Un service de garde nécessaire, mais cher

Monsieur Luc Fortin, député de Sherbrooke. Je suis la maman d'une merveilleuse petite fille de bientôt deux ans. J'ai toujours suspecté ma fille d'être différente des autres enfants. Toutefois, mes doutes ne sont pas encore confirmés à 100 % puisque nous sommes toujours en attente d'un diagnostic officiel. J'ai consulté quelques spécialistes qui, bien qu'ils soient dans l'impossibilité de confirmer ou d'infirmer quoi que soit, ont tous constaté ce que j'avais moi-même remarqué. Sachez qu'il m'était impossible d'envoyer ma fille dans un établissement de garde conventionnel, tel qu'un CPE ou un milieu familial.
Je me suis mise à chercher une solution, autant pour ma fille que pour moi, car je voulais vraiment qu'elle ait la chance de socialiser. Puis, en fouillant un peu sur les réseaux sociaux, j'ai trouvé le seul service de garde adapté au Québec - et heureusement, il était dans ma région. J'ai alors pris contact avec la propriétaire et nous avons planifié une première rencontre. Depuis ce jour, ma fille fréquente le Service de garde adapté Mes petits coups de coeur - soit depuis environ neuf mois. À son entrée, je n'avais aucune attente particulière, car nous n'avions pas de diagnostic précis à ce moment-là. Cela étant dit, dès les premiers jours, j'ai pu constater un progrès fulgurant sur plusieurs plans en ce qui concerne le développement de ma fille.
Cependant, ce service de garde exceptionnel coûte 65 $ par jour. Grâce au travail constant et impressionnant des éducatrices, les progrès de Jordanne se remarquent au quotidien. Mais le prix pour une place temps plein est relativement dispendieux, soit 325 $ par semaine. Certaines semaines, je peine à payer l'essentiel pour ma famille. Ce service, par exemple, est non négociable - il est indispensable pour l'évolution de ma fille. Comme elle est en attente de diagnostic, nous n'avons aucune aide gouvernementale pour enfant à besoins particuliers, aucun support financier, aucun répit. Le retour anticipé couvre un maximum de 9000 $ par année, ce qui signifie que le service nous revient à 16 900 $ annuellement.
Sans l'aide de Joannie auprès de notre fille, je ne sais pas ce que nous ferions. Les services publics sont quasi inexistants lorsque nous sommes en attente d'un diagnostic. Nous sommes laissés à nous-mêmes, devant lutter quotidiennement pour trouver nos propres solutions. Je sais que ma fille ne pourra jamais fréquenter un CPE avec sept autres enfants qui bourdonnent autour d'elle. Elle requiert une attention particulière, elle a besoin de stabilité et d'une routine fortement établie tous les jours... et c'est exactement ce que Joannie lui apporte. Mon enfant de deux ans ne parle pas. Grâce à Joannie et depuis son arrivée au service de garde, ma fille s'exprime en utilisant le langage des signes. Enfin, elle est en mesure de nous faire des demandes d'aide et d'exprimer certains de ses besoins, ce qui nous permet de mieux la comprendre et d'éviter certaines crises.
Sans un service de garde adapté comme celui offert par Joannie, nous serions dans l'impossibilité absolue de travailler. Notre petit amour nécessite de nombreuses interventions régulières et une attention accrue. Elle nécessite une stimulation adaptée à sa réalité, à ses capacités et, comme vous le savez, rien n'est gratuit. Pourquoi ne pas faire un exemple de son service de garde adapté afin d'offrir une solution plus appropriée aux enfants à besoins particuliers? Monsieur le député Fortin, je vous demande bien humblement de nous aider!
Samantha Marin, Sherbrooke
Il faut moderniser la loi 101
Nous célébrons les 40 ans de l'histoire de la loi 101. J'ai encore en mémoire ces exaltantes batailles et l'heureuse issue de l'application de cette loi. Mais, après 40 ans, j'admets qu'elle se fait vieille et trébuchante face aux nouvelles situations. Je m'explique.
Les vagues d'immigrants, y compris francophiles ou francophones, n'ont pas toujours embarqué dans la parade consensuelle; en plus, combien d'autres ont tout simplement rejoint officiellement l'école française, tout en se donnant, en même temps, à la gent anglophone pour des raisons d'accommodements quotidiens? Hélas, ce pluralisme ethnique ne fut pas le seul des facteurs négatifs agissants.
