Les résidences Monchénou

Un discours creux et sans action

Monsieur le ministre de la Santé, Réjean Hébert,
Je vous présente mon fils Dany Roy : il souffre d'une déficience intellectuelle profonde nécessitant une surveillance de tous les instants et je vous épargne tous les sacrifices que notre famille a endurés à titre d'aidante naturelle pendant près de 30 ans avec un soutien pratiquement nul de l'État. Ayant passé le cap de la soixantaine, moi et mon épouse n'avons plus l'énergie pour nous occuper de notre fils et nous voulions lui offrir le seul héritage qu'il ne pourra jamais recevoir : une famille pour prendre soin de lui lorsque nous serons plus sur cette Terre.
Vous êtes en train de détruire notre héritage M. Hébert!
Votre refus de soutenir la cause des Résidences Monchénou n'est pas seulement une gifle en plein visage aux familles touchées, c'est une trahison de votre parole de janvier 2013, après la marche des familles.
Sous prétexte de considération éthique, vous dites ne pas vouloir vous impliquer dans le processus décisionnel. Je crois que vous n'avez pas compris le message de la population en cette ère de commission Charbonneau. Habile esquive politique. Votre considération éthique vous permet par contre d'offrir un financement à la pièce pour un mois pour maintenir artificiellement en vie le patient, le temps de la campagne électorale. Honte à vous et chapeau à Monchénou d'avoir évité ce piège qui vous aurait permis de pelleter en avant la situation impossible avec laquelle la résidence doit composer. On se serait attendu à plus de leadership de la part d'un ministre de la Santé concernant les citoyens les plus vulnérables.
Ah! j'oubliais qu'il n'avait pas le droit de vote... On se serait également attendu à davantage de respect envers David Caron (directeur général de Monchénou) qui se donne corps et âme pour cette cause qui attise peu l'électorat. Quiconque ayant déjà rencontré M. Caron comprend rapidement que cette personne a su réunir, grâce à sa passion et à son intégrité, des services d'une qualité exceptionnelle avec une équipe dont le dévouement n'a d'égal que la grandeur de leur coeur.
Votre cécité volontaire témoigne elle-même de votre mépris des familles qui ont tout donné. Tous les partis politiques confondus sont d'accord sur le fait que la gargantuesque bureaucratie québécoise aurait avantage à laisser la place aux gens sur le terrain. C'est précisément ce que vous offrent les Résidences Monchénou, où des gens de coeur s'investissent tous les jours directement auprès des laissés-pour-compte. Auriez-vous préféré qu'il ajoute une ou deux douzaines de fonctionnaires de plus pour vous contenter? Au-delà des discours creux, l'action ne suit pas - une tendance qui ne laisse présager rien de bon de vous savoir à nouveau aux commandes, après le 7 avril.
Honte à vous, monsieur le ministre.
Rosaire Roy
Sherbrooke