Un projet à appuyer

ÉDITORIAL / Le projet de développement domiciliaire coopératif « Le Petit Quartier », dans l'arrondissement de Fleurimont, mérite d'être appuyé en raison de son aspect novateur, tant du point de vue social, économique et qu'écologique.
Il s'agirait d'ailleurs du premier projet du genre en milieu urbain au Canada.
Le concept de ce futur quartier de 73 minimaisons est certes très différent du modèle de développement immobilier auquel nous sommes habitués.
D'abord, il s'agit d'une coopérative de propriétaires de petites maisons unifamiliales d'une superficie de 44,6 mètres carrés (sur un terrain de 189 mètres carrés) qui fonctionne donc selon le modèle de gestion coopérative et dont les 73 membres (un membre par maison) épousent une vision sociale, celle de la simplicité volontaire et de la mise en commun de certains services.
Par exemple, les outils de jardins seront partagés par les membres et leur famille qui disposeront également d'un atelier et d'un bâtiment communautaire.
De plus, le « Petit Quartier » favorise l'accès à la propriété puisque le prix des maisons va de 105 000 $ à 125 000 $.
Mais, prévient Richard Painchaud, initiateur du projet, « les membres ne sont pas des personnes qui sont là seulement parce qu'elles veulent payer moins cher ».
Car une coopérative exige la participation de ses membres et implique une certaine philosophie de vie.
« Les gens n'ont plus envie d'avoir trop de possessions et veulent consommer moins », plaide M. Painchaud.
On pourrait aussi ajouter que le « Petit Quartier » favorisera la mixité sociale puisque les futurs résidents sont composés à 30 pour cent de retraités, à 30 pour cent de jeunes familles et à 40 pour cent de personnes seules ou de couples sans enfants.
Le projet, qui devrait démarrer en 2018, s'inscrit également dans une tendance mondiale : après l'Europe et l'Asie, la mode des minimaisons s'est implantée en Amérique du Nord il y a une quinzaine d'années.
À preuve, le Festival des minimaisons de Lantier, dans les Laurentides, en 2016, avait accueilli des milliers de visiteurs, tandis que ce type de construction a presque volé la vedette lors du dernier salon Expo Habitation de Montréal.
Le syndrome « pas dans ma cour » semble toutefois se manifester chez certains citoyens de l'arrondissement de Fleurimont qui craignent une baisse de la valeur de leur propriété et que ces minimaisons changent souvent de propriétaires. Il a aussi donné lieu à une querelle politique au conseil municipal.
La Ville de Sherbrooke assure toutefois qu'il n'y aura aucun impact sur l'évaluation des propriétés limitrophes et rappelle que le projet doit respecter une série de mesures, notamment la distance entre les maisons.
De plus, une zone naturelle protégée de six hectares bordera l'Est du terrain, tandis que la plus proche maison du secteur se trouvera à 100 mètres du « Petit Quartier ».
Néanmoins, lors d'une rencontre de consultation, lundi soir, des citoyens ont réitéré leurs craintes de perdre leur intimité et de voir la circulation augmenter sur le chemin Duplessis.
Or, a rappelé la Ville, si le projet devait être abandonné, le secteur est zoné pour la construction de jumelés. Serait-ce préférable?
Il est normal que ce genre de projet suscite des craintes et des interrogations.
Aussi, il appartient à la Ville de Sherbrooke et à son initiateur de fournir toute l'information aux citoyens du secteur et de démontrer en quoi ce projet n'aura pas d'impact négatif et en quoi il peut même être bénéfique pour la communauté.
Chose certaine, le projet semble répondre à un besoin puisque 71 des 73 minimaisons sont déjà sous offre d'achat.