Avec les années, les technologies comme Internet, les communications satellites, les réseaux sociaux électroniques, les diverses interconnexions (affaires, loisirs, culture, etc.) comme Facebook, Instagram, etc., tout cela a peu à peu créé un nouveau centre de gravité culturel et linguistique qui nous a « détachés » de notre identité nationale commune, fût-elle majoritaire, ici.
Et il y a pire. En effet, la plus calamiteuse de ces infections se situe chez nous et en nous. Notre langue est mal utilisée au travail, dans les médias et dans nos propres rapports avec les nôtres et les « autres » qui nous entourent, qui voudraient bien s'annexer à notre communauté, mais... Nous offrons, hélas, une image fade et peu attrayante pour eux. Et nous y laissons, ainsi, notre peau, peu à peu.
Enfin, nous sommes victimes d'une carence extérieure importante. Je veux parler, ici, de notre image commerciale, sous la responsabilité de l'Office de la langue française, qui m'apparaît mal soignée. Observons seulement quelques annonces qu'affichent les sociétés d'affaires, quant à leur appellation « à l'anglaise »; ou leurs services mal décrits, etc. Combien d'annonces de productions étrangères sont présentées à la télé, selon leur facture originale étrangère, avec une traduction simpliste superposée, qui n'a même pas la qualité du « lipsing »?
Ultimement, nous y gagnerions beaucoup à actualiser la loi 101.
Selon Statistique Canada, le français n'a peut-être pas faibli en nombre, mais notre langue continue de s'appauvrir en qualité. Par notre propre faute, en plus. Vite, prêcheurs! Laissez les discours! Passez à l'action! La bonne, celle du redressement concret!
Yvon Côté, ex-député fédéral, Sherbrooke
Protéger la démocratie
Nous avons été témoin dimanche dernier à Québec de la manifestation du groupe La Meute s'opposant à l'immigration et à celle de divers organismes favorables à l'accueil d'immigrants chez nous. Malgré le grabuge d'un petit groupe de casseurs, on peut dire que tout s'est bien déroulé dans l'ensemble. Même si je ne partage pas l'opinion de La Meute, ce groupe a démontré une bonne discipline (...) durant sa marche de protestation, en respectant le tracé proposé par le service de police.
Comme le soulignait le philosophe Voltaire, « je peux être en désaccord avec votre opinion, mais je lutterai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de la dire». La Meute avait pleinement le droit de manifester, ainsi que les groupes s'opposant à celle-ci. Toutefois, ces derniers n'avaient pas le droit de les empêcher de le faire en toute liberté (...). C'est ça la véritable démocratie et il faut la conserver à tout prix.
Réjean Beaudoin, Sherbrooke
La violence n'est jamais acceptable
Que ce soit les groupes antiracistes opposés à La Meute, les organisations contre la brutalité policière ou les étudiants du Printemps érable, tous veulent convaincre la majorité de l'opinion publique de la justesse de leur cause. C'est pour cela qu'ils manifestent.
Alors, il faut le dire clairement : la violence n'est jamais acceptable. Ni contre les personnes ni contre les biens. Car elle est toujours contre-productive et enlève toute sympathie et crédibilité à la cause que l'on prétend défendre.
C'est un vieux débat : celui du « respect de la diversité des tactiques ». Les groupes (souvent anarchistes) qui acceptent (et parfois prônent) l'usage de la violence exigent des groupes non violents qu'ils respectent leur droit à penser et agir différemment. Avec le résultat inévitable qu'un petit groupe violent attire beaucoup plus la couverture des médias qu'une grosse manifestation pacifique. Et que la cause du plus grand nombre est discréditée par l'action (...) d'une petite minorité.
C'est pourquoi il faut toujours dire non clairement et fermement à tout usage de la violence, de droite comme de gauche, de nos amis comme de nos adversaires. D'autant plus que nous ne gagnerons jamais rien par les affrontements violents (...).
Il ne s'agit pas ici d'un plaidoyer pour la vertu, mais d'une simple analyse rigoureuse du combat social. Si nous voulons gagner (quoi que ce soit), nous devons mettre la majorité (bruyante ou silencieuse) de notre côté. Et la violence va toujours l'éloigner de notre cause. Toujours.
Dominique Boisvert, Scotstown