Une solution à privilégier

ÉDITORIAL / On dit qu’il faut penser globalement et agir localement.

C’est ce qu’ont fait les 20 maires de la MRC du Granit en approuvant à l’unanimité un nouveau tracé pour la future voie de contournement ferroviaire qui aura moins d’impact pour les citoyens et le développement futur du territoire.

Il faut saluer le travail des élus, et particulièrement celui des maires des municipalités de Nantes, Frontenac et Lac-Mégantic, Jacques Breton, Gaby Gendron et Julie Morin, qui ont présenté le nouveau tracé avec, en tête, une meilleure acceptabilité sociale.

Une résolution officielle a été transmise au ministre fédéral des Transports, Marc Garneau.

Il s’agit là d’un « compromis acceptable », au dire du maire de Frontenac, Gaby Gendron, qui souligne que les élus ont consulté et été guidés par les citoyens.

Grosso modo, le nouveau tracé proposé longerait le trait-carré des terres sur le territoire de Frontenac, au lieu de les couper en deux, et contournerait l’emplacement d’un futur développement domiciliaire à Nantes.

Depuis la tragédie ferroviaire du 6 juillet 2013, qui avait fait 47 morts et détruit une bonne partie du centre-ville de Lac-Mégantic, le projet de voie de contournement a été une véritable saga, d’abord pour obtenir l’appui et l’aide financière des gouvernements provincial et fédéral, puis pour identifier un tracé acceptable.

Le tracé actuellement privilégié par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) soulève l’opposition notamment à Frontenac, qui ne veut pas voir la future voie ferrée scinder des terres agricoles et forestières, et à Nantes, qui craint de perdre des terrains voués au développement résidentiel.

Le projet est complexe puisqu’il implique l’achat de terrains et des expropriations, l’accord de la Commission de protection du territoire agricole, une étude d’impact et des travaux d’ingénierie, sans compter que Québec, Ottawa et le Central Maine & Quebec Railway ont leur mot à dire.

Mais avec la proposition des élus du Granit, la balle est maintenant dans le camp d’Ottawa.

Il est impératif que le ministre Garneau porte attention à ce nouveau tracé et respecte le compromis auquel sont arrivés les 20 maires.

Ottawa ne peut ignorer qu’il s’agit là d’une solution qui émane du milieu et qui semble bénéficier d’une acceptabilité sociale.

L’enjeu est extrêmement sérieux pour la population puisque le futur chemin de fer sera là pour des décennies à venir.

La population de Lac-Mégantic doit pouvoir retrouver la paix d’esprit après le traumatisme collectif de juillet 2013.

À quelques jours du cinquième anniversaire du déraillement du convoi pétrolier de la Montreal, Maine & Atlantic, il faut rappeler que les enquêtes de santé populationnelle réalisées au cours des dernières années par la Direction de la santé publique de l’Estrie ont démontré que la population méganticoise souffre encore des séquelles de cette tragédie, notamment des manifestations de stress post-traumatique et de la détresse psychologique.

Outre la question du développement futur de la MRC du Granit, la voie de contournement fait partie du processus de guérison de la population.

Ottawa doit dire oui à la proposition des élus locaux.

Correctif 

Par ailleurs, une erreur s’est glissée dans l’éditorial du 22 juin intitulé « Se gouverner », signé par Denis Dufresne, au sujet de Sherbrooke Innopole. Contrairement à ce qui a été écrit, la vérificatrice générale de la Ville de Sherbrooke, Andrée Cossette, n’a pas recommandé la mise en place d’indicateurs de performance et que soient précisé les balises en cas de conflit d’intérêts. Dans les faits, Sherbrooke Innopole dispose d’un code d’éthique qui s’applique aux employés, administrateurs, dirigeants, membres des comités et sous-traitants qui traite de ces questions. Nos excuses.