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Beaulac-Garthby : «Une place où il fait bon vivre»
De villages en visages
Beaulac-Garthby : «Une place où il fait bon vivre»
Pourquoi Beaulac-Garthby fait-il partie d’une série de reportages sur les villages des Cantons-de-l’Est? se demanderont les plus avertis. En effet, ce petit village situé entre Disraeli et Weedon, à quelques mètres du début des Cantons-de-l’Est, appartient désormais à la région de Chaudière-Appalaches, mais a longtemps été un village estrien à part entière.
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«Une place où il fait bon vivre» [PHOTOS]

De villages en visages

«Une place où il fait bon vivre» [PHOTOS]

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
Pourquoi Beaulac-Garthby fait-il partie d’une série de reportages sur les villages des Cantons-de-l’Est? se demanderont les plus avertis. En effet, ce petit village situé entre Disraeli et Weedon, à quelques mètres du début des Cantons-de-l’Est, appartient désormais à la région de Chaudière-Appalaches, mais a longtemps été un village estrien à part entière.

Situé de part et d’autre de la route 112, aux abords du lac Aylmer, le petit village d’environ 900 habitants est né le 15 mars 2000 de la fusion du Canton de Beaulac (1896) et du Canton de Garthby (1855). 

Un attrait unique au Québec  [VIDÉO]

De villages en visages

Un attrait unique au Québec  [VIDÉO]

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
Faire du vélo sur une ancienne voie ferrée, c’est possible aux Vélorails de Beaulac-Garthby, l’unique endroit au Québec qui offre cette expérience hors de l’ordinaire.

Chaque vélorail, composé d’une plateforme attachée à deux vélos, avance grâce à la force musculaire des utilisateurs.

Le parcours longe le lac Aylmer et les paysages à couper le souffle de Chaudière-Appalaches et de l’Estrie défilent sur 10 ou 18 kilomètres, au choix des utilisateurs. 

La nature au cœur de l’apprentissage

De villages en visages

La nature au cœur de l’apprentissage

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
À l’école du Saint-Nom-de-Jésus de Beaulac-Garthby, l’apprentissage en plein air est préconisé depuis l’automne dernier. Beau temps mauvais temps, été comme hiver, les élèves quittent la classe deux heures par semaine pour apprendre en nature.

« Ce qu’on préconise avec ce programme, ce n’est pas tellement l’apprentissage académique. Oui, on fait des mathématiques, du français ou des arts plastiques dehors, mais ce qu’on vise, c’est amener les élèves à prendre des risques, expérimenter, résoudre des problèmes, collaborer entre eux et, bien sûr, les faire bouger », explique Manuel Granger, directeur de l’école. 

Les bénéfices sont nombreux sur le plan comportemental. M. Granger constate qu’il y a beaucoup moins de conflits, et que les jeunes sont plus débrouillards et audacieux en classe et dans la vie. 

« C’est certain qu’on a l’environnement parfait pour le faire, avoue Manuel Granger. On ne pourrait pas demander mieux. » En effet, la forêt est littéralement à côté du terrain de jeu, et le lac se situe juste en face, ce qui n’empêche pas les groupes de faire des sorties dans les villages avoisinants. 

Vélo, baignade et tir à l’arc au printemps, décoration de sapins, pêche sur glace et nourriture sur le feu l’hiver, construction de sentiers et d’abris, hébertisme et randonnée pédestre l’automne… les élèves acquièrent toutes sortes de nouvelles compétences en compagnie de leur titulaire et du coordonnateur en plein air, Jérôme Fortin. 

La plage horaire des sorties n’empiète pas sur le cours d’éducation physique, elle s’ajoute plutôt au nombre d’heures par semaine, précise M. Granger. 

Est-ce que cela pose problème aux élèves? Pas du tout, affirme le directeur. « Ils adorent le concept, les profs aussi d’ailleurs. Personne ne veut changer ça. » 

À la rentrée d’automne, l’école accueillera quelque 60 étudiants divisés en quatre classes. Notons que depuis l’entrée en poste de Manuel Granger il y a quatre ans, le nombre d’élèves a doublé. Il est encore tôt pour affirmer que le projet plein air attire plus d’élèves, mais il procure assurément une motivation supplémentaire aux jeunes.

À la rencontre d’entrepreneurs passionnés

De villages en visages

À la rencontre d’entrepreneurs passionnés

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
Les entreprises et les commerces établis à Beaulac-Garthby se comptent sur les doigts de la main, mais ceux qui décident de se lancer en affaires le font certainement par passion. Les propriétaires d’Original Design et du Domaine Bergeron en sont d’excellents exemples.

