Denis Dufresne
La Tribune
Denis Dufresne
Il fallait s’y attendre : en raison de l’augmentation rapide du nombre de cas de COVID-19 ces dernières semaines, l’Estrie passe en zone rouge avec tous les impacts que cela comporte.
Il fallait s’y attendre : en raison de l’augmentation rapide du nombre de cas de COVID-19 ces dernières semaines, l’Estrie passe en zone rouge avec tous les impacts que cela comporte.

Solidarité et discipline

ÉDITORIAL / Il fallait s’y attendre : en raison de l’augmentation rapide du nombre de cas de COVID-19 ces dernières semaines, l’Estrie passe en zone rouge avec tous les impacts que cela comporte.

Cette deuxième vague nécessitera beaucoup de solidarité, d’entraide et discipline puisque rien n’indique que les mesures sociosanitaires en place jusqu’au 23 novembre ne devront pas être prolongées.

Il appartient à chacun de nous de participer à l’effort collectif et de respecter les consignes de la Santé publique, dont le port du masque, la distanciation physique et les restrictions pour les rassemblements en famille ou avec des amis.

Malheureusement, certains « écervelés » ne semblent pas saisir la gravité de la situation comme en témoignent les récentes interventions policières pour mettre fin à des rassemblements illégaux, notamment dans un bar de Sherbrooke, le week-end dernier, où la distanciation physique n’était pas respectée. 

Le gouvernement Legault, qui avait fait un bon travail de communication avec la population lors de la première vague de l’hiver dernier, devra cette fois-ci redoubler d’efforts pour bien informer et soutenir les citoyens déjà excédés par les sacrifices des derniers mois et démontrer qu’il a les choses bien en main.

Blâmer le gouvernement ou, pire, crier au complot, ne règlera rien : nous devons tous faire notre part pour sortir au plus vite de cette situation pénible.

Après une accalmie durant l’été, le nombre de cas de COVID-19 a augmenté rapidement en Estrie ces dernières semaines, avec 3359 personnes atteintes depuis le début de la pandémie et 51 décès selon les données du gouvernement du Québec en date du 11 novembre.

Pour l’ensemble de la province, on dénombre près de 120 000 cas et plus de 6500 décès depuis l’arrivée de la COVID-19. 

Les mesures mises en place depuis minuit jeudi dernier — fermeture des salles de spectacles, des cinémas, des restaurants et bars, de même que des salles d’entraînement — ont certes un air de déjà-vu pour les Estriens qui ont vécu le confinement de l’hiver dernier, mais sont tout autant difficiles à accepter.

Le gouvernement Legault songe aussi à fermer les écoles temporairement.

Alors que l’on commence à peine à mesurer les impacts du premier confinement, cette deuxième vague de la pandémie représente un énorme défi, notamment pour le personnel de la santé durement éprouvé depuis l’hiver dernier, voire épuisé. 

Les données sur le nombre de cas parlent d’elles-mêmes, d’où l’importance pour chacun de respecter les règles sociosanitaires afin de protéger les aînés et les personnes plus vulnérables et de limiter le nombre d’hospitalisations et de décès.

Cette deuxième vague de COVID-19 aura inévitablement un impact psychologique, social et économique énorme.

Au cours des derniers mois, nombre de citoyens ont dû composer avec la solitude, l’anxiété, voire la dépression, au point où les ressources pour l’aide psychologique ont été incapables de répondre à la demande.

Pour les propriétaires de cafés, de restaurants et de bars, dont plusieurs avaient profité de la première vague pour rafraîchir ou rénover leur établissement, le retour au confinement est une catastrophe.

Après un été caractérisé par un achalandage moindre que lors des années précédentes, dans bien des cas, plusieurs propriétaires anticipent le pire, malgré les compensations financières annoncées par le gouvernement Legault.  

L’impact économique de la pandémie se fait aussi sentir sur l’industrie touristique : selon Destination Sherbrooke, 61 congrès et événements prévus en 2020 ont été annulés ou reportés à 2021, ce qui représente un manque à gagner de 6 millions $ en retombées touristiques.

Le reconfinement, jumelé à l’arrivée de l’hiver et du froid, ne doit pas nous abattre mais, au contraire, nous inciter à faire preuve de courage, de solidarité et de ténacité pour nous débarrasser de la COVID-10 une bonne fois pour toutes.