Contenu commandité
20 ans après l'an 2000 : la technologie
Actualités
20 ans après l'an 2000 : la technologie
Vingt ans après l’an 2000, La Tribune choisit de se pencher chaque mois sur un enjeu de société qui a marqué le début du siècle pour prendre la mesure du changement. En octobre : la technologie.
Partager
De la disquette à l'informatique quantique

Actualités

De la disquette à l'informatique quantique

Chloé Cotnoir
Chloé Cotnoir
La Tribune
Jean Bourgault œuvre dans le domaine de la photographie à Sherbrooke depuis 40 ans. Il y a maintenant un peu plus d’une semaine, il a dû annoncer avec regret la fermeture de son commerce Zone Image, situé sur la rue King Est depuis de nombreuses années.

Seulement quelques jours avant l’annonce de cette fermeture – qui ne touche pas le laboratoire de photo et les services d’Imacom — il avouait en entrevue avec La Tribune que « le marché est rendu très, très difficile depuis plusieurs années. » 

Au banc des accusés, une des plus grandes innovations technologiques des 20 dernières années : le téléphone intelligent. Celui qui a littéralement soufflé des marchés pendant sa rapide ascension. 

Fini les appareils photo d’entrée de gamme. Fini les GPS fixés au pare-brise des voitures. Fini les lecteurs de musique portatifs. Ainsi de suite. Dorénavant, la technologie se trouve au bout des doigts de la planète entière.  

Depuis la sortie du premier iPhone en 2007, on estime que 10 milliards de téléphones intelligents ont été vendus à travers le monde. Au Canada, selon une étude de la Banque mondiale réalisée en 2019, 83 % des consommateurs avaient un téléphone intelligent, comparativement à 71 % en 2015.

Et si on retourne à la photographie, il se prend dorénavant plus de 1000 milliards de photos… par jour. Déjà en 2017, on avait franchi la barre des 1200 milliards de clichés quotidiens. De ce nombre, 1000 milliards avaient été croqués par un téléphone sorti de la poche d’un pantalon. 

« Lorsque le téléphone intelligent est arrivé, on a perdu tout le marché de l’entrée de gamme. Il reste donc les passionnés qui s’achètent du matériel de meilleure qualité. Mais encore là, la compétition vient maintenant de partout. Je ne peux pas battre le prix d’Amazon », illustre Jean Bourgault. 

Plusieurs innovations des dernières années se sont donc faites au détriment de petits commerçants. Pendant ce temps, les fameuses entreprises que l’on connait sous l’acronyme GAFAM ont connu une croissance exponentielle. Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft ont profité pleinement de l’émergence des technologies mobiles durant la dernière décennie. 

Les titres du « Big Five » des services numériques valent en Bourse plus de 6000 milliards $ US. Ou 2,7 fois le PIB nominal du Canada.

Ils sont d’ailleurs derrière plusieurs des innovations qui ont marqué les 20 dernières années, selon Pascal Forget, chroniqueur techno. Et la liste est longue : Internet haut débit, clé USB, moteur de recherche pour le web, lecteurs MP3 et autres baladeurs numériques, téléphone intelligent, infonuagique, tablette, réseaux sociaux, commerces en ligne, domotique, écoute de musique en streaming, réalité virtuelle plateformes de télévision sur demande, avancées en intelligence artificielle, assistants vocaux, etc.  

 « Il faut se rappeler qu’au début des années 2000, c’est tout juste le début de Google. Ne pas connaitre une adresse internet, c’était assez extraordinaire! Avant leur moteur de recherche, on naviguait dans Internet grâce à des sous-catégories, c’était assez laborieux », rappelle-t-il. 

Celui que l’on a pu apercevoir entre autres dans l’émission La revanche des Nerdz raconte en riant son découragement d’apercevoir des internautes regarder distraitement une vidéo sur Youtube en naviguant en même temps sur un téléphone, par exemple. 

« Je me rappelle encore l’époque où la bande passante avait encore énormément de valeur. On attendait impatiemment après notre image ou notre chanson. La première fois que j’ai reçu un courriel sur mon téléphone, j’étais dans un ascenseur et c’était tellement long avant qu’il soit complètement téléchargé... Les jeunes auraient de la misère à croire ça », rigole-t-il.

