Sauver la prison Winter : aucun intérêt pour notre communauté

Dans une société moderne, on se doit d'avoir un grand respect pour notre histoire. Mais encore faut-il avoir une analyse sérieuse sur ce que nous devons protéger. Je prenais connaissance de l'intention de la Société d'histoire de Sherbrooke de redonner vie à la vieille prison de Sherbrooke, communément appelée « prison Winter ». Le coût de plus de 6 millions $ pour la réfection et pour des activités d'interprétation me porte à croire que le projet n'a pas fait l'objet d'une réelle réflexion.
Au Québec, d'anciennes prisons ont déjà été protégées pour l'histoire. Il suffit de se rappeler de la première prison de Montréal (Au pied du courant), la vieille prison de Québec et celle de Trois-Rivières (...), qui ouvre ses portes à la population sur l'histoire du milieu carcéral. (...).
La vieille prison de Sherbrooke (...) n'est pas la première dans l'histoire de notre communauté et elle est très mal en point. Ce bâtiment avait été considéré comme désuet 20 ans avant sa fermeture, en 1990, en raison de problèmes de salubrité. Garder des personnes incarcérées et du personnel dans un tel environnement (...) n'avait plus de sens. Quelques années auparavant, la CSST avait condamné le mur de l'enceinte de la cour extérieur de la prison en raison de l'éboulement de pierres. (...).
Pour ce qui est de la structure principale, je me rappelle qu'un stylo planté entre les blocs entrait comme dans du beurre tellement le mortier avait fait son temps. La structure centrale entre les deux ailes, profitait d'un toit vitré qui dominait les trois étages. Mais dans les années 1980, on a construit un plancher au troisième étage pour les activités de récréation des détenus, obstruant ainsi cette fenêtre de lumière. (...).
Pour ce qui est de l'annexe, la bâtisse a déjà été la résidence du gouverneur de l'époque jusqu'en 1970. Par la suite des bureaux administratifs. Pourrait-on avoir des surprises quant aux produits d'isolation de cette propriété?
J'invite la Société d'histoires de Sherbrooke à repérer de belles vieilles résidences dans notre ville qui méritent d'être sauvegardées et ainsi investir dans l'histoire de nos bâtisseurs. On ne doit pas oublier, par exemple, nos manèges militaires. (...).
Claude LeBlanc
Sherbrooke