Stéphane Vigneault est le fondateur du Mouvement l’école ensemble. Pour ce mouvement, l’amélioration des conditions dans le « réseau public ordinaire » ne pourra pas passer sans qu’on travaille sur la sélection des élèves, tant au public qu’au privé.
Stéphane Vigneault est le fondateur du Mouvement l’école ensemble. Pour ce mouvement, l’amélioration des conditions dans le « réseau public ordinaire » ne pourra pas passer sans qu’on travaille sur la sélection des élèves, tant au public qu’au privé.

Un réseau d’écoles à trois vitesses?

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
La multiplication des différentes spécialisations dans les écoles secondaires amène un autre débat : l’école offre-t-elle des chances égales à tous les enfants? C’est notamment la question que soulève le Mouvement l’école ensemble. Ce mouvement, né en 2017, mène « une campagne pour une nouvelle vision de l’école publique : une école commune, équitable, sereine et efficace ».

« Nous abordons l’école sous l’angle de la ségrégation scolaire : il y a les écoles privées subventionnées, les écoles publiques sélectives et les écoles publiques régulières. Les deux premières sont des vases communicants. La présence des écoles privées subventionnées, qui sélectionnent toutes leurs élèves, et des écoles publiques sélectives, qui sélectionnent aussi leurs élèves pour les projets particuliers et les vocations, contribue à ‘‘écrémer’’ le secondaire régulier, et c’est ça le vrai débat », mentionne Stéphane Vigneault, le coordonnateur de ce groupe de pression.

« Quand on concentre les jeunes en plus grande difficulté ou plus pauvres ensemble dans l’école régulière, ça met l’ensemble des élèves et du personnel dans un contexte plus difficile », estime-t-il.

« Dans les faits, on a créé un réseau à trois vitesses », ajoute le coordonnateur du Mouvement l’école ensemble.

Une adresse, une école

Pour le mouvement, l’amélioration des conditions dans le « réseau public ordinaire » ne pourra pas passer sans qu’on travaille sur la sélection des élèves, tant au public qu’au privé.

« L’approche que nous proposons est assez riche : nous proposons d’utiliser le même réseau, les mêmes classes, le même personnel, mais de répartir les élèves autrement. Nous notre approche c’est : une adresse égale une école. Pas de sélection, pas de magasinage d’écoles. Ça prendrait une carte scolaire étanche (une adresse, une école) et équitable (des bassins dessinés pour être similaires socio-économiquement), y compris pour les écoles secondaires privées qui auraient aussi leur bassin désigné d’élèves. Pourquoi ne pas offrir un enrichissement scolaire gratuit à tout le monde? », suggère M. Vigneault.

Enjeu électoral

« Pour les élèves qui ont des grandes passions, on pourrait penser à développer le parascolaire davantage, à transférer plus d’activités sportives dans les ligues civiles, par exemple. Il reste quand même beaucoup de temps avant et après l’école pour développer ses passions », ajoute Stéphane Vigneault en précisant que la prochaine élection provinciale sera un bon moment pour débattre de cet enjeu.