Le conseil de Potton autorise la tenue d'événements motorisés près d'un secteur naturel protégé.

Triste jour pour le Canton de Potton

Le 14 juillet 2014 passera à l'histoire du Canton de Potton pour une triste journée. Le conseil municipal a voté une motion qui permet de modifier certains éléments de zonage qui auront des impacts sur la réserve naturelle des Montagnes vertes et la Fiducie foncière de la Vallée Ruiter. Deux joyaux qui font la fierté de la très grande majorité des citoyens du Canton de Potton, tant les payeurs de taxes nés dans le village que ceux qui ont choisi de s'y installer d'abord et avant tout pour la qualité de l'environnement.
« Ne jetez pas les perles aux cochons, ils vont les piétiner. » Cette phrase vieille de 2000 ans n'est pas là pour insulter les gens; elle rappelle de façon lapidaire que parfois nous posons des gestes qui détruisent des biens précieux parce que nous sommes incapables d'évaluer correctement la véritable valeur de ces biens.
Pourquoi le projet est-il passé de 12 jours de compétition à deux jours? Ces modifications n'ont qu'un seul objectif : faire une brèche dans la protection environnementale dont jouissent ces territoires au détriment de la qualité de vie des résidents et de la riche biodiversité qui s'y trouve. Le prétexte : stimuler un développement économique par la présence des motos, mais sans tenir compte des principes du développement durable adoptés par le précédent conseil.
La raison invoquée : la création de la réserve naturelle des Montagnes vertes aurait enlevé aux « locaux », sans leur approbation, des droits de chasse et de circulation motorisée qu'ils considèrent comme acquis. Ils accusent les nouveaux citoyens d'être la cause de cette perte de jouissance. S'appuyant sur cette plainte étrange véhiculée par le maire Louis Pierre Veillon lui-même, « On veut redonner l'accès aux gens d'ici », le conseil municipal est passé aux actes par un processus décisionnel qui s'est déroulé :
Sans tenir compte des avis de Conservation de la nature Canada, du Corridor appalachien et de la fiducie foncière de la vallée Ruiter;
Sans tenir compte de l'avis du ministre responsable de l'Estrie, Pierre Paradis, qui affirme que ce projet est « difficilement réconciliable » avec la mission de protection de la nature de la réserve;
Sans avoir reçu de demande ni du propriétaire du terrain concerné ni d'un promoteur de projet;
Sans étude sur les hypothétiques retombées financières pour les entreprises de Mansonville;
Sans statistique : combien de citoyens intéressés à y circuler en motoneige et en VTT et combien profitent déjà de ces lieux pour les randonnées pédestres, les excursions en raquettes ou en ski?
Sans tenir compte de la très grande opposition des citoyens non seulement du secteur, mais de partout sur le territoire du Canton de Potton;
Sans demander l'avis du comité consultatif municipal pour le développement durable concernant les impacts sociaux et écologiques.
Nous sommes en 2014!
André Beauregard
Ancien président du comité consultatif municipal
pour la protection de l'environnement dans le Canton de Potton