Une invasion surnoise et difficile à combattre

J’ai lu un article de La Tribune concernant l’arrivée de l’agrile du frêne à Sherbrooke et j’aimerais partager mon expérience sur cette invasion sournoise.

Je vis à Aylmer (aujourd’hui Gatineau) en Outaouais. J’avais deux frênes sur ma propriété : un frêne Pathmore (hybride qui ne produit pas de graines) mesurant environ 11 pouces de diamètre et un frêne américain mesurant environ 8 pouces de diamètre. Les deux arbres mesuraient entre 50 et 60 pieds de hauteur. Les deux arbres ont été traités pour la première fois en 2012 par le Bio-Horticentre Meristeme qui détient la licence pour le produit utilisé. Un second traitement fut donné en 2014 puis, à la suggestion de la compagnie, un troisième traitement en 2015. En donnant le troisième traitement un an seulement après le second, les chances de succès étaient meilleures, dixit le vendeur. Le coût de chaque traitement était d’environ 600 dollars pour les deux arbres.

En 2016, les deux arbres ont commencé à donner des signes de dépérissement typiques aux attaques de l’agrile : certaines branches dans le haut des arbres sont mortes. L’inspecteur de la ville est venu et a délivré un permis sans hésitation. Les deux arbres ont été abattus en juin de cette année et on pouvait voir facilement sous l’écorce les chemins faits par l’agrile dans l’aubier, c’est-à-dire, la partie où circule la sève. Ce sont ces canaux faits dans l’aubier par l’agrile qui empêchent la circulation de la sève et causent la mort graduelle de l’arbre. L’abattage des deux arbres a coûté environ 1500 dollars.

Les avis que j’ai entendus dans le milieu sont que le traitement est presque sans effet et tout au plus, ne prolonge la vie des arbres que de quelques années. Je circule régulièrement sur la piste cyclable qui relie Aylmer à Hull. Cette piste longe la rivière des Outaouais et est située dans un boisé sur presque toute sa longueur. Les frênes constituent une fraction importante de ce boisé et aujourd’hui, ils sont presque tous morts; les autres sont mourants. Spectacle désolant!

Je vous souhaite un meilleur succès dans la lutte contre l’agrile.

Bertrand Southière, Aylmer