Le nouveau guide alimentaire canadien.

Un bon guide, et la suite?

À quelques exceptions près, les spécialistes de l’alimentation approuvent le virage que prend le nouveau guide alimentaire canadien par rapport à l’ancienne version. Mais quel sera son effet réel sur la santé générale des Canadiens? On sait que l’obésité, et ses effets directs et secondaires, est désormais le principal problème de santé des sociétés riches.

D’après Mme Louise Lambert-Lagacé, bien connue grâce à ses nombreux ouvrages grand public, si les recommandations du guide en vigueur depuis 2007 avaient été appliquées, cette situation serait inexistante au Canada.

Force est donc de constater qu’en matière d’alimentation, les bonnes intentions ne suffisent guère. Deux facteurs « bien connus » sont notamment en cause pour expliquer le surplus de poids auxquels nous sommes toutes et tous exposés. Le premier : on mange généralement trop. Il est très difficile de rester sur son appétit à chaque repas. En fait, il faut une discipline de fer pour s’y astreindre. L’autre facteur : le sucre. Il est présent partout, en particulier dans les boissons gazeuses, que plusieurs personnes consomment quotidiennement. La majorité de la population fait encore son épicerie dans les supermarchés. Or, chaque semaine, l’une ou l’autre des grandes bannières offre des boissons gazeuses en réduction, bien annoncée dans la première page de leur circulaire. 

Pour le commun des mortels, il est facile de tomber dans le piège. Bien se nourrir n’est pas facile. Une très large part de ce que l’industrie agroalimentaire nous propose ne mérite tout simplement pas de s’appeler nourriture. C’est le cas, entre autres, de la majorité des céréales : du sucre enrobé! En un mot, tant et aussi longtemps qu’il n’y aura pas une véritable adéquation entre ce qui offert en épicerie et ce que préconisent les autorités, tout guide alimentaire, si parfait soit-il, demeurera un vœu pieu. C’est tout un chantier qu’il faudrait mettre en branle si on veut changer les habitudes alimentaires du plus grand nombre. Même avec ce nouveau guide, on est loin de pouvoir atteindre cet objectif.

Bruno Landry
Sherbrooke