«Trump est un vrai Polichinelle. Que dis-je, un vrai Joker.»
«Trump est un vrai Polichinelle. Que dis-je, un vrai Joker.»

Trump, le metteur en scène!

Yvan Giguère
Yvan Giguère
Saguenay
POINT DE VUE / Trump est un vrai Polichinelle. Que dis-je, un vrai Joker. Vous savez, ces deux personnages cyniques qui ont plus d’un tour dans leur sac, qui se croient très finfinauds, mais qui, tôt ou tard, frappent un mur.

Au théâtre, on évoque souvent le quatrième mur, celui qui sépare les comédiens des spectateurs. Les grands interprètes, les grands comédiens et grandes comédiennes franchissent à merveille le quatrième mur et réussissent à provoquer chez les spectateurs de grandes émotions. Ils nous donnent des frissons tant ils sont sincères de vérité.

Mais Donald Trump est un mauvais acteur et un metteur en scène médiocre. Tout chez lui est faux. Il se met donc en scène lui-même et tente de tourner à son avantage les obstacles qui se posent devant lui. Et il ne réussit pas à franchir le quatrième mur.

Prenez cet épisode de la COVID-19 qui le touche. Pour démontrer son héroïsme et son grand courage à la population, il sort d’un hôpital plus tôt que prévu. Il se paie une sortie en limousine pour saluer ses partisans, ceux qui vont voter pour lui parce qu’ils se disent que Trump est un génie. Et de fait, Trump se croit vraiment génial. Mais la plupart d’entre nous devinons son jeu, son petit manège. C’est un secret de Polichinelle et nous ne le savons que trop : Trump ne cesse de trumper (tromper).

Dans une entrevue qu’il a accordée au printemps dernier, Robert Lepage a dit de Trump qu’il était un vrai personnage shakespearien. Un roi fou, ni plus ni moins, dirais-je donc ici.

Face au virus de la COVID, qu’il a contracté, le personnage Trump nous joue une tragi-comédie, mais le dénouement risque de ne pas être heureux. Il se joue de cette maladie qui se transmet comme une traînée de poudre. Il met ainsi en danger son entourage et retourne sur son trône à la Maison-Blanche comme si de rien n’était.

Alors il est peut-être temps que les Américains se disent, le 3 novembre, que la farce trumpiste a assez duré. Que Donald Trump est dû pour quitter la scène présidentielle.