« Une technologie de rupture »

La prochaine décennie promet également de grandes innovations. Pascal Forget parle entre autres de livraison par drone, de véhicules autonomes capables de communiquer entre eux, de réalité virtuelle ou d’intelligence artificielle. Mais les plus grands bouleversements pourraient venir, selon lui, de l’informatique quantique. Cette technologie effectue des tâches que les ordinateurs existants mettent des années à accomplir, comme la découverte de nouveaux médicaments ou l’optimisation des transports en milieu urbain. 

La technique utilisée par les ordinateurs quantiques repose sur les quanta bits qui peuvent enregistrer des données de 1 ou 0 — le langage des ordinateurs modernes —, mais simultanément, ce qui multiplie de façon exceptionnelle la puissance de calcul.

Google annonçait d’ailleurs, en 2019, avoir franchi une étape importante en fabriquant une machine capable de mener une opération en trois minutes et vingt secondes, là où il faudrait 10 000 ans au plus avancé des ordinateurs actuels. La même année, IBM dévoilait son premier ordinateur quantique dit commercial.

« Ça pourrait tout changer. Mais j’ai l’impression que c’est tellement une technologie de rupture, puisque ça rendrait tout désuet en ce qui a trait à la cybersécurité, que c’est une technologie qui va servir d’arme stratégique bien avant d’atteindre le grand public », précise-t-il. 

Mais d’ici là, un autre enjeu s’élève de plus en plus dans la sphère publique : la notion de vie privée sur le web. 

Sylvain Rocheleau, professeur au département de communication de l’UdeS, constate le peu d’appétit des gouvernements d’encadrer les activités des GAFAM. Il croit cependant que l’implantation d’une législation plus sévère soit possible. « Si les États-Unis le font », précise-t-il. « De plus en plus de gens s’inquiètent de l’utilisation de leurs données et c’est un réel enjeu lorsqu’on parle d’élections. Je crois que si les Américains décident de donner plus de mordant à leurs lois, les autres pays n’auront pas trop le choix de suivre. En attendant, la première étape est certainement d’éduquer les gens face à leur utilisation du web », conclut-il. 

Et s'entassent les déchets...

Actualités

Et s'entassent les déchets...

Chloé Cotnoir
Chloé Cotnoir
La Tribune
Il y a maintenant plus de téléphones intelligents sur la planète qu’il y a d’humains. On compte également des milliards de télévisions, de tablettes, d’ordinateurs... qui finiront tous un jour ou l’autre par être obsolètes.

Un rapport de l’ONU révèle que 53,6 millions de tonnes métriques de déchets électroniques ont été produites en 2019, soit l’équivalent de 350 navires de croisière. Seuls 17,4 % des déchets électroniques ont été collectés et recyclés durant cette même période, ce qui signifie qu’une valeur estimée à 57 milliards de dollars d’or, d’argent, de cuivre, de platine et d’autres matériaux de grande valeur et récupérables ont été déversés ou brûlés plutôt que traités ou réutilisés.

Au Québec en 2019, l’Association pour le recyclage des produits électroniques — derrière la campagne Les Serpuariens — a récolté 20 153 tonnes de produits électroniques en fin de vie utile, soit 2,5 kg par personne. 

Les déchets électroniques qui ne sont pas disposés aux bons endroits causent un problème environnemental sérieux : les métaux lourds comme le plomb ou le mercure qu’ils contiennent contaminent l’environnement. De plus en plus de groupes de pression tels que le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets élèvent leur voix pour exiger une réglementation plus sévère quant à la récupération des déchets électroniques.

Quand Internet rend malade

Actualité

Quand Internet rend malade

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Les premiers articles scientifiques sur la cyberdépendance ont été publiés vers le milieu des années 1990. Le phénomène commençait à émerger, mais il était encore marginal, anecdotique. « Il y a 20 ans, il fallait aller au web. Aujourd’hui, c’est le web qui vient à nous », image la psychologue Marie-Anne Sergerie.

