Une juste part pour la culture dans le budget provincial de fin de mandat

Si on en croit les rumeurs à ce jour, il semble que le présent et dernier budget Leitão avant les élections provinciales de l’automne prochain, en soit un dédié à la culture. Sur plusieurs plateformes et tribunes médiatiques, c’est ce que laissent entendre les analystes qui, à cet égard, se font rassurants pour ce vecteur économique névralgique.

Cette nouvelle, en espérant qu’elle se concrétise, viendra ourdir les goussets des organismes et des artistes qui ont fonctionné à la dure depuis le plan de redressement du gouvernement Charest, de 2009 à 2013, plan poursuivi par les péquistes en raison d’une conjoncture économique anémique, puis par une autre intensification de l’austérité libérale, de 2014 à 2015, en vue d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2016.

Parent pauvre ou enfant mal aimé, parce que considéré trop souvent comme un luxe ou un divertissement, comme un loisir plutôt qu’une profession, comme une dépense plutôt qu’un investissement, la culture a fait les frais depuis une décennie de saignées qui ont fragilisé la mission de nombreuses organisations dans le domaine.

Le passage de trois ministres à la culture en quatre ans, Hélène David, de 2014 à 2016, Luc Fortin, de 2016-2017, et Marie Montpetit, depuis octobre 2017, n’a certes pas favorisé le plein potentiel de cet écosystème qui regroupe non seulement les créateurs de toutes les disciplines, mais l’ensemble des compagnies, diffuseurs, producteurs, gestionnaires et travailleurs culturels sur le territoire.

À la veille de déposer le très attendu plan d’action de la politique culturelle, mise à niveau depuis 1992, nous sommes confiants de l’impulsion que peuvent susciter les tendances du budget provincial en matière de développement culturel au Québec.

Après plusieurs mois de vaches maigres, plusieurs jours de consultations dans toutes les régions du Québec, plus de 450 mémoires pour étayer le vaste chantier de la culture au Québec et un forum au cours duquel se sont exprimés les représentants des grandes institutions du secteur, les attentes sont aujourd’hui moins disproportionnées que légitimes.

La coalition La Culture, le cœur du Québec, qui a tenu un rassemblement le 14 février sur la colline Parlementaire, souhaite ainsi que la part du budget investie en culture passe au double, soit de 1,1 % à 2 % sur trois ans. En guise de rattrapage, les efforts de 1 milliard $ supplémentaires à consentir demandent un certain courage politique, mais sans doute lèvera-t-il de leur dormance les organismes et les créateurs qui font au pays et en région notre fierté et notre identité.

Sylvie L. Bergeron
Présidente du Conseil de la culture de l’Estrie