Malgré toutes les publicités sur ses réinvestissements, le constat est le même dans tous les réseaux : les compressions affectent encore lourdement l’ensemble des services à la population.

Un autre surplus surprise au goût amer

Pour la troisième année de suite, le gouvernement boucle son année financière avec un surplus plus grand que prévu. Cette fois, il s’approche des 2,4 milliards de dollars après les versements au Fonds des générations. Cela démontre à quel point les sacrifices imposés par le gouvernement Couillard aux services publics et à celles et ceux qui les portent n’avaient rien d’essentiel au rétablissement de l’équilibre budgétaire.

Des sacrifices qui laissent des traces
Malgré sa confortable marge de manœuvre, le gouvernement rechigne toujours à offrir des solutions structurantes à la surcharge de travail dans le réseau de la santé.

Malgré les annonces de « nouvelles ressources en éducation », le nombre de personnel de soutien et de personnel professionnel qui viennent en aide directement aux élèves est encore insuffisant.

Malgré la célébration des vingt ans de la Loi sur l’équité salariale, les plaintes en litige depuis 2010 stagnent devant un employeur public qui s’accroche à chaque cent.

Malgré toutes les publicités sur ses réinvestissements, le constat est le même dans tous les réseaux : les compressions affectent encore lourdement l’ensemble des services à la population.

La prudence, oui, mais au bon endroit…
Malgré les surplus à Québec, les appels à la prudence budgétaire sont nombreux.

Il est vrai que devant les soubresauts de notre partenaire économique du Sud et les risques de guerres commerciales, les incertitudes économiques doivent être prises au sérieux.

Or, s’il y a de l’imprudence actuellement, c’est avant tout du côté des généreuses baisses d’impôt qui ont été accordées depuis trois ans. C’est une marge de manœuvre budgétaire de près de 4 milliards de dollars qui y a été consacrée. Nous craignons qu’en période d’élection, les partis politiques s’appuient sur ce nouveau surplus surprise pour promettre de nouvelles réductions de la contribution fiscale.

Dans une période où l’austérité se fait toujours sentir, dilapider sa marge de manœuvre en baisse d’impôt est irresponsable. En effet, dans l’éventualité d’un ralentissement économique, le gouvernement pourrait difficilement exiger des sacrifices supplémentaires auprès des services publics et de son personnel.

Un gouvernement qui se dit responsable doit plutôt utiliser ses surplus pour réparer les dommages causés par les compressions, consolider l’offre de services et assurer des conditions de travail convenables aux employées et employés qui portent ces services publics. Gérer de manière responsable le budget de l’État, c’est surtout cela.

Louise Chabot
Présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ)