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Aux yeux, écrit Marcel Perron, «un seul mot banni se retrouvant dans une œuvre, fut-elle classique, suffit pour demander le retrait de cet outil pédagogique et condamner le professeur qui a osé l’utiliser».
Aux yeux, écrit Marcel Perron, «un seul mot banni se retrouvant dans une œuvre, fut-elle classique, suffit pour demander le retrait de cet outil pédagogique et condamner le professeur qui a osé l’utiliser».

Woh, les wokes!

Marcel Perron
Marcel Perron
Neuville
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POINT DE VUE / Face au déferlement des interventions répétées des wokes qui défient allègrement des professeurs universitaires dans leur autonomie professionnelle, les recteurs des universités privées et publiques devraient se concerter afin que leurs établissements redeviennent un lieu de débats et non de censure et, pire encore, d’autocensure.

La situation a atteint un tel niveau de dérapage que la ministre de l’Enseignement supérieur a manifesté son intention de poser des gestes pour sonner la fin de la récréation de ces déviances qui mettent en péril la liberté pédagogique universitaire.

Ces wokes, tels des commandos idéologiques, désirent imposer leur vision touchant le choix par les professeurs des œuvres littéraires, philosophiques ou autres qui contiennent des mots ou expressions heurtant leurs sensibilités dogmatiques. À leurs yeux, un seul mot banni se retrouvant dans une œuvre, fut-elle classique, suffit pour demander le retrait de cet outil pédagogique et condamner le professeur qui a osé l’utiliser. Le processus est expéditif et efficace; en quelques lignes sur les réseaux sociaux la condamnation est officielle, surtout lorsqu’elle est entérinée par un recteur d’université qui, au lieu de défendre son personnel, épouse aveuglément ces dérives intellectuelles.

Ce mouvement woke dont les adeptes se prétendent éveillés pour défendre tout groupe minoritaire, n’est-il pas en train de nous endormir en imposant un point de vue sectaire qui, dans ses manifestations, vogue davantage sur l’émotion que sur la raison?

Si de telles aberrations sont possibles, c’est que nos universités souvent sous-financées se voient dans l’obligation de faire du clientélisme dans leurs établissements devenus des centres commerciaux du savoir où le client a trop souvent raison.

Souhaitons le retour des débats universitaires dans un climat intellectuel sain où les échanges de points de vue différents font grandir l’humain au lieu de le rapetisser dans son ignorance.