Taxi SVP!

POINT DE VUE / M. François Bonnardel, au nom de la transparence et de l’équité, vous êtes vivement invité à prendre au sérieux la grogne qui sévit autour de votre projet de loi 17. Et pour cause : ce projet est d’intérêt général et non privé, n’est-ce pas?

Conséquemment, il s’applique à l’ensemble de la population. Or, il est encore temps de procéder à des consultations préalables ou du moins à bien analyser les tenants et aboutissants devant conduire à l’adoption de votre projet. Comme vous le mentionnez vous-même, ce projet est la feuille de route du gouvernement pour recentrer son intervention autour de l’usager. L’usager? La population! Les clients! Force est de constater qu’ils sont pris en otage. 

Par ce revirement inattendu et fort questionnable, vous faites fi des investissements consentis par de nombreux chauffeurs de taxi, dont plusieurs immigrants, afin de se conformer à la loi sur les services de transport par taxi : «une personne doit y être autorisée par un permis de propriétaire de taxi». Sont alors considérés comme étant du capital affecté à l’exploitation de leur entreprise, le permis de conduire acheté à grands frais, pour certains, et l’automobile qui y est rattachée. Leurs économies de toute une vie, voire leur filet de sécurité familial! 

Votre grand patron, François Legault, a déclaré à peu de chose près que «lorsqu’on est en affaires, il faut savoir prendre des risques...». Peut-être bien. Toutefois, personne ne devrait craindre qu’en respectant la loi, on consente à prendre des risques.

Vous promettez un dédommagement aux propriétaires de permis, qui pour certains, est largement insuffisant. Et si vous leur consentiez une indemnisation au prorata du coût réel payé pour leur permis de taxi sur une période donnée? Cela pour tenir compte de la fluctuation de leur valeur dans le temps?

Cela dit, outre l’abolition du permis obligatoire, le projet de loi offre néanmoins certains avantages dont l’utilisation des applications mobiles, la transparence des coûts, la sécurité des clients, le décloisonnement des chasses gardées dans l’industrie, ce qui en soi s’avère une bonne chose.