« Avant, l’accès à l’Internet était moins facile. Il fallait aller sur un ordinateur et même l’ordinateur portable devait être connecté à un fil réseau. Le wifi n’existait pas. Aujourd’hui, l’internet est facilement accessible. On peut l’avoir dans notre téléphone, directement dans notre poche », résume la psychologue de la région de Laval qui s’intéresse aux aspects psychologiques et sociaux d’Internet depuis plus d’une vingtaine d’années. Elle vient aussi de publier un livre sur le sujet.

Rappelons quelques dates. Internet est arrivé tranquillement dans les maisons à partir de 1990 et le courriel s’est répandu à partir de 1998. Le premier réseau social, Facebook, est né en 2004.

Mais le véritable virage s’est produit lors de l’arrivée sur le marché du premier iPhone en 2007. Les premiers téléphones intelligents ont été suivis trois ans plus tard par le déferlement des iPad (et autres tablettes) sur le marché.

C’est donc au tournant de 2010 qu’Internet est devenu facilement accessible.

 « Ce qu’il faut comprendre, c’est que 20 ans, ce n’est pas beaucoup de recul pour bien comprendre un outil aussi puissant qu’Internet », soutient la psychologue Magali Dufour, professeure à l’Université du Québec à Montréal, professeure associée à l’Université de Sherbrooke et spécialiste de la dépendance.

Et c’est ainsi que, depuis deux décennies, la cyberdépendance s’est répandue comme une traînée de poudre.

Mais d’abord, qu’est-ce que la cyberdépendance? Précisons qu’il ne s’agit pas (encore) d’un diagnostic officiel. « Il faut voir ça sur un continuum. C’est une zone très grise. La cyberdépendance fait partie des diagnostics à l’essai dans le DSM-V [Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders], mais le DSM a fait le choix de se concentrer sur les jeux en ligne. Ici au Québec, on a fait le choix d’utiliser la dépendance à Internet de façon plus large plutôt que de choisir une seule application comme les jeux en ligne », mentionne Magali Dufour.

Perte de contrôle

Comment fait-on la distinction entre une utilisation normale de la technologie et une dépendance nocive?

« Comme dans tous les diagnostics, il faut qu’il y ait plus qu’un critère. Il faut qu’on retrouve une perte de contrôle. L’utilisation d’Internet devient une obsession, la vie tourne autour de l’objet. Il faut aussi des conséquences significatives aussi, pour soi ou pour son environnement. Le temps n’est pas tout. Par exemple si on a six heures de temps de loisir par jour et qu’on joue en ligne pendant six heures, alors il n’y a pas de conséquences. On est certainement à risque, mais si on réussit à travailler, à faire ses devoirs, à faire son hygiène personnelle, alors ça va toujours. Dans la cyberdépendance, on voit qu’au moins un de ces secteurs est délaissé au détriment du temps passé en ligne », mentionne Mme Dufour.

La cyberdépendance provoque aussi un état de manque dès qu’on met fin à son usage, même pour une courte période — le temps d’aller se doucher ou d’aller manger avec le reste de sa famille, par exemple. « La privation amène des sensations désagréables, par exemple la tristesse, l’anxiété, l’irritabilité, la colère ou l’ennui », explique la psychologue Marie-Anne Sergerie.

« Souvent, on va voir des gens qui ne dorment presque plus, qui ne sortent plus de leur chambre, qui sautent des repas, qui ne veulent plus aller voir leurs amis… Certains vont même négliger leur hygiène personnelle », ajoute Mme Sergerie.

Alors voilà. Quand sa passion pour le web devient trop forte, quand son utilisation nous inquiète, quel est le premier pas à franchir pour retrouver un équilibre?

Marie-Anne Sergerie suggère de commencer par une auto-observation des symptômes. « Je me connecte quand? À quel moment? Je me sens comment quand je me connecte? Là ensuite, on peut aller plus loin pour voir s’il y a un sentiment de détresse qui se cache derrière ça, pour voir quelle est la problématique qui se cacher derrière son usage de la technologie », indique-t-elle.

