Un homme sous-estimé

Bonté, intelligence et sagesse, voilà trois mots qui décrivent Mgr André Gaumond, archevêque.

Arrivé à Sherbrooke, il succéda à un homme dont la personnalité contrastait tellement avec la sienne. Mgr André Gaumond était réservé, voire timide. Il préférait les rencontres plus intimes. Dans ces moments plus restreints, on pouvait mesurer à sa juste valeur sa chaleur humaine et sa simplicité. Sa timidité était souvent interprétée pour de la froideur. 

Un de ses premiers gestes à titre d’archevêque consista à ouvrir un service des communications, un poste à temps plein. Et il n’hésita pas à confier cette importante responsabilité à une femme, moi en l’occurrence.  

Quand il confiait une responsabilité, il respectait l’autonomie de la personne. J’ai été à même de le constater durant les 14 ans où je l’ai côtoyé presque quotidiennement étant son attachée de presse.

À l’Assemblée des évêques du Québec, lorsque Mgr André Gaumond prenait la parole, ses confrères écoutaient ses propos sages. Il apportait un point de vue basé sur ses lectures, sa réflexion et son analyse de la situation. On lui reconnaissait, entre autres, une compétence dans le dossier de l’éducation 

Il affectionnait le mot « Joie » et les personnes joyeuses. Sans doute est-ce une des raisons qui le rapprochait de la Famille Marie-Jeunesse, des jeunes toujours souriants, qu’il côtoyait régulièrement.

Il admirait beaucoup le pape Benoît XVI, cet homme réservé. Il se nourrissait de ses écrits, d’une grande profondeur.

Mgr André Gaumond aimait la lecture. Ses écrits illustraient sa réflexion et sa compréhension des problématiques de la société et de l’Église.

Au cours de son épiscopat à Sherbrooke, il a vécu des problématiques complexes, même de l’adversité. Il a su faire face avec courage, humilité et bonté devant ces difficultés.

Je garde de cet homme le souvenir de sa générosité et de sa profondeur dans les propos et les écrits. Qu’il repose en paix!

Gaëtane Larose
Saint-Camille