Tenace comme une tique

ÉDITORIAL / Les personnes atteintes de la maladie de Lyme ont marqué des points la semaine dernière. Elles ont déposé une pétition de près de 8000 signatures à l’Assemblée nationale demandant à Québec un plan d’action afin d’améliorer la protection de la population contre cette sournoise maladie. Teignes comme les tiques qui transmettent cette infection, les victimes doivent non seulement livrer un combat contre cette maladie, mais aussi contre l’administration publique qui semble les ignorer.

 « L’État ne peut pas nous laisser de même », a lancé Rémy Fortin, un agent de la faune qui a été infecté en 2011 dans le cadre de son travail. Au Québec, déplore-t-il, personne ne veut le soigner. Comme tant d’autres, il n’a eu d’autre choix que de se rendre aux États-Unis pour obtenir un diagnostic et un traitement convenable. Il témoigne d’ailleurs qu’on refuse ici de reconnaître sa situation, se faisant même dire qu’il n’est pas malade, « que c’est dans notre tête ».

Comment expliquer pareille différence d’attitude entre les corps médicaux américains et québécois? Sans doute parce que la maladie est apparue plus tôt aux États-Unis. Suspectée pour la première fois en 1975, elle tire d’ailleurs son nom de la ville de Lyme au Connecticut. Elle semble profiter du réchauffement climatique pour remonter vers le nord et atteindre nos régions. C’est d’ailleurs en Montérégie et en Estrie qu’elle fait le plus grand nombre de victimes. Le temps n’arrangera pas les choses et il est à craindre que le total de personnes atteintes ne grimpe de manière exponentielle au cours des prochaines années.

La présidente de l’Association québécoise de la maladie de Lyme, Marguerite Glazer, confirme que les victimes sont abandonnées à leur triste sort au Québec. Celle-ci révèle que le corps médical québécois est totalement fermé, les attaquant même comme si elles défendaient un intérêt quelconque. Pire encore, elles reçoivent encore trop souvent un diagnostic erroné de sclérose en plaques.

Avec raison, le corps médical québécois, y compris le ministre de la Santé lui-même, recommande la prudence avant de se rendre aux États-Unis. Est-il besoin de leur rappeler qu’il y a tout de même une énorme différence entre les « charlatans » qu’ils dénoncent et des professionnels de la santé comme eux? Des médecins reconnus à Albany dans l’État de New York et Burlington au Vermont traitent de plus en plus de Québécois chaque année, avec le plus grand succès, faut-il le souligner.

Devant le récent cri du cœur d’une infirmière à bout de souffle, le ministre de la Santé Gaétan Barrette et le premier ministre Philippe Couillard ont montré un début d’empathie. Ils doivent maintenant faire de même à l’égard des victimes de la maladie de Lyme. Il est absolument révoltant de constater avec quels dédain et mépris elles sont aujourd’hui considérées par le corps médical au Québec. Les conséquences sur leur qualité de vie sont dramatiques. Pourtant, les médecins québécois ne sont pas moins compétents que leurs confrères américains pour livrer bataille à cette maladie. Suffit dans un premier temps de reconnaître la situation, ce qui permettra par la suite d’engager le combat.

Députation

La députation libérale en Estrie vient de perdre trois figures connues avec le départ annoncé des Pierre Reid (Orford), Karine Vallières (Richmond) et Guy Hardy (Saint-François). Quand on sait qu’une figure connue compte beaucoup dans le choix des électeurs, le Parti libéral du Québec devra redoubler d’ardeur pour conserver ces circonscriptions aux prochaines élections.