Une préférence

ÉDITORIAL / Au terme d’une vraie bataille, les Sherbrookois choisissent, dans quelques jours, à qui ils confient les clés de l’hôtel de ville pour les quatre prochaines années.

Les cinq candidats à la mairie ont eu de nombreuses occasions de se faire connaître et d’exprimer leurs priorités. Ils ont participé à plusieurs débats. Les électeurs ont été bien informés.

Le maire sortant, Bernard Sévigny, est au cœur d’une lutte à trois. Le banquier et homme d’affaires Steve Lussier a eu l’audace de se lancer dans la course comme indépendant et sans aucune expérience en politique. Il faut saluer sa détermination, mais cela n’est pas suffisant.

Steve Lussier doit partager le vote d’opposition à Bernard Sévigny avec Hélène Pigot, candidate du parti Sherbrooke Citoyen. Cette nouvelle formation a démontré une grande vigueur et une belle originalité dans ses engagements, mais avec un discours trop campé à gauche. 

Des ajustements sont nécessaires et viendront sans doute avec quelques années d’expérience.

Dès la fin des mises en candidature, nous avions écrit que le maire sortant bénéficiait d’un avantage évident avec le partage dans différents camps du vote de mécontentement. Cela est encore vrai à quelques jours du vote. Par contre, la démocratie est très bien servie avec l’expression de points de vue très différents.

À ce moment-ci de la campagne, comme par le passé, nous exprimons une préférence. Bernard Sévigny mérite un troisième mandat. Il est très expérimenté et demeure accessible en dépit de ses responsabilités à la tête de l’Union des municipalités du Québec. S’il a été choisi pour représenter toutes les villes du Québec, peut-on avancer, sans se tromper, qu’il représente bien sa propre ville?

Il est une valeur sûre à la tête de la Ville de Sherbrooke concernant le contrôle des dépenses, en dépit des défis budgétaires importants. Le Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal vient de dévoiler que Sherbrooke a réalisé un contrôle serré des dépenses municipales au cours des quatre dernières années. La Ville dépense 29 $ de moins par habitant en 2016 par rapport à 2013. Sherbrooke est au premier rang des villes de 100 000 habitants et plus.

Bernard Sévigny a lancé, bien avant la campagne électorale, son plus important engagement : le fameux projet Well inc. Il est le premier à proposer un projet de grande envergure pour revitaliser la rue Wellington Sud, tout en stimulant le développement économique. Même si une grande vigilance s’impose quant au partage des coûts avec le privé et les modalités pour concrétiser ce dossier, on doit saluer l’initiative.

Pendant le dernier mois de la campagne, il n’a pas senti le besoin de faire de grandes promesses, du moins à ce jour. Il a mené une campagne prudente et pris souvent des engagements sectoriels s’inscrivant dans la continuité des opérations municipales.  

Pour la suite des choses, s’il est élu dimanche, Bernard Sévigny devra  prendre acte des messages qu’il a reçus pendant la campagne pour améliorer le fonctionnement du conseil municipal et les processus de consultation. On s’attend à encore mieux au niveau de la stimulation de l’économie locale.

Par ailleurs, dimanche soir, le Renouveau sherbrookois obtiendra-t-il enfin la majorité tant espérée à son troisième essai? Est-ce que les indépendants vont se faufiler dans plusieurs districts entre les deux partis? Qui gagnera la bataille de Rock Forest entre Bruno Vachon (Renouveau sherbrookois) et Annie Godbout (indépendante). Enfin, est-ce que Sherbrooke Citoyen réussira à avoir une ou plusieurs voix autour de la table des 14 élus? Nous lui souhaitons de faire élire au moins un représentant.

Plusieurs autres élections très intéressantes se déroulent dans la région, notamment à Magog, Coaticook et Lac-Mégantic. Les villes et les municipalités sont responsables de nombreux services utilisés par les citoyens dans la vie de tous les jours. Aux quatre ans, il est primordial de prendre quelques minutes pour participer au scrutin.