Un scénario bien différent

Retour en 2013. La course à la mairie était terminée dès la clôture de la période des mises en candidature, le 3 octobre, n’en déplaise aux adversaires d’alors de Bernard Sévigny.

ÉDITORIAL / Heureusement, le scénario est très différent cette année. Nous avons une véritable course. Même si nous avons assisté vendredi soir à la clôture des mises en candidature, trois organisations sont très actives sur le terrain depuis des semaines et se préparent depuis des mois pour cette campagne d’une trentaine de jours.

L’équipe de Bernard Sévigny bénéficie au départ d’un avantage évident avec le partage dans différents camps du vote de mécontentement. Le Renouveau sherbrookois ne pouvait espérer mieux. Après deux mandats, le maire sortant sait très bien que certains auront la mémoire longue. Des décisions comme celle portant sur le redécoupage des arrondissements ont laissé des traces. Or, les mécontents ne se rangeront pas tous derrière le même candidat.

Une course digne de ce nom est essentielle dans une ville de la taille de Sherbrooke afin de déterminer les cibles à atteindre dans différents domaines, proposer de nouvelles idées et établir des orientations stratégiques qui conviennent à une majorité de citoyens.

Bien évidemment, les dossiers qui piétinent depuis des années ou qui dérapent retiendront l’attention et placeront le maire sortant sur la défensive. Comment se fait-il qu’on soit encore très loin des premiers vols commerciaux à l’aéroport de Sherbrooke alors que ce dossier est une grande priorité de l’administration sortante depuis des années? 

Pourquoi Sherbrooke n’a pas encore un produit d’appel pour favoriser le tourisme? Surtout avec l’exemple de Coaticook dans notre cour. Pourquoi le centre de gestion des matières résiduelles Valoris est-il devenu un éléphant blanc?

Entretien du réseau routier, sécurité dans les rues, coût de fonctionnement de l’administration, révision des processus de consultation, hausse du compte de taxes et développement économique, voilà des enjeux qui relèvent d’une ville et promettent des débats animés. C’est très sain sur le plan de la démocratie.

Les principaux adversaires de Bernard Sévigny, Steve Lussier (indépendant) et Hélène Pigot (Sherbrooke Citoyen) ont la responsabilité de ne pas simplement critiquer mais également d’avancer des idées claires, prendre des engagements, démontrer dans quelle direction doit aller Sherbrooke. On attend d’eux qu’ils expriment clairement leurs priorités et, surtout, les moyens qui seront pris pour les réaliser.

On veut aussi savoir quels sont les rendez-vous et les changements que propose le maire sortant pour obtenir la confiance des électeurs pour un troisième mandat.

Le dossier Well inc. a déjà suscité bien des questions depuis quelques mois. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que ce projet audacieux de revitalisation de la rue Wellington Sud a déjà obtenu l’appui de plusieurs acteurs majeurs de la communauté sherbrookoise et qu’il se réalisera avec l’implication du secteur privé. Jusqu’à tout récemment, personne n’avait un projet structurant pour ce secteur important au cœur de la ville.  

Des luttes intéressantes se dessinent dans plusieurs districts électoraux. La plus grosse bataille anticipée est sûrement celle entre deux conseillers sortants qui s’affrontent à Rock Forest, soit Annie Godbout (indépendante) et Bruno Vachon (Renouveau sherbrookois).

Est-ce que cette fois-ci sera la bonne pour le Renouveau sherbrookois, qui rêve depuis sa fondation d’obtenir une majorité de sièges? L’objectif avait été raté de peu en 2013. La diminution du nombre de sièges et le retrait de la vie politique de trois indépendants très connus, Jean-François Rouleau, Hélène Dauphinais et David Price, favorisent, du moins sur la ligne de départ, le parti au pouvoir.

Il faut espérer qu’un grand nombre de citoyens sherbrookois s’intéresseront aux engagements des candidats et voteront le 5 novembre prochain. Plusieurs courses intéressantes se dessinent aussi dans d’autres localités de notre région.