Martin Blanchard est un de ses entrepreneurs passionnés qui façonne le tissu économique de la région. Il a accueilli La Tribune dans ses bureaux avec un plaisir évident, en faisant une visite complète des installations de l’entreprise. 

Le Magogois d’origine a fondé Original Design en 1990. À l’époque, l’entreprise s’appelait KalligraphArt et se spécialisait dans la calligraphie.  

« Très jeune, j’ai commencé à faire du lettrage et de la calligraphie au pinceau », explique M. Blanchard. 

Avec les années, l’homme d’affaires a agrandi son équipe et élargi son champ d’expertise en se spécialisant notamment dans la fabrication d’enseignes décoratives, la sculpture 3D et la gravure au jet de sable.  

En 2010, KalligraphArt devient Original Design, nom qui représente beaucoup mieux les activités diversifiées de l’entreprise. Plusieurs projets variés ornent les murs de l’établissement : plaques honorifiques du Temple de la renommée, horloges Molson, enseignes de municipalités et bien plus. 

« Notre vache à lait, c’est les décors d’épicerie, indique Martin Blanchard, qui a des contrats avec la chaîne d’épicerie Metro partout au Québec. Mais mon cœur est beaucoup plus artistique que commercial. »

Justement, il explique avoir fait « un retour à ses origines » il y a deux ans, en décidant de ne plus avoir d’employés, sauf sa conjointe Annie Gagnon à la comptabilité. « La décision de laisser aller mes employés a été très difficile à prendre. On était comme une petite famille », avoue-t-il. 

Toutefois, même en carrière solo, la passion du début l’habite toujours, et il est désormais plus sélectif dans ses contrats, acceptant seulement les projets qui le motivent. 

Au cœur du village pendant 100 ans

De villages en visages

Au cœur du village pendant 100 ans

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
 C’est avec passion et nostalgie que l’auteur de romans policiers André Jacques partage l’histoire de sa famille, propriétaire du Magasin général de Beaulac-Garthby pendant près de 100 ans.

Ce sont les frères Jacques, Thomas et Cléophas, qui bâtirent le premier édifice de la rue Saint-Jacques en 1874. « Mon grand-père Achille Albert Jacques a ensuite pris la relève, juste avant qu’un terrible incendie ravage tout le village, le 1er juillet 1899. Seules l’église et quelques maisons avaient été épargnées à l’époque », raconte celui qui a demeuré au 11, rue Saint-François, pendant plusieurs années.

Le deuxième Magasin général, qui portait le nom de A. A. Jacques, fut reconstruit au même endroit la même année. Cependant, les souvenirs qu’André Jacques garde de ce petit commerce de la rue principale sont surtout ceux de son père Conrad Jacques, « qui a fait preuve d’une grande générosité au cœur même du village », se rappelle l’écrivain aujourd’hui âgé de 72 ans.

« Je me souviens, le 24 décembre, jour de mon anniversaire, il m’envoyait cogner à la porte des familles plus démunies du village pour leur offrir une dinde en guise de cadeau. Il ne se préoccupait pas du tout des dettes qui s’accumulaient [au magasin] pour certains ménages. Il pensait toujours aux autres avant lui », se remémore-t-il.

Le Magasin général a finalement changé de main en 1973, quelques années après le décès de son propriétaire. « Ma mère l’a vendu, un peu désemparée. Aujourd’hui, l’immeuble sert d’appartements », affirme André Jacques, qui habite désormais la région de Sherbrooke.

Inspiré par les souvenirs

André Jacques est l’auteur d’une série de romans policiers qui met en scène le personnage d’Alexandre Jobin, un antiquaire et enquêteur plongé dans ses drames intérieurs. Même si l’histoire vient complètement de son imagination, il révèle que certains souvenirs de son enfance l’ont inspiré dans son écriture.

« On trouvait beaucoup de choses au commerce de mon père, mais encore plus à l’époque de mon grand-père. Nourriture, médicaments, quincaillerie, lunettes et même de la dynamite : tout s’y trouvait. C’était un lieu de rencontres important et j’en garde beaucoup de souvenirs. »

Tous ses personnages sont fictifs et inventés de toutes pièces. Mais André Jacques fait quelques parallèles entre d’anciens clients du Magasin général et d’autres que l’on retrouve dans ses romans.

« Je pense à une dame, entre autres, qui venait toutes les semaines et qui collectionnait de la vaisselle. On retrouve certains comportements comme celui-ci dans mes écrits. On ne peut pas s’abstraire de son passé complètement », justifie l’auteur, lié émotionnellement au village de Beaulac-Garthby par l’histoire de sa famille.