Sur la bonne voie

ÉDITORIAL / L’utilisation du vélo comme moyen de transport gagne visiblement en popularité à Sherbrooke à mesure que se développe le réseau cyclable, ce qui va dans le sens des objectifs du Plan de mobilité durable 2012-2021.

Toutefois, cela témoigne en même temps de l’importance de mieux rejoindre les grands générateurs de déplacements, comme le CHUS, les établissements d’enseignement et les centres commerciaux, et de relier entre eux les quartiers de la ville.

Selon le bilan 2016-2717 de la Division des parcs et espaces verts dévoilé lundi soir aux élus, plus de 1,3 million de passages en vélo ont été enregistrés entre novembre 2016 et novembre 2017 sur le réseau cyclable municipal d’une soixantaine de kilomètres, dont près de la moitié sur la promenade du lac des Nations, ce qui s’explique par la grande popularité de cet endroit et par le fait que de nombreux événements festifs s’y tiennent durant l’été.

Bien que le document ne fasse pas clairement la distinction entre l’utilisation du vélo pour le loisir et celle comme moyen de transport, le chef de la Division des parcs et espaces verts, Yves Tremblay, dit y voir une corrélation.

Car on décompte 200 000 passages sur le tronçon asphalté reliant le secteur Rock Forest au centre-ville, et cela de chaque côté de la rivière Magog, qui est déneigé durant l’hiver depuis deux ans.

Selon Yves Tremblay, « c’est clairement une circulation de transit pour le travail ou les études, du moins en bonne partie, et le fait que ce soit entretenu 12 mois par année encourage ce phénomène ».

Le développement du réseau cyclable utilitaire hors rue et en bordure de rue, avec des aménagements sécuritaires, particulièrement aux intersections, semble donc avoir un impact sur la popularité du vélo, un des objectifs du Plan de mobilité durable 2012-2021 en matière de transport actif (marche et vélo).

Il s’agit là d’une bonne nouvelle pour les tenants du vélo comme moyen de transport, pourvu que la Ville de Sherbrooke poursuive le développement de son réseau cyclable qui, malgré des investissements importants au cours des dernières années (près d’un million $ en 2016), est discontinu.

La voie cyclable en site propre inaugurée l’an dernier sur une partie du boulevard de Portland, tout comme la piste cyclable en chaussée partagée sur le pont Jacques-Cartier, qui demeurera accessible cet hiver, sont des exemples d’aménagements qui favorisent l’utilisation du vélo comme mode de transport.  

La Ville de Sherbrooke entend du reste revoir au début de 2018 les actions prévues dans le Plan de mobilité durable pour lequel, étonnamment, le Centre de mobilité durable n’avait pas jusqu’ici de véritable outil pour déterminer si ses objectifs étaient en voie d’être atteints.

« On a été plus proactif lorsqu’on a démarré (le plan) en 2012 que par la suite », reconnaît le nouveau responsable du dossier, Marc Denault, au sujet de ce plan qui prévoyait à l’origine une baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 20 pour cent d’ici 2021, sous le niveau de 1990, grâce à la diminution du nombre d’automobiles à un seul conducteur, à une augmentation de l’utilisation du transport en commun et au transport actif.  

Le Plan directeur du transport actif prévoit l’ajout de 130 kilomètres de voies cyclables et de 90 kilomètres de nouveaux trottoirs d’ici 2030 si, évidemment, les budgets le permettent.

Le vélo n’est pas la solution à tous les problèmes de circulation, mais il est un élément incontournable dans la lutte aux émissions de GES, alors que tout indique que le Québec ratera son objectif de réduction de 37,5 % d’ici 2030 par rapport au niveau de 1990.