La mort tragique de deux garçons dans la jeune vingtaine sur la route 112 à Ascot Corner, au début du mois, a cruellement jeté la lumière sur la dangerosité de ce secteur et le problème des excès de vitesse.

Secteurs à risque

ÉDITORIAL / La mort tragique de deux garçons dans la jeune vingtaine sur la route 112 à Ascot Corner, au début du mois, a cruellement jeté la lumière sur la dangerosité de ce secteur et le problème des excès de vitesse.

Elle nous force aussi à une réflexion sur la diminution des limites de vitesse sur certains tronçons routiers, la reconfiguration des endroits à risque et les comportements imprudents de nombreux automobilistes.

Christophe Thivierge et Dominic Lemieux-Richard, deux musiciens de la région de Québec, ont péri lors d’une collision frontale survenue en plein après-midi sur une chaussée mouillée.

Cet accident, sous enquête de la Sûreté du Québec, a aussi fait des blessés.

Il a suscité une levée de boucliers chez les citoyens et les élus de cette municipalité qui se disent témoins depuis plusieurs années de nombreux accidents.

En 2013, un autre face-à-face qui s’était produit dans le même secteur d’Ascot Corner avait fait deux morts; une autre collision, en 2016, cette fois à Weedon, avait entraîné le décès d’une personne, toujours sur la 112.

Depuis 2014, les pompiers ont dû intervenir des dizaines de fois sur ce tronçon de la 112 pour dégager des personnes prisonnières de leur véhicule à la suite d’une collision.

Ces données donnent froid dans le dos et illustrent une situation inadmissible.

Et cela vient malheureusement rappeler plusieurs autres accidents graves survenus sur d’autres routes de la région.

À la fin août, par exemple, une femme a été grièvement blessée lors d’une collision entre une motocyclette et une camionnette aux feux clignotants de l’intersection des routes 220 et 249, dans le secteur de Saint-Élie, un endroit connu pour les excès de vitesse.

Selon les policiers le conducteur de la camionnette avait omis d’effectuer son arrêt obligatoire.

Quelques semaines plus tôt, une autre collision était survenue au même endroit.

Selon les données du ministère des Transports du Québec (MTQ), une trentaine d’accidents se sont produits dans ce secteur entre 2010 et 2018.

Là aussi, citoyens et élus dénoncent la dangerosité de cette intersection.

Heureusement, le MTQ ne reste pas les bras croisés.

Ainsi, à compter du 1er octobre la limite de vitesse sera diminué de 90 à 70 km/h sur un tronçon de 5,6 kilomètres de la route 112, entre le chemin Talbot, à Ascot Corner, et l’intersection de la route 214, à Westbury.

Le ministère entend également mener une étude sur une portion de 9 kilomètres de la 112 entre le chemin Biron et la route 214 en vue d’améliorer la sécurité.

Il en va de même pour ce qui est de l’intersection des routes 220 et 249 : le MTQ abaissera la limite de vitesse de 90 à 70 km/h.

Malheureusement, la diminution des limites de vitesse ne constitue pas à elle seule une mesure suffisante pour réduite le nombre de collisions.

Dans le cas de l’intersection des routes 220 et 249, le MTQ étudie la possibilité d’installer des feux de circulation, un carrefour giratoire ou encore de déplacer l’intersection.

Il faut saluer cette initiative, mais on peut se demander pourquoi on a attendu si longtemps puisque le problème des excès de vitesse et de l’augmentation du volume de circulation dans ce secteur, en raison du développement immobilier, est connu depuis plusieurs années.

Plusieurs facteurs peuvent contribuer à une collision : les excès de vitesse, première cause de mortalité routière, l’inattention, une mauvaise configuration des routes et des intersections ou encore une augmentation importante du volume de circulation sur une route qui n’était pas conçue pour cela au départ.

Le MTQ doit passer à l’action plus rapidement pour améliorer la sécurité routière en Estrie.

De nombreux citoyens et élus se feraient d’ailleurs un plaisir de lui signaler les endroits à risque.