Un parti municipal pour faire avancer la démocratie

Ceux qui suivent la politique municipale à Sherbrooke sont bien au fait d'une certaine critique faite aux partis politiques. Ceux et celles qui souhaitent faire la promotion de certains candidats indépendants s'en remettent souvent à cette critique vague et peu appuyée sur une supposée « ligne de parti ».
Dans les faits, les électeurs se formalisent très peu de ces « arguments ». La preuve : les partis politiques municipaux obtiennent des scores très honnêtes et plusieurs maires et mairesses au Québec sont actuellement issus de formations politiques municipales.
(...) La population est habituée à ce système aux autres paliers gouvernementaux et y fait plus confiance que certains veulent le laisser croire. Les gens s'y retrouvent aisément, car les partis, outre l'organisation qu'ils offrent aux candidats lors de la campagne, présentent souvent une vision plus claire de la direction qu'ils entendent prendre. On fait ainsi confiance à la personne qui pose sa candidature et au programme qu'elle compte mener une fois élue.
Pour moi, ce qui est le plus problématique à Sherbrooke, ce n'est pas que des gens qui ont tous fait campagne sous une même bannière, en défendant les mêmes idées, votent du même bord. Ce qui est le plus troublant, c'est que les conseillères et les conseillers qui se disent indépendants votent aussi souvent comme le parti du maire, ne montrant pas d'opposition devant des propositions parfois discutables. De la fin 2013 à 2016, selon nos calculs, plus de 90 % des décisions du conseil municipal de Sherbrooke ont été votées à l'unanimité. C'est important de le souligner.
Il y a quatre ans, dans ma grande naïveté, j'ai moi-même fait la promotion des indépendants, car ils représentaient à l'époque le seul rempart contre une administration Sévigny qui défendait des politiques antidémocratiques. On se rappellera que le débat d'alors portait sur la diminution du nombre d'élus. J'ai vite déchanté lorsque plusieurs indépendants se sont rangés avec le parti du maire pour porter le nombre d'élus à 14 au lieu de 19. J'ai aussi été choqué lorsque aucun indépendant n'a appuyé la proposition de diffusion intégrale des séances du conseil municipal, à la demande du Mouvement Sherbrooke Démocratie, dont j'étais le porte-parole à l'époque.
Il y a certes quelques esclandres ponctuels de conseillers dissidents qui font la « Une », souvent pendant le budget, mais elles ne sont que peu de chose devant le consensus qui règne à l'Hôtel de Ville. Ce consensus aurait avantage à être brisé, non pas avec une partisanerie mal placée, mais bien avec de nouvelles idées, une nouvelle énergie et une ouverture à la délibération démocratique. (...)
Claude Dostie Jr, président, Sherbrooke Citoyen