Un seul filtre à café en temps de pandémie!

POINT DE VUE / Lors de mon dernier passage à mon épicerie, un commis m’attendait à l’entrée, muni de gants de plastiques. Il me tendit une petite serviette en papier hygiénique jetable, afin que je puisse me laver les mains. Ce que je fis sans hésitation et avec plaisir, de même qu’à ma sortie de magasin.

Alors je me suis dit: ça y est, le ton est vraiment donné, nous sommes en temps de guerre mondiale sanitaire, comme l’a dit Emmanuel Macron à la télé dernièrement, en empruntant un air grave qui en disait long.

Alors, prochaine étape, quand je reviendrai faire mon épicerie, qui sait si ce n’est pas moi qui porterai des gants pour manipuler les fruits et les légumes. Nous en sommes là en ce moment avec le coronavirus.

Comme je devais m’y attendre, plusieurs étagères de mon épicerie étaient à moitié vide, surtout celles des aliments de boîtes de conserve. Ça en dit long. Aussi j’ai l’habitude d’aller faire mes emplettes en début de soirée autour de 19h30, ce qui n’aide pas ma cause, faut dire. Mais je me dis qu’il y a moins de monde et, en cette période de distanciation sociale, cela compte, non?

De surcroit, il n’y avait plus ma sorte de filtres à café. Là, je me suis dit que la situation devenait vraiment critique. Mais je me suis consolé en me disant qu’il m’en restait tout de même peut-être quatre ou cinq à la maison. Mais à mon retour, j’ai constaté qu’il ne m’en restait plus qu’un seul. Triste constat!

Alors pendant cinq jours, croyez-le ou non, j’ai réutilisé mon unique petit cône de filtre à café à cinq reprises, en le nettoyant chaque fois et en le faisant sécher rapidement au-dessus d’un rond de poêle.

J’avoue après coup que j’aurai eu, au final, du plaisir à m’adonner à cet accomplissement personnel. Voilà un petit geste pour l’environnement auquel je n’aurais jamais pensé. Un geste imprévu, dû en grande partie au fait que nous sommes en ce moment en pleine pandémie de la COVID-19.