Il existe une panoplie de trucs, parfois tout simples, pour aider les gens à décrocher. On en retrouve notamment plusieurs sur le site internet de l’initiative Pause ton écran (www.pausetonecran.com/).

« Être conscient de notre consommation, c’est déjà un bon début. Ensuite, on pourrait prendre des pauses d’écran, par exemple une heure avant de se coucher ou le dimanche après-midi… Parfois, se faire un contrat avec soi-même, c’est déjà suffisant », mentionne la professeure et psychologue Magali Dufour.

Trois grandes avancées en intelligence artificielle

Actualités

Trois grandes avancées en intelligence artificielle

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
En 1997, l’ordinateur Deep Blue bat le champion du monde d’échec Garry Kasparov, devenant ainsi la première machine à battre l’humain. Ce moment s’avère marquant puisqu’il a donné un second souffle à l’intelligence artificielle, qui n’a pas arrêté de progresser depuis. Et 23 ans plus tard, les ordinateurs peuvent faire bien plus que de jouer aux échecs.

Des robots qui parlent ou même qui écrivent, des logiciels qui gèrent un inventaire dans une usine, des voitures qui se conduisent elles-mêmes, l’outil recommandation sur Amazon ou Netflix, la domotique ou même le système de reconnaissance facial sur Facebook sont tous des exemples utilisant l’intelligence artificielle de nos jours.

Présente à peu près partout, l’intelligence artificielle est plutôt simple à comprendre. Comment est-ce qu’un ordinateur peut apprendre à jouer aux échecs, gérer un inventaire ou reconnaître une personne sur une photo? La réponse est simple : de la même façon que l’être humain.

« L’humain emmagasine l’information dans son cerveau, explique Jean-Sébastien Dessureault, fondateur de la Cellule d’expertise en robotique et intelligence artificielle rattachée au Cégep de Trois-Rivières. Si on lui montre une photo d’une personne une fois, ça se peut qu’il ne la reconnaisse pas tout de suite sur une autre photo, mais si on lui montre 1000 fois une photo de la même personne, il va se faire une tête et il sera capable de la reconnaître dans n’importe quelles circonstances. »

C’est le même principe avec le réseau de neurones artificiel d’une intelligence artificielle. 

« Plus on fait vivre des expériences à un réseau de neurones, plus l’ordinateur sera compétent à effectuer une certaine tâche, que ce soit, par exemple, reconnaître un visage ou des objets dans une photo, ajoute celui qui poursuit un doctorat en génie électrique à l’UQTR. C’est possible pour un ordinateur d’apprendre sur la base d’expériences antérieures. Plus la donnée est complexe, plus il faut lui faire vivre des expériences. »

Faut-il avoir peur de l’intelligence artificielle ?

Actualités

Faut-il avoir peur de l’intelligence artificielle ?

Simon Roberge, Initiative de journalisme local
Simon Roberge, Initiative de journalisme local
La Tribune
Skynet qui pourchasse les derniers survivants de l’espèce humaine et qui envoie des robots dans le passé dans Terminator ou les machines dans La Matrice qui utilisent l’être humain comme des batteries : l’intelligence artificielle (IA) est souvent à l’origine de scénarios catastrophes dans les œuvres de science-fiction. Mais doit-on vraiment avoir peur de l’évolution de l’IA?

« Il ne faut pas avoir peur, mais il faut être prudent, lance Jean-Sébastien Dessureault, spécialiste en IA. Il n’y a pas de scénarios catastrophes imminents. Et même dans ces scénarios catastrophes, on ne parle pas de Terminator, qui est un scénario extrême. En ce moment, nos intelligences artificielles peinent à distinguer un chien d’un chat. »

Pour M. Dessureault, la meilleure représentation de l’IA au cinéma s’est fait dans le film Her mettant en scène Joaquin Phoenix, Amy Adams et Scarlett Johansson.

« C’est un peu plus réaliste, souligne-t-il. On pourrait imaginer Siri ou Alexa de cette façon dans 50 ans. Je ne dis pas que ça va arriver, mais ça a beaucoup plus de chance d’arriver que Terminator. »

Faible vs forte

Pour l’instant, le développement de l’IA en est encore au stade « faible », c’est-à-dire un stade spécialisé.

