Un plan stratégique pour les sports

Mesdames, messieurs les candidats à la mairie,

Les élections municipales permettent autant aux candidats qu’aux différents groupes de la société civile de faire connaître leurs positions sur différents sujets. C’est à titre de présidents de clubs sportifs que nous nous faisons, après en avoir discuté avec des représentants d’autres sports, les porte-paroles de notre communauté. Rappelons tout d’abord que le sport organisé sherbrookois compte au-delà de 7500 membres dont 75 % se situent dans les sphères initiation et récréation, le quart restant se retrouve dans la compétition et l’excellence. Le sport organisé touche, d’après une estimation du Comité olympique canadien, près d’un tiers de la population. De plus, une étude réalisée en 2007 par Tourisme Sherbrooke évaluait l’impact événementiel du sport organisé sherbrookois à plus de 22 millions de dollars, 125 emplois à temps plein et près de 1000 à temps partiel, occasionnel ou saisonnier en plus de compter sur 150 000 heures de bénévolat. Bien que cette étude ne porte que sur une fraction du secteur du sport et de l’activité physique sherbrookois, on réalise quel point les impacts économiques et sociaux sont importants et cependant sous-estimés. Malgré cela, tout ce dont certains candidats ont parlé jusqu’à maintenant porte sur le déplacement actif. On est encore loin de la coupe aux lèvres. Nous cherchons donc à connaître les intentions des candidats par leurs réponses aux questions suivantes.

On reconnaît que la Ville fait déjà beaucoup du point de vue de l’intendance, mais il me semble qu’elle pourrait avoir encore beaucoup plus d’impacts si elle ne naviguait pas à vue. Il faudrait tout d’abord avoir un portrait clair de la situation du sport et de l’activité physique à Sherbrooke en refaisant une étude complète d’impacts économiques et sociaux du sport et de l’activité physique. Quels sont les bons coups et les défis? Les clubs et organisations font tous face aux mêmes défis, le financement, la difficulté de recruter de bénévoles, les ressources humaines, la gouvernance et bien d’autres? Que peut faire la Ville pour nous aider? Quelles sont les meilleures pratiques dont nous pouvons nous inspirer? Comment peut-on faciliter l’accès aux installations sportives de la Ville et de ses partenaires afin qu’un plus grand nombre de Sherbrookois soient actifs? Première question : convoquerez-vous les premières assises du sport et de l’activité physique de Sherbrooke en y invitant tous les partenaires, dont les clubs, les institutions scolaires et la santé publique?

Le sport et l’activité physique sont des composantes essentielles au développement et à la santé des individus, particulièrement auprès des jeunes afin qu’ils puissent acquérir de saines habitudes de vies. La Ville l’a reconnu en publiant en 2004 sa Politique du sport et de l’activité physique. Beaucoup de changements ont été observés depuis, le temps-écran, la sédentarité, l’obésité ont tous augmenté. Les besoins des organisations sportives aussi. De plus, il est difficile de lier les décisions politiques de la Ville avec sa propre politique, déplacement actif excepté. Sherbrooke ferait figure de proue si elle associait sa politique avec le plan de développement à long terme de l’athlète qui couvre toutes les approches du sport et de l’activité physique. Deuxième question : à la suite des assises du sport et de l’activité physique, mettrez-vous à jour, durant votre mandat, la Politique du sport et de l’activité physique?

De nombreuses villes canadiennes ont amorcé une réflexion sur leur stratégie sportive et plusieurs ont même déjà rendu public leur plan stratégique. Pas besoin d’être une métropole pour avoir des idées et de l’ambition. (...) Sherbrooke doit trouver sa niche en se dotant d’une stratégie à moyen et long terme. Troisième question : réaliserez-vous un plan stratégique qui définira les priorités et objectifs ainsi que les plans d’action qui guideront la participation de la Ville à la programmation sportive pour les cinq prochaines années?

Les organisations et clubs de sports organisés sont la clé de voûte du développement de la persévérance et de l’épanouissement de jeunes actifs. La survie des organisations sportives passe en grande partie par leur aspect récréatif. Ce ne sont pas tous les jeunes qui désirent faire de la compétition. Cependant, les clubs sont tout de même à l’affût de talent exceptionnel tel Kim Boutin en patinage de vitesse courte piste. Les clubs sportifs fonctionnent grâce à des personnes dévouées, souvent bénévoles, possèdent peu de budgets et dépendent presque exclusivement sur des installations sportives de tiers partenaires. Dans plusieurs cas, ces installations sont inadéquates, non sécuritaires ou simplement les plages horaires conviennent peu ou pas au développement des athlètes et des clubs. Même que certaines institutions scolaires commencent à manquer d’espace pour leurs propres équipes. Dernière question : créerez-vous et inclurez-vous dans vos budgets un plan d’immobilisation de modernisation et de création d’installations sportives? (...)

Frank Meunier, Club d’escrime Sher Lames
Benoît Foisy, Club de natation de Sherbrooke
Jean Desrosiers, Hockey Sherbrooke
Et 12 autres signataires