Il y a dix ans, le 31 octobre 2008, un jugement historique était rendu pour des milliers de femmes à travers le Québec.

Un jugement qui a fait l’histoire

Il y a dix ans, le 31 octobre 2008, un jugement historique était rendu pour des milliers de femmes à travers le Québec. En effet, pendant que nos enfants avaient la tête aux costumes et aux bonbons, les responsables en services éducatifs en milieu familial (RSE) recevaient une nouvelle qui changeait leur vie : le jugement Grenier reconnaissait leur droit à la syndicalisation.

Une victoire majeure, puisque ce jugement était l’aboutissement d’une lutte épique menée par ces femmes courageuses pour obtenir le droit de négocier leurs conditions de travail. Un droit légitime qu’elles ont dû arracher au gouvernement libéral de Jean Charest. Ce même gouvernement avait adopté sous le bâillon, en décembre 2003, une loi injuste et antisociale pour empêcher leur syndicalisation.

Par son jugement, la juge Grenier annulait cette loi et reconnaissait le droit de ces milliers de travailleuses de se regrouper pour négocier leurs conditions de travail.

Depuis lors, le jugement Grenier est fréquemment cité comme référence partout dans le monde.

Dix ans plus tard, les conditions de travail des RSE se sont améliorées de façon significative : leur salaire a augmenté de plus de 40 % et elles ont maintenant droit à des vacances, à des congés et à d’autres protections sociales, comme l’ensemble des autres travailleuses et travailleurs. La reconnaissance de leur droit à la syndicalisation a carrément changé leur vie et leur profession.

Dix ans plus tard, tout n’est pas parfait, bien sûr. Les RSE ont franchi des étapes importantes, mais elles sont bien conscientes que la lutte pour la défense et l’amélioration de leurs conditions de travail n’est pas terminée.

Après des années d’isolement, la solidarité syndicale a permis à ces milliers de femmes d’obtenir enfin le respect qui leur était dû. Traitées injustement pendant des années comme de simples « gardiennes » à la maison, les RSE voient enfin leur expertise et le caractère éducatif de leur travail être considérés à leur juste valeur. Il était plus que temps, car ces travailleuses en petite enfance sont les premières à intervenir auprès de nos enfants et à les accompagner dans leur développement afin de les préparer à leur entrée à l’école.

Dix ans plus tard, le jugement Grenier mérite toujours d’être célébré, par les RSE, bien sûr, mais encore plus largement par toutes les femmes qui luttent chaque jour pour une société plus égalitaire. Il donne également espoir à toutes celles et ceux qui subissent encore des conditions de travail indécentes, et il est la preuve qu’il vaut toujours la peine de se battre jusqu’à la victoire.

Sonia Éthier,

Présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)

Valérie Grenon,

présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ)