du karaté et qu’ils se tournent vers une autre activité, comme le ski de fond, est-ce qu’ils vont maintenir cette pratique-là quand les choses vont revenir à la normale? C’est là qu’on va découvrir ce que la pandémie nous aura réellement fait découvrir. Actuellement, on se tourne vers ce qui est possible. Et le possible, il n’est pas gros. »

Miser sur la santé et le plein air

Actualités

Miser sur la santé et le plein air

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Article réservé aux abonnés
À l’école primaire Jardin-des-Lacs, à Saint-Denis-de-Brompton, la cour arrière de l’école est en quelque sorte devenue le nouveau gymnase extérieur de l’école. Au Séminaire de Sherbrooke, la technologie, déjà bien ancrée dans le quotidien des élèves, aide à faciliter le contact avec les élèves. La santé, un volet des cours d’éducation physique, prend aussi soudainement plus de place auprès des élèves du secondaire, explique un enseignant de l’école privée.

Le contexte sociosanitaire a forcé les enseignants de Jardin-des-Lacs à revoir leurs contenus. En ce moment, l’accent est mis sur des activités extérieures comme le ski de fond et la raquette, expliquent les éducateurs physiques Lucie Boutin et Dave Morin. 

Auparavant, les éducateurs physiques fonctionnaient parfois en dyade et en tryade dans le gymnase de l’établissement. Actuellement, une seule bulle-classe peut l’utiliser à la fois. Les enfants peuvent enlever leur masque lorsqu’ils font l’activité physique. 

L’environnement extérieur s’avère un atout précieux dans ce contexte pandémique. 

En plus du sous-bois et des sentiers derrière l’établissement, un anneau de glace était en cours de réalisation par la municipalité de Saint-Denis-de-Brompton au moment de l’entrevue cette semaine. 

En éducation physique, les thèmes d’équipe ont été délaissés au profit des sujets individuels, comme l’entraînement et la nutrition. Ci-dessus, une photo d’archives des Barons du Séminaire de Sherbrooke.

Le programme de santé globale n’est pas étranger non plus à l’intérêt des enfants pour l’activité extérieure. 

« Les parents sont de très beaux modèles », note Mme Boutin, en soulignant que ceux-ci sont déjà des adeptes de plein air. « On est au retour des vacances de Noël et majoritairement, les jeunes ont été actifs. Ils ont fait du ski de fond, de la raquette, du fatbike. Les jeunes en profitent pour être plus à l’extérieur, les familles en profitent... » indique M. Morin. 

Au secondaire, les formes de suivis se multiplient : des élèves doivent s’entraîner en allant courir, par exemple, avec l’application Strava, qui permet à leur enseignant de suivre ce qu’ils font.

Oui, la pandémie apporte son lot de contraintes, à commencer par la distance ou la révision de la planification. 

« On l’a vu comme un défi et une opportunité d’exploiter notre rôle. Oui, les jeunes sont chez eux, mais ils ont besoin de nous plus que jamais. La mission qu’on s’est donnée, c’est de garder l’équilibre entre l’académique et le plaisir de bouger et de se faire du bien. On a axé plus sur le volet individuel : l’entraînement, la nutrition. Notre titre officiel, c’est enseignant en éducation physique et à la santé. Là, on est rentré à fond dans le volet de la santé, alors qu’habituellement on l’effleure et on n’en parle pas assez », indique Marc-Antoine Morin, éducateur physique au Séminaire de Sherbrooke et responsable du département d’éducation physique. Les thèmes sur les sports d’équipe ont été mis de côté pour parler davantage de gestion du stress, de nutrition, de collations santé et d’image de soi. Le Séminaire de Sherbrooke avait déjà l’expérience des cours en ligne avant la pandémie. « On a fait de la cuisine en direct. Les élèves ont fait des recettes. Le côté socialisation a été appliqué grâce à une application comme Google ‘Meet », raconte Marc-Antoine Morin. « Notre rôle à la base, c’est d’aider les élèves à adopter un mode de vie actif. Pour ça, il faut trouver des choses qu’ils aiment. » 

La pandémie est une occasion de développer la responsabilisation des jeunes au sujet de l’activité physique, note M. Morin.

Les petits sportifs et les plaisirs d’hiver

Actualités

Les petits sportifs et les plaisirs d’hiver

Viatka Sundborg
Viatka Sundborg
La Tribune
Article réservé aux abonnés
Les rires d’enfants étaient nombreux à l’entrée des sentiers du Mont Orford. La pandémie a bouleversé le quotidien de tous et spécialement celui des enfants d’âge scolaire. Les cours d’éducation physique n’étant plus les mêmes, comment rester actif dans un monde où plus rien n’est pareil? 

Des jeunes sportifs de tous âges profitaient de la douce température et de la neige abondante cette fin de semaine au parc du Mont Orford. Que ce soit pour pratiquer la marche, le ski de fond, la raquette ou le fatbike, le plaisir de bouger était au rendez-vous. 

Thomas et son frère Charle, accompagnés de leurs parents, se disaient très heureux de pouvoir pratiquer leur sport préféré. « J’adore le fatbike », nous confirme Thomas, un jeune homme de cinquième année. Ces deux amoureux de plein air se disent satisfaits d’avoir davantage de cours d’éducation physique à l’extérieur, mais aimeraient bouger encore plus pour profiter de l’hiver. 

Pour sa part, Daphenée, une élève de sixième année, est déçue de ne plus pouvoir jouer au volleyball, son sport de prédilection, en raison de la pandémie. « Je bouge moins depuis que le volleyball est arrêté. Par contre, ma famille et moi on marche régulièrement », nous explique Daphenée. Tout comme Thomas et Charles, Daphenée souhaiterait bouger et jouer davantage. 

Stephanie Leclaire, son conjoint et leurs cinq enfants étaient aussi présents sur les pistes avec leur ski de fond aux pieds. Les cinq enfants enjoués ont répondu à l’unisson qu’ils adoraient l’hiver. Parmi eux, Liam, qui est en quatrième année, est un peu triste de ne pas courir autant qu’avant la pandémie. « J’ai toujours hâte de revenir chez moi pour aller glisser au parc », ajoute Liam le sourire aux lèvres. Sa sœur de cinquième année, Charlotte, préfère le ski, mais rappelle que l’important c’est de jouer dehors.

Un défi pour les parents

Stephanie Leclaire souligne que comparer au premier confinement celui-ci est légèrement plus facile puisque les parcs sont restés ouverts. « Nous n’avons pas de cour extérieure chez nous. Alors, le parc au coin de la rue est nécessaire pour que nos cinq enfants puissent jouer dehors », explique Mme Leclaire soulagée de cette décision du gouvernement. Les journées de glissades permettent à la famille de garder de saines habitudes de vie en plus des nombreux sports qu’ils pratiquent. 

Bien qu’il y ait plusieurs activités offertes aux familles, il n’en reste pas moins que cela représente un casse-tête pour certains. Un couple de Sherbrookois et parent de trois enfants avoue que la conciliation travail et activités physiques est parfois difficile. « On ne pourra jamais faire autant d’activités physiques avec nos enfants que ce qu’il est recommandé de faire », nous dit ce père de famille qui tente d’organiser le plus d’activités familiales extérieures que possible.