Bernard Sévigny

Une politique de sourds

La séance du conseil municipal du 20 janvier aura mis en lumière un constat assez flagrant : les citoyens opposés ou ambivalents face à la réforme de gouvernance du maire Bernard Sévigny, tout comme ce dernier, ne parlent tout simplement pas de la même chose.
Pour M. Sévigny, cette réforme est un projet politique qui touche essentiellement la gestion de la Ville, plus spécifiquement la gestion économique. La prémisse du maire n'est pas de réparer quelque chose qui ne fonctionne pas dans l'appareil politique sherbrookois, mais plutôt de proposer un modèle qui coûterait théoriquement moins cher aux citoyens et qui, toujours théoriquement, donnerait un exemple incitatif aux fonctionnaires. Le but avoué et recherché est de sauver de l'argent.
Pour les citoyens, il s'agit plutôt d'une atteinte directe au concept de démocratie municipale et au principe de représentation. Sauver de l'argent est toujours souhaitable, mais pas à n'importe quel prix.
De là surgissent les accrochages quand il est question du processus de consultation. Pour le maire, puisqu'il s'agit de gestion quasi interne, cette consultation est plus ou moins pertinente, surtout si elle demande un débours significatif (comme des audiences publiques ou un référendum), ce qui irait à l'encontre de la logique même de cet exercice budgétaire. Pour les citoyens, puisqu'il en va du fonctionnement démocratique de la cité, une consultation publique d'envergure demeure primordiale et devrait pouvoir influencer la suite des choses.
Les prochaines semaines serviront à expliquer et idéalement à bonifier ce projet de réforme. Il faudra cependant que Bernard Sévigny fasse preuve de flexibilité et de leadership et comprenne la vision des citoyens qui s'exprimeront. Sinon, il s'agira d'un vrai dialogue de sourds. Cela dit, n'est-il pas lui-même le produit d'une démocratie municipale vivante?
Vincent Beaucher
Sherbrookois