Pierre Tremblay

Un kamikaze au conseil municipal

Lundi soir dernier, par le truchement d’un vote, le conseil municipal a autorisé la Ville de Sherbrooke à faire parvenir une contravention à M. Claude Dostie, le chef de cabinet de Mme Évelyne Beaudin. En effet, sur Facebook, celui-ci aurait qualifié M. Pierre Tremblay de « kamikaze en manque d’attention ».

Si ce nouvel épisode du vaudeville permanent sur la scène de l’hôtel de ville ne me surprend guère, je me pose des questions sur la légalité de ce vote. J’aimerais bien que l’on me présente l’article de loi ou le règlement municipal qui autorise les élus(es) à voter sur ce genre de questions. Quoi qu’il en soit, il est évident qu’il s’agit d’une première. Dans le vaste sujet de la bêtise, j’ose même avancer qu’il s’agit d’un précédent dans les annales municipales du Québec.

Au-delà de l’incurie des élus(es), il faut prendre en considération le possible choc post-traumatique de M. Tremblay. Être qualifié de kamikaze, ce n’est pas rien.

Chaque soir, alors qu’il s’endort confortablement sous ses couvertures, il est fort possible que ses rêves se transforment en cauchemars. Petit casque en cuir sur la tête, qui sait s’il ne se retrouve pas dans un zéro japonais, prêt à s’élancer sur un porte-avions américain lors de la bataille d’Okinawa? Alors qu’il plonge avec son avion rempli d’explosifs, alors que le ciel s’embrase et s’en retrouve zébré de tirs antiaériens, que la tension monte à l’intérieur du cockpit, qu’il encaisse la pression reliée à son piqué mortel et fatidique, c’est à moment que le conseiller de Deauville se réveille, baignant dans sa propre sueur.

Évidemment, ce n’est qu’une hypothèse. Je n’ai aucune preuve de ce que j’avance. Toutefois, s’il s’agit d’un problème de cette nature, ce n’est pas d’une contravention dont M. Tremblay a besoin, mais d’une aide beaucoup plus spécialisée. Blagues à part, la seule chose que je puisse conseiller à M. Pierre Tremblay, c’est de ne pas lancer de pierre, surtout lorsque l’on demeure dans une tour de verre. La politique, c’est un sport extrême, un sport où les pleurnichards n’ont pas leur place.

Pascal Cyr
Sherbrooke