Selon l'auteur, Sherbrooke conserve précieusement son modèle urbanistique sorti tout droit des années 80, modèle fait de grandes surfaces en périphérie, de dépendance à l’automobile et de boulevards.
Selon l'auteur, Sherbrooke conserve précieusement son modèle urbanistique sorti tout droit des années 80, modèle fait de grandes surfaces en périphérie, de dépendance à l’automobile et de boulevards.

Urbanisme : le bonnet d’âne à Sherbrooke

Point de vue
Point de vue
La Tribune
Congestion monstre sur le plateau Saint-Joseph, aux limites du périmètre urbain : voilà le résultat de plusieurs années de courte vue et d’incohérence en matière d’urbanisme à Sherbrooke. On ne s’en étonnera pas. Il s’agit de la même ville qui autorise un développement résidentiel, chemin Rhéaume, aux franges d’un milieu écologique exceptionnel. Mais rassurez-vous! Pendant ce temps, nos élus réfléchissent très, très fort à leur Plan nature et à des actions au profit de l’environnement…

La réponse du maire Lussier? Plus d’asphalte encore. Il faudrait donc doubler les boulevards du secteur. Malheureusement, il est connu et même archi connu que chaque surcroît d’infrastructures routières amène encore plus de trafic, sans parler d’une autre belle contribution à nos émissions de GES. Que les citoyens du secteur se le tiennent pour dit. 

Ainsi, alors que la lutte aux changements climatiques revêt une urgence absolue, Sherbrooke conserve précieusement son modèle urbanistique sorti tout droit des années 80, modèle fait de grandes surfaces en périphérie, de dépendance à l’automobile et de boulevards. Nos élus et hauts fonctionnaires regardent-ils les actualités? Leur dur labeur à propos du Plan nature ne leur en laisse peut-être pas le temps.

C’est cette même ville qui compte contraindre ses citoyens à respecter des bandes riveraines pour protéger les plans d’eau. C’est cette même ville qui a trahi son schéma d’aménagement pour installer tous ces postes d’essence au plateau Saint-Joseph. Son autorité morale, en matière d’environnement, est nulle.

La réponse du maire Lussier? Onze millions d’argent public, en asphalte. Il y a lieu de s’interroger : à qui profitera réellement cet investissement? Aux résidents d’un secteur encore plus encombré et pollué? À nos commerces locaux déjà affectés par la pandémie et la compétition des bannières internationales? Aux générations futures?

Promoteurs et grandes surfaces ont de quoi se réjouir. À Sherbrooke, on ne se contente pas de commettre des erreurs urbanistiques monumentales : on est prêts à payer pour leur donner encore plus d’ampleur.

Thierry Nootens
Sherbrooke