Martin Francoeur

Un peu de souffle pour les spectacles et les sports

ÉDITORIAL / Le gouvernement du Québec vient d’annoncer que le nombre maximal de personnes pouvant assister à des événements intérieurs et extérieurs dans des lieux publics va passer de 50 à 250 à compter du 3 août prochain. S’il s’agit d’une nouvelle qui sera accueillie avec soulagement par les producteurs de spectacles et les organisateurs d’événements sportifs, particulièrement, il ne faut pas perdre de vue que la mesure demeure fragile et repose sur la stabilisation observée depuis quelques semaines.

Au moindre signe d’augmentation significative du nombre de cas de COVID-19, il n’est pas impossible que l’on doive faire marche arrière. Mais pour l’instant, cette annonce doit être vue comme un pas dans la bonne direction pour un éventuel retour à la normale dans les secteurs du spectacle, des loisirs, des sports et du divertissement.

Dans ces sphères d’activités, la nouvelle était attendue depuis longtemps. Déjà, lorsque le gouvernement Legault avait permis les rassemblements de 50 personnes, en juin, on avait indiqué qu’il n’était pas impossible d’envisager une augmentation de ce plafond quelque part vers la mi-juillet. C’est précisément ce qui vient d’être fait, avec la bénédiction de la Santé publique.

Évidemment, l’augmentation du nombre de personnes autorisé pour certains rassemblements vient avec la série de règles sanitaires toujours en vigueur. Les spectateurs devront respecter une distance de deux mètres entre eux, même si on prend soin de mentionner «dans la mesure du possible». Une fois assis, on tolère une distance de 1,5 mètre entre les personnes présentes. Idem pour le port du masque: obligatoire lorsqu’on circule et facultatif une fois assis.

Si elle constitue une bonne nouvelle pour les diffuseurs et les organisations sportives, la mesure annoncée jeudi force aussi des réaménagements pour bon nombre d’entre eux. Déjà, plusieurs lieux de rassemblement étaient aménagés pour le maximum de 50 personnes. Il faut maintenant revoir les façons de faire en fonction du nouveau maximum.

La capacité d’adaptation des propriétaires de salles ou des gestionnaires de lieux de diffusion doit d’ailleurs être saluée parce que constamment mise à l’épreuve. Les modifications des règles de distanciation viennent toujours avec un lot d’ajustements, qui surviennent souvent lorsqu’on vient à peine de trouver la façon de s’accommoder des règles précédentes. Les bibliothèques publiques ont vécu la même chose ces derniers temps. Mais si on donne un peu de souffle à ces entreprises ou organisations, c’est justement parce qu’on a constaté, sur le terrain, que celles-ci ont été particulièrement efficaces dans le déploiement des différentes mesures nécessaires pour assurer la sécurité des travailleurs et du public.

Les organisations sportives ont quant à elles de quoi se réjouir, elles qui dénonçaient certaines incohérences et qui réclamaient une augmentation du nombre de personnes admises, dans les stades ou les gradins tout particulièrement.

Cette nouvelle étape du processus de déconfinement ne touche pour l’instant que les rassemblements publics. Le nombre de personnes pouvant participer à une activité dans un lieu privé, comme une maison ou un chalet, est toujours limité à dix. Le fait de garder ces règles inchangées tient peut-être du fait que c’est de ce côté qu’on semble toujours craindre les écarts de comportement. De plus en plus, on constate que la règle des dix personnes maximum n’est pas toujours respectée et que les normes de distanciation physique dans de tels rassemblements privés le sont encore moins.

Le déconfinement est encore fragile et il appartient à chaque citoyen de faire en sorte qu’on ne se retrouve pas dans une situation où tout le Québec serait contraint de faire marche arrière.