Le président du Memphrémagog conservation, Robert Benoit, et le coordonnateur de DUMP, Henry Coe, souhaitaient ardemment réunir des politiciens québécois et vermontois dans une même salle pour qu’un dialogue s’amorce concernant le site d’enfouissement de Coventry.

Une bataille ardue

ÉDITORIAL / Il faut saluer l’amorce d’un dialogue entre l’État du Vermont et les représentants de l’Estrie à l’occasion de la rencontre de lundi dernier à Newport, à l’initiative du collectif vermontois DUMP (Don’t Undermine Memphremagog’s Purity) au sujet du projet d’agrandissement de Casella Waste Systems, à Coventry.

Mais la bataille s’annonce ardue pour éviter que reprenne le traitement des eaux usées de ce lieu d’enfouissement à la station d’épuration de Newport et que celles-ci se retrouvent ensuite dans le lac Memphrémagog.

De nombreux élus et citoyens estriens, tout comme Memphrémagog Conservation Inc. (MCI) et le collectif DUMP, s’opposent à l’agrandissement du lieu d’enfouissement, situé près d’un affluent du lac Memphrémagog, autorisé l’an dernier par la Commission environnementale du Vermont.

Ils ne veulent pas non plus du traitement des eaux de lixiviation à Newport, qui ne dispose pas de la technologie nécessaire pour recevoir les rejets industriels, un dossier actuellement à l’étude par l’Agence des ressources naturelles du Vermont.

En octobre dernier, Casella Waste Systems s’était engagé à cesser pour quatre ans le traitement des eaux résiduelles de son lieu d’enfouissement à Newport, une condition pour l’obtention de son permis d’agrandissement.

Mais lors de la rencontre de lundi dernier, les propos du PDG de Casella Waste Systems, John Casella, ont donné la mesure du défi qui s’annonce.

Car, non seulement ce dernier refuse de s’engager au-delà de l’échéance de quatre ans, estimant que la recherche permettra peut-être de trouver une solution, mais il soutient que les opposants n’ont pas de preuves sur les impacts environnementaux liés au projet d’agrandissement. 

Il a aussi déjà affirmé que les données de l’Agence des ressources naturelles du Vermont démontraient que le traitement des eaux résiduelles du dépotoir à la station de Newport n’avait pas d’impact négatif sur la santé et l’environnement.

Le président de MCI, Robert Benoit, impliqué dans ce dossier depuis des années, rappelle toutefois avec raison que le principe de précaution doit s’appliquer, notamment parce que le lac Memphrémagog sert de réservoir d’eau potable pour une population de 175 000 personnes.

En outre, la représentante de la MRC de Memphrémagog, Alexandra Roy, a fait valoir l’an dernier, lors des audiences sur le projet d’agrandissement, que les données sur les rejets de la station de Newport étaient insuffisantes pour s’assurer qu’elles sont sécuritaires pour l’environnement.

Les élus et groupes environnementaux de ce côté-ci de la frontière n’ont malheureusement pas le gros bout du bâton dans cette bataille qui devient de plus en plus politique.

Pour l’heure, ils dépendent de la décision de l’Agence des ressources naturelles du Vermont qui aura le dernier mot pour ce qui est du traitement du lixiviat à Newport.

On peut toutefois se demander où en est Ottawa dans ce dossier : l’ancien député fédéral de Brome-Missisquoi, Denis Paradis, avait demandé l’an dernier à la ministre des Affaires étrangères de l’époque, Chrystia Freeland, que la Commission mixte internationale (un organisme qui regroupe des experts canadiens et américains) mène une enquête sur les impacts environnementaux du projet d’agrandissement de Coventry, une requête visiblement restée lettre morte.

La suite

Le départ à la retraite du président et coordonnateur de MURIS, Serge Malenfant, et l’arrêt des activités de cet organisme après 20 ans et 18 murales marque la fin d’un projet qui a transformé les murs du centre-ville en témoins de la vie et de l’histoire des Sherbrookois.

Ce circuit d’art mural en trompe-l’œil, reconnu internationalement, est devenu avec les années l’un des principaux attraits touristiques de Sherbrooke grâce au talent et à l’imagination de ses artisans.

Il faut saluer l’audace et le travail de Serge Malenfant, qui a démontré l’importance de l’art dans les rues de Sherbrooke, et espérer que la Ville donnera suite à ce projet.