Valeurs: il faut faire des choix

Dimanche soir aux nouvelles j'entendais un reportage sur la manifestation tenue à Montréal contre la Charte des valeurs québécoises. Deux dames portant le voile disaient qu'elles en sont rendues à ne plus vouloir vivre au Québec à cause de cette situation. Et bien je me dis qu'elles ont encore le choix de retourner dans leurs pays si nos valeurs ne répondent pas aux leurs.
J'ai vécu 13 ans au Liban par intervalle, entre 1966 et 1986. En 1966, je ne portais pas de shorts sauf à la plage. Pour aller à l'église, je ne portais pas de robe sans manches et je couvrais ma tête, tout cela par respect des valeurs dans ce pays. Nous respections les fêtes qui étaient célébrées et les journées de célébrations. On n'a pas instauré la fête du 24 juin pour accommoder ni intégrer les autres Québécois qui comme moi y vivaient.
J'y ai vécu les années de paix, les années de guerre civile et à la fin, la montée de l'Islam. À un moment donné j'ai réalisé que ce pays, si beau soit-il, ne correspondait plus aux valeurs que je voulais donner à mes enfants et à celles que je voulais vivre, d'autant plus que, dans la région de Saïda où nous vivions, nous assistions progressivement à la montée de l'Islam intégriste. Je suis donc revenue au Québec avec mes fils tandis que ma fille choisissait d'y rester.
Au début des années 2000, mon fils aîné et moi y sommes retournés visiter la famille et cette visite a encore plus confirmé que nous avions fait le bon choix. Nous n'avions plus notre place dans ce pays, les valeurs ne correspondaient plus aux nôtres.
Je crois qu'il doit en être ainsi quand on dit qu'on se respecte. Il faut savoir choisir le lieu où les valeurs correspondent aux nôtres et non décider de changer le milieu qui nous accueille. Cela prend du courage de refaire des choix, mais cela relève du respect de soi et des autres et implique de sacrifier certaines choses. On ne peut pas tout avoir dans la vie!
Claudette Larrivée Ghanem
Sherbrooke