Un incident monté en épingle?

À la suite de la publication de deux articles faisant référence à la signature d'un accord de confidentialité par les membres du conseil d'administration (CA) de Valoris où la parole fut donnée principalement au maire, Bernard Sévigny, j'aimerais apporter mon point de vue en tant que vice-présidente, puis présidente de Valoris.
L'accord de confidentialité concernant les litiges à Valoris a été signé sur la recommandation de l'avocat responsable du dossier. Pour avoir accès à l'information sur la cause juridique et la stratégie déployée, il était prévu que le maire et les membres du conseil municipal de Sherbrooke signent le même accord. Les informations d'une autre nature (budget, volume de matière, revenus des ventes, etc.) étaient bien entendu disponibles.
Durant ma courte carrière comme conseillère municipale, j'avais déjà eu à signer un accord similaire dans un dossier, à la demande des avocats responsables de celui-ci. De plus, encore lundi soir dernier, en huis clos, nous avons discuté au conseil municipal d'un dossier où un accord de même nature a été signé, ce qui fait que ma question est demeurée sans réponse. L'expérience montre donc qu'il est parfois approprié d'avoir de tels accords quand les dossiers sont judiciarisés. On fait avec en raison des intérêts supérieurs de la municipalité, et donc des citoyens. Généralement, les montants en cause sont élevés, comme pour Valoris.
Puisque Valoris est une régie intermunicipale entre Sherbrooke et la MRC du Haut-Saint-François, les maires de toutes les villes membres de la MRC ont eu à signer cet accord de confidentialité. Ils l'ont fait et ont alors eu toute l'information dont ils avaient besoin par rapport aux litiges à Valoris. Tous ces maires, qui cumulent ensemble une expérience importante, n'ont rien vu de pénalisant ou de choquant à signer l'accord de confidentialité.
Le maire de Sherbrooke, lui, s'est entêté à ne pas vouloir le signer. Il est le seul à avoir emprunté ce chemin.
Il est certain que les membres du CA de Valoris et moi-même n'avons pas voulu donner d'information au maire tant qu'il ne signait pas l'entente. Si nous parlions, nous nous exposions à de possibles poursuites judiciaires. Il était hors de question que je mette ma maison et mes avoirs personnels en jeu en raison de l'entêtement du maire. (...)
Ce que j'observe, cependant, c'est que cet incident, que le maire a utilisé comme un bras de fer avec le CA de Valoris (Sherbrooke et MRC), a laissé des traces profondes pour que le préfet de la MRC du Haut-St-François, Robert Roy, fasse une sortie aussi virulente que celle de mercredi à l'égard du maire dans cette affaire.
Enfin, oui, les défis sont grands à Valoris. Mais l'épisode des ententes de confidentialité n'a pas modifié le cours des choses de façon notable. (...)
Hélène Dauphinais, économiste et conseillère municipale