Une formation de qualité à la hauteur des besoins en santé

MM. Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux Sébastien Proulx, ministre de l'ÉducationFrançois Blais, ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale
Afin de contrer la pénurie de personnel dans le milieu de la santé, les établissements de santé aux quatre coins du Québec se substituent à l'école en choisissant d'offrir des formations accélérées de préposés aux bénéficiaires. Pour la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), cette décision irresponsable rime avec déqualification et dévalorisation.
Dans la Capitale-Nationale, on parle d'une formation accélérée de cinq semaines, plutôt que des 25 semaines qu'exige la formation menant au diplôme d'études professionnelles (DEP), un diplôme d'État reconnu. C'est cinq fois moins de temps de formation, c'est cinq fois moins de qualité, c'est cinq fois moins d'acquis. (...)
Pourtant, la formation menant au DEP a été développée par le ministère de l'Éducation en collaboration avec le ministère de la Santé et des Services sociaux. Elle est offerte par du personnel enseignant qualifié issu du milieu de la santé, donc doublement qualifié.
(...) Nous demandons que les programmes de formation professionnelle soient offerts à temps partiel afin de permettre aux élèves de se qualifier et d'avoir les moyens de concilier le travail et les études. La formation professionnelle demeure le seul parcours scolaire qui ne puisse se suivre à temps partiel. Ne pourrait-on pas penser à une telle formule dans ce cas-ci? (...)
On demande toujours plus au personnel de la santé, mais on abaisse la qualité de leur formation, c'est incohérent. Comment peut-on demander aux établissements de santé de jouer le rôle de l'école, rôle pour lequel ils ne sont pas mandatés ni financés?
(...) Il est urgent de faire la promotion de cette formation de préposés aux bénéficiaires auprès des centres locaux d'emploi, afin d'être en cohérence avec les besoins de main-d'oeuvre du domaine de la santé. (...)
Tous les gouvernements qui se sont succédé au cours des dernières années ont (...) valorisé de la formation professionnelle. Vous avez aujourd'hui une occasion concrète de le faire, MM. les ministres. Exigeons que le DEP soit la seule formation reconnue et qu'elle soit conditionnelle à l'exercice du métier de préposée et préposé aux bénéficiaires, comme cela se fait dans les autres professions du secteur de la santé.
Louise Chabot, présidente de la CSQ