La principale menace à la santé et à la qualité de l’air de Limoilou et de Taschereau provient de l’incinérateur de Québec, écrit l'auteur de cette lettre d'opinion.

Solidaire, «pas tellement»!

Le Devoir du 19 septembre courant nous apprenait sous la plume de la journaliste Isabelle Porter que QS voyait dans le Port de Québec (lire ici les épisodes de poussières rouges) un argument valable pour mousser l’idée de l’indépendance du Québec.

Sans doute est-il noble que des politiciens s’inquiètent de la qualité de l’air que respirent leurs commettants, mais de là à instrumentaliser la santé de ceux-ci à coup de demi-vérités, et ce dans l’unique but de susciter un affrontement fédéral-provincial est pour le moins déplacé, sinon totalement scandaleux.

Si certains citoyens de Limoilou et de Taschereau ont été épisodiquement incommodés par des poussières rouges lors de transbordement de vrac sur les quais du Port de Québec, la principale menace à la santé et à la qualité de l’air de ce territoire est toute autre et perdure depuis plus de 40 ans maintenant. Les polluants ici en cause ne se déposent pas sur les tablettes de fenêtre et les voitures, on ne les retrouve pas sur un mouchoir ou un torchon. Ils sont plus subtils, plus insidieux. Il est question ici d’arsenic, de mercure, de dioxine et de furanne qui émanent, plus quotidiennement qu’épisodiquement, des cheminées de l’incinérateur de Québec. Pourtant à ce sujet nos solidaires se gardent de tout commentaire. Eux, qui se targuent de tant de vertu, préfèrent ici fermer et les yeux et la bouche… en prenant soin de se pincer le nez. C’est vrai qu’une chicane de famille entre la province et une ville n’a rien pour émoustiller l’indépendantiste qui dort en nous.

La rhétorique de ces bien-pensants est simple, pour ne pas dire simpliste. Surfaire un problème épisodique, en taire un autre qui nous accable sournoisement au quotidien, tout ça dans un scénario où l’amélioration de la qualité de l’air n’est qu’un terme sans importance de cette équation où l’idéologie est seule en cause.

Si QS fait les choses différemment des vieux partis, ce n’est vertement pas au chapitre de l’environnement. À ce que je sache, l’hypocrisie n’est pas une vertu nouvelle.

Claude Pouliot, Citoyen de Limoilou, ancien membre du comité de vigilance de l’incinérateur de Québec