Steve Lussier, le maire en colère!

Il ne se passe pas une semaine sans que le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, ne fasse ou dise des choses qui, soyons polis, sortent de l’ordinaire. Les dernières en date : avoir exclu les médias de la rencontre traditionnelle du budget pour ensuite, inexplicablement, faire volte-face. Et enfin, il a l’idée, que dis-je, l’outrecuidance d’enguirlander les conseillers (res) qui ont voté contre le budget. Depuis Armand Nadeau, je crois que c’est la première fois qu’un maire de Sherbrooke se comporte de cette façon. J’ai beau chercher, je ne vois pas. C’est de l’inédit.  

Le maire aura beau se fâcher, exprimer sa colère et sa déception à la face des Sherbrookoises et des Sherbrookois, cela ne lui donnera rien. En fait, son acte de majesté n’aura réussi qu’à lui mettre les médias à dos et surtout, à diviser durablement son conseil municipal. Depuis lundi, rien ne sera plus pareil au conseil. Dans l’arène politique, il faut savoir garder la tête froide et justement, les grands politiciens sont des animaux à sang froid, ils sont de grands séducteurs. De Talleyrand, ministre des Affaires extérieures de Napoléon, on disait qu’on aurait pu lui mettre un pied au derrière sans que son visage n’en laisse rien paraître. Quant à François Mitterrand, un homme qui n’a certes pas été épargné par les journalistes, il n’a jamais empêché ceux-ci de publier quoi que ce soit, ni même les photos qui ont dévoilé l’existence de sa fille adultérine, Mazarine.  

En politique, la colère doit être froide, silencieuse. Et justement, le silence permet à l’homme politique de prendre de la hauteur et de réfléchir à la situation, ce qui lui donne du prestige aux yeux de toutes celles et ceux qui le regardent. Mais M. Steve Lussier a-t-il ce caractère? A-t-il seulement la capacité de s’extraire de sa colère et de prendre le temps de réfléchir à la meilleure option envisageable? J’en doute fortement, car il n’aurait pas exclu les médias de la rencontre pour ensuite les rappeler et surtout, il aurait respecté le vote des élus autour de la table.

Pascal Cyr  
Sherbrooke