Le lieu d'enfouissement de Coventry, au Vermont

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ÉDITORIAL / La sortie du président et PDG de Casella Waste Systems, John W. Casella, contre Memphrémagog Conservation Inc. et son allié américain DUMP (Don’t undermine Memphremagog’s Purity), ressemble à une tentative de discréditer ces deux organismes et d’évacuer la question des risques posés par les eaux de lixiviation du lieu d’enfouissement de Coventry, au Vermont.

Malgré la vive opposition de ces deux organismes, Casella Waste Systems a obtenu l’été dernier l’autorisation d’agrandir son dépotoir, situé à proximité d’un affluent du lac Memphrémagog.  

Dans un texte publié dans plusieurs journaux américains, M. Casella fait valoir que MCI et DUMP ont fait porter le débat sur l’expansion du dépotoir et les risques de contamination par le lixiviat sans se préoccuper des PFAS (les substances perfluoroalkylées que l’on retrouve notamment dans les emballages alimentaires), un produit potentiellement cancérigène que le Vermont réglemente plus sévèrement que le Québec.

Il allègue que les eaux usées rejetées du côté canadien du lac sont donc potentiellement plus nocives que celles provenant du Vermont.  

Selon lui, le MCI et DUMP «sont peut-être la véritable menace pour ce lac» puisqu’ils détourneraient le débat de la vraie menace qui pèse sur le Memphrémagog, les PFAS.

Il soutient même que les données de l’Agence des ressources naturelles du Vermont démontrent que les eaux usées traitées à la station d’épuration de Newport, qui reçoit le lixiviat de Coventry depuis des années, et qui sont ensuite rejetées dans le Memphrémagog, n’ont pas d’impacts négatifs sur la santé et l’environnement.

MCI a toujours fait valoir que la station de Newport n’était pas conçue pour traiter le lixiviat du dépotoir, d’où des risques de contamination du lac.  

On peut comprendre que M. Casella veuille protéger ses intérêts, mais cette stratégie à la Trump est très discutable et est contraire à l’approche globale qui doit prévaloir devant les risques pour la santé du Memphrémagog, réservoir d’eau potable de près de 175 000 Estriens.

La station d’épuration de Newport doit cesser de traiter le lixiviat du lieu d’enfouissement de Coventry à compter du 23 octobre, une des conditions pour l’obtention de son permis d’agrandissement.

Il est vrai que la réglementation québécoise en matière de PFAS dans le traitement des eaux usées est en retard sur celle du Vermont. Cela est inadmissible et incohérent.

Pour l’heure, toutefois, la stratégie de M. Casella s’apparente à une manœuvre de diversion et à une façon de dire que, lorsqu’il s’agit de contamination du lac Memphrémagog, le problème n’est pas Casella Waste Systems mais plutôt le Québec.

Encore loin du but

Les données recensées par notre collègue journaliste Jacynthe Nadeau sur le nombre de femmes candidates aux élections fédérales du 21 octobre démontrent que la parité homme femme en politique n’est pas atteinte partout.

Ainsi, seulement le tiers des candidats dans les cinq circonscriptions en Estrie sont des femmes, contre une moyenne de 43,3 % dans la province (elles étaient 27,7 % lors du scrutin de 2015).

Les principaux partis politiques fédéraux sont presque tous dans la «zone paritaire» de 40 %: le NPD est en tête avec 49 % de candidates féminines, suivi du Parti vert avec 46 %, du Bloc québécois avec 45 %, du Parti libéral avec 39 % et du Parti conservateur avec 32 %.

À l’Assemblée nationale du Québec, 42 % des députés sont des femmes, contre 29 % avant le scrutin de 2018.

Il y a toutefois beaucoup de progrès à faire dans les municipalités: selon le Conseil du statut de la femme, le Québec ne compte de 19 % de mairesses et 35 % de conseillères municipales.

Ce n’est donc pas encore gagné pour les femmes.