Sur la bonne voie

ÉDITORIAL / Avec une hausse d’achalandage de 1,5 % en 2019 (et de 4 % dans le transport adapté), l’une des plus importantes en 10 ans, l’ajout d’heures de service et l’achat de nouveaux autobus hybrides en 2020, la Société de transport de Sherbrooke (STS) semble sur la bonne voie pour offrir une meilleure alternative à l’automobile individuelle.

Les mesures annoncées mercredi dernier par son président, Marc Denault, dans le budget de 37 millions $ pour l’année 2020 le démontrent. 

En janvier dernier, la STS avait ajouté 15 000 heures de service et 15 000 autres à la mi-août.

Il faut souhaiter que les difficultés de la STS soient derrière elle : entre 2013 et 2016, le nombre de passagers transportés avait diminué de 8,3 à 7,9 millions, tandis que les subventions gouvernementales étaient passées de 8,9 à 6,9 millions $, durant la même période, avant de remonter à 7,1 millions $ en 2017.

Le nouveau budget comporte des investissements en hausse de 5 % par rapport à 2019 avec des immobilisations de 14 millions $, notamment pour l’achat d’autobus hybrides, dont 80 % seront subventionnées.

La STS n’a toutefois pas une note parfaite : la vérificatrice générale de la Ville de Sherbrooke, Andrée Cossette, observe dans son rapport pour 2019 que des autobus circulent malgré des défectuosités, que du travail se fait en double et que le système informatique est désuet, des lacunes auxquelles la direction a promis de s’attaquer. 

Il n’empêche qu’il faut se réjouir de la hausse de l’achalandage et des investissements annoncés à la STS puisque le transport en commun fait partie de la solution pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre alors que les efforts du Québec et du Canada en ce domaine sont insuffisants.

Hypocrisie occidentale

Au moment où le blogueur saoudien Raif Badawi, dont la famille vit à Sherbrooke, entame une cinquième grève de la faim pour protester contre les mauvais traitements dont il est victime en prison, l’Arabie saoudite prend la tête du G20, la « grand-messe » des principales puissances économiques mondiales, en vue du sommet de novembre 2020 à Riyad.

Faut-il en rire ou en pleurer?

Ce pays totalitaire qui enferme et même exécute les dissidents, les militantes féministes, les intellectuels et les journalistes, compte profiter de cet événement pour redorer son image auprès des pays occidentaux qui, visiblement, seront complices de cette mascarade.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane dit avoir entrepris des réformes économiques et sociales dans cette monarchie pétrolière mais, dans les faits, l’Arabie saoudite n’a que mépris pour les droits de la personne, voire pour la vie humaine, comme on l’a vu avec l’assassinat et le… démembrement du journaliste Jamal Khashoggi au consulat saoudien d’Istanbul, en 2018, ou encore avec la guerre sanglante que mène ce pays au Yémen.

Raif Badawi croupit en prison depuis 2012 pour avoir fait la promotion de la liberté d’expression et de la défense des droits de la personne.

Même son avocat, Waleed Abulkhair, est emprisonné pour avoir dénoncé la sévérité des peines de prison imposées à ses concitoyens! 

Le système répressif saoudien est une machine à broyer les humains.

Alors que des organismes comme Amnistie internationale et Human Rights Watch demandent depuis des années que les pays occidentaux dénoncent plus sévèrement les multiples violations des droits de la personne dans ce pays, le Canada, comme bien d’autres, continue de brasser des affaires avec le régime comme si de rien n’était ou presque.

Quant au sort de Raif Badawi, Ottawa répète depuis des années être « préoccupé », mais rien ne bouge!

Tout cela est profondément scandaleux et traduit une forme d’hypocrisie de la part de nos dirigeants.