Well inc. : signer le registre pour ramener la transparence

Le dossier Well inc. est né dans le secret du bureau du maire de l’époque, Bernard Sévigny. Il a été présenté aux élus en même temps qu’à la population. L’avenue à emprunter pour le réaliser, soit l’achat de bâtiments par la Ville, a été également déterminée en catimini, loin de la table du conseil. Puis est arrivé le consortium avec l’entente d’exclusivité et encore plus de secrets, plusieurs élus étant tenus à l’écart, le citoyen aussi.

Well inc. sera LE projet de la prochaine décennie. La réalisation du Quartier général exigera des ressources importantes de la Ville, soit 26 millions $. Peu de projets municipaux ont cette ampleur.

Pourrait-on ramener de la transparence dans ce dossier et prendre le temps de bien faire les choses? Sommes-nous si pressés qu’on veut risquer de rater la revitalisation de ce secteur? S’est-on assuré que la taille du projet répond vraiment aux besoins de la Ville? Comment garantir un projet à un coût raisonnable pour le citoyen quand on exclut la concurrence? D’ailleurs, comment la Ville peut-elle accorder de gré à gré des contrats aussi importants? Va-t-on se faire rouler dans la farine?

C’est un geste pour plus de transparence et de meilleures chances de réussite que les citoyens font en allant signer le registre cette semaine à l’hôtel de ville entre 9 h et 19 h. Ce n’est pas un vote contre la revitalisation de la rue Wellington Sud.

Le nouveau maire avait promis un moratoire sur le projet. Il a plutôt choisi de prolonger la période d’exclusivité du consortium. Est-ce un signe que la Ville a le bras dans le tordeur et qu’elle ne peut plus se retirer de l’entente sans coûts?

Stephen Jarislowsky, prospère homme d’affaires et philanthrope québécois, a dit qu’il n’investit pas dans ce qu’il ne comprend pas, ce qui lui a évité de laisser des plumes dans la crise des papiers commerciaux en 2007. 

Je ne comprends pas le projet de Well inc. rattaché au règlement d’emprunt. Je vais donc aller signer le registre. Je vous encourage à le faire.

Le conseil saura alors qu’il doit respecter les citoyens, être plus transparent et garder les choses simples pour une compréhension commune. Lors de la dernière élection, les citoyens ont dit clairement qu’ils en avaient assez des anciennes façons de faire. Rappelons-le à nos élus : signons le registre.

Hélène Dauphinais, Sherbrooke

(NDLR: Hélène Dauphinais a été conseillère municipale à Sherbrooke de 2013 à 2017.)