« Une machine peut jouer aux échecs ou conduire une automobile ou avoir une conversation, explique M. Dussureault. Elle peut faire ça, mais seulement ça. On ne va pas demander à l’IA de jouer une partie d’échecs et de conduire une automobile. Ça ne fonctionne pas. »

C’est tout le contraire de l’humain qui peut mener à bien plusieurs tâches différentes et même s’adapter en temps réel à une situation inconnue. 

« Quand on sera rendu là, ce sera une IA "forte", indique M. Dessurreault. C’est un peu le saint Graal de l’intelligence artificielle. On a quelques pistes, mais on n’est pas si proche que ça. »

Pour M. Dussereault le futur de l’intelligence artificielle passe toutefois par la collaboration 

avec d’autres disciplines.

« L’intelligence artificielle va venir prêter main-forte à d’autres techniques dans d’autres domaines comme en bio-ingénierie avec les prothèses. Ça servira aussi en administration ou en bio-informatique où on analyse le génome humain. »

Déclaration de Montréal

Comme avec toute technologie, des risques sont présents. La déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’intelligence artificielle vient ainsi mettre certaines balises quant au développement de l’IA.

Cette déclaration énonce 10 principes fondamentaux du développement de l’IA dans les prochaines années. La protection de la vie privée, l’inclusion de la diversité, la protection des principes démocratiques et le développement soutenables vont partie de ces principes.

« C’est pour assurer que l’humain demeure au centre des développements en IA », résume Jean-Sébastien Dussereault.

La techno, à consommer avec modération pour les petits

Actualités

La techno, à consommer avec modération pour les petits

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Le grand-père de Joël Monzée le récompensait d’une once de bière quand il faisait une belle sieste quand il était enfant. C’était au milieu des années 1970. L’anecdote fait sursauter aujourd’hui. Mais à l’époque, c’était normal. « On ne savait pas encore à l’époque que l’alcool était dommageable pour les enfants. Aujourd’hui, aucun grand-père ne ferait ça », soutient en riant le docteur en neurosciences Joël Monzée.

Le neuropsychologue utilise cette anecdote pour comparer avec un autre phénomène qui est très mal compris actuellement alors qu’il est pourtant abondamment utilisé dans nos vies : l’impact de l’utilisation des écrans sur le développement des enfants.

M. Monzée poursuit avec un autre exemple : le film Jaws (Les dents de la mer), sorti en 1975, était si peu réaliste qu’il ne faisait pas bien peur. Avant l’apparition du requin, on entendait même une petite musique qui laissait présager son arrivée. « Les trucages qui étaient disponibles à l’époque étaient terribles! Aujourd’hui, c’est tellement puissant que c’est difficile de faire la différence entre le réel et l’irréel, surtout pour le cerveau des enfants qui ne sont pas encore matures », indique-t-il.

« Selon des études, trois minutes de Pat’Patrouille ou de Bob l’éponge le matin avant de partir à l’école suffiraient pour perturber le comportement des enfants durant la journée en raison de la perturbation du système nerveux que ça leur apporte », se désole-t-il.

La modération a bien meilleur goût en ce qui concerne les écrans, des petits aux plus grands.

« De zéro à trois ans, ça doit être aucun temps d’écran. On doit retarder l’introduction du temps d’écran le plus possible. Ensuite, pour tout le monde, il faut viser de cinq à sept heures de temps d’écran de loisirs par semaine, au maximum », insiste M. Monzée.

« La suite, c’est sensibilisation, sensibilisation et encore sensibilisation. Comme on l’a fait avec le pot, l’alcool, la vitesse au volant et les autres problèmes de société. Il va falloir que le gouvernement présente les conséquences aux gens et les sensibilise sur les impacts », insiste Joël Monzée.

Le gouvernement du Québec a lancé un Forum sur l’utilisation des écrans et la santé des jeunes en février dernier en reconnaissant que l’exposition des jeunes aux écrans de toutes sortes aura des effets sur plusieurs aspects de leur santé psychologique et physique. En raison de la pandémie, les travaux sont toujours suspendus.