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Un alternative au tunnel autoroutier

Carrefour des lecteurs
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Le Soleil
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Jeudi dernier, à l’Assemblé nationale, le premier ministre François Legault demandait à Dominique Anglade, chef de l’opposition officielle, quelle pourrait être l’alternative au projet de tunnel autoroutier proposé par la CAQ, suggérant que ça ne peut être qu’un pont ou… rien. Ajoutant que ce choix entre le tunnel autoroutier et rien sera l’enjeu électoral d’octobre 2022.

Donc, un tunnel autoroutier de 8,3 kilomètres de long et de 19,3 mètres de diamètre, avec six voies superposées, à la limite de la technologie, aucune ville ou pays au monde n’ayant jamais creusé à ce jour de tunnel aussi gros. Avec bretelle d’autoroute au coeur de Saint-Roch pour se connecter à Dufferin-Montmorency et double descente-remontée sous le fleuve et la rivière Saint-Charles. Au coût de 10 milliards$, entièrement payé par les Québécois, le fédéral ne finançant pas les projets autoroutiers. C’est ça ou rien. Choisissez.

En tant qu’électeur responsable de Québec et payeur de taxes, j’aimerais pouvoir me prononcer, avec chiffres à l’appui, sur une troisième option. Un tunnel, oui. Plus court, disons quatre kilomètres au lieu de 8,3 de centre-ville à centre-ville, avec dernier arrêt à Québec à la station de tramway Jean-Paul-L’Allier, au coeur de Saint-Roch. 

Pas d’autoroutes, pas de voitures, deux rails plutôt que six voies de circulation, l’équivalent de ce qui relie le métro de l’Île de Montréal à Longueuil et à Laval. En conséquence, un tunnel plus étroit, un seul étage plutôt que deux. Un tunnel collectif donc, point d’arrimage du système de transport en commun de la rive sud avec celui de la rive nord.

Appliquons sur le 10 milliards$ du tunnel autoroutier des mathématiques simples pour estimer à combien cette alternative pourrait nous revenir. On coupe la longueur du tunnel par deux (reste 5 milliards$), on coupe son diamètre par trois (reste 1,7 milliards$). On ne construit plus d’échangeurs autoroutiers en surface à Saint-Roch ou à Expo-Cité (reste 1,2 milliards$). On s’assure qu’une large part du financement soit assumée par le fédéral qui finance volontiers les projets de transport collectif (reste 600 millions$). À vue de nez, le tunnel collectif est 17 fois moins cher que le tunnel autoroutier.

Cette alternative doit faire l’objet d’une étude de faisabilité et d’une évaluation des coûts tout aussi détaillées que celle du tunnel autoroutier, toutes deux, sans oublier celle du «rien», devant par la suite être soumises aux électeurs-payeurs.

Michel Beaulieu, Québec