Une situation d'inquiétude pour les CHSLD privés au Québec

POINT DE VUE / Est-ce qu’un aîné qui réside en CHSLD privé a la même valeur aux yeux du gouvernement que celui qui est hébergé en CHSLD public?

C’est la question que nous nous posons tous actuellement. 

Au Québec, 4000 places d’hébergement pour les personnes aînées sont actuellement offertes en CHSLD privés. Ces établissements sont des partenaires du gouvernement puisque plus de 70 % de ces places sont achetées par le réseau public de la santé. 

Or, un CHSLD privé reçoit en moyenne pour un résident, 36 000 $ de moins par année pour une place d’hébergement achetée par le gouvernement, comparativement à un CHSLD public, et ce, alors que les exigences en termes de soins et de services sont les mêmes pour tous les types d’établissements.

Cette situation d’iniquité de financement, qui persiste depuis des années notamment entre les CHSLD publics et privés, est devenue critique et a des conséquences néfastes sur le maintien des conditions de vie des personnes aînées.

Nous nous préoccupons aussi grandement du bien-être de nos employés qui font un travail difficile.

Toutefois, compte tenu de la pénurie de main-d’œuvre qui frappe durement notre secteur de la santé et des négociations qui sont en cours dans le réseau public, il est de plus en plus difficile de réussir à attirer et fidéliser le personnel nécessaire pour répondre aux besoins de nos aînés. À l’heure actuelle, le salaire moyen de base à l’embauche d’un préposé aux bénéficiaires est de plus de 20 $/h en CHSLD public, et seulement de 13 $/h en CHSLD privé. Avec l’augmentation imminente des salaires des préposés aux bénéficiaires œuvrant dans le secteur public, cet écart salarial ne fera qu’augmenter davantage (...)

À titre de propriétaires de CHSLD privés non conventionnés au Québec, nous sommes soucieux d’offrir des services de qualité et d’assurer la sécurité de nos aînés, et ce, dans le plus grand respect des normes en vigueur. Nous travaillons chaque jour de manière continue avec nos partenaires dans le réseau de la 

santé pour rendre nos milieux de vie plus agréables pour les aînés que nous hébergeons.

La difficulté à recruter et à conserver nos employés met à risque la qualité des soins et des services que nous offrons. Malgré les promesses du gouvernement, les investissements se font toujours attendre, et ce, même si le dernier budget provincial prévoyait un investissement de 30 M$ pour combler l’écart entre les établissements privés et publics.

Le gouvernement doit maintenant passer de la parole aux actes (...)

Nos aînés hébergés dans les CHSLD privés méritent d’avoir accès au même niveau de soins et de services que ceux hébergés dans les CHSLD publics. 


Michel Nardella
Président de l’Association 
des établissements de longue durée